‹ Les Jansénistes politiques et la franc-maçonnerieChapitre 9 sur 10 · TV. C.\ F · texte numérisé non relu

TV. C.\ F

« L'instant où vous venez d'être admis parmi nous peut et doit être pour vous l'époque d'une éternité de bonheur. Ne vous attachez point encore à pénétrer les rapports secrets des diverses épreuves par lesquelles il a fallu vous faire passer avant de vous communiquer la lumière. Votre persévérance à suivre nos travaux, votre fidélité à observers vos engagements, vous rendront digne sans doute un jour de démêler combien ces cérémonies doivent inspirer dé respect et de satisfaction. Jusques-là tenez-vous-en à

penser que les métaux (1) étant les moteurs des vices, nous devons les bannir de nos temples; nous devons nous en détacher surtout lorsqu'ils peuvent être nécessaires à nos frères. Les Eléments étant les armes dont se sert le Grand A.*, de l'U.\ pour témoigner aux humains sa colère ou sa bonté, vous avez dû en braver les effets. Tout bon Maçon n'en connaît queUes faveurs... Ne cro/ez pas, lorsque nous excluons les femmes de nos mystères, qu'elles soient pour cela loin de nos cœurs : nous leur rendons au contraire un culte plus secret et plus pur; mais nous craignons que leur présence ne nous séduise au point de nous détourner de nos travaux. Tout homme qui s'écarte des égards dus à ce sexe faible et timide est indigne du nom de M.\ Vous ne trouverez parmi nous que des exemples frappants du respect que nous leur portons. Nous bannissons seulement de nos cœurs ces passions déréglées qui, en abrégeant le cours naturel de nos jours, les font couler dans la dépravation. Imitez-nous, secourez les malheureux, protégez les faibles, et vous justifierez à jamais le titre ineffable de Frère que nous avons eu tant de plaisir à vous donner. »

Sans vouloir trop presser le contenu de ce jargon obscur, il est impossible de n'y pas remarquer ces emprunts au langage chrétien : époque d'une éternité de bonheur, épreuves par lesquelles il a fallu vous faire passer avant de vous communiquer la lumière, et une parodie sacrilège du baptême, dont la grâce ne paraît dater pour le vicomte d'Epinchal que des momeries de ce jour. Ce devoir de « braver les effets » des « éléments » dont Dieu se sert « pour témoigner aux humains sa colère ou sa bonté » rappelle trop aussi Voltaire bravant avec les grands seigneurs le tonnerre qui gronde. Laissons ce puritanisme qui tient les métaux, or, argent, cuivre ou fer, pour indignes de figurer dans les temples, condamnant

(1) L'or, l'argent, etc.

ainsi nos églises catholiques et l'or même des Mages. Passons sur cette hypocrisie de perfection transcendante qui ferme le temple aux femmes, et trahit trop la crainte de voir révéler des secrets inavouables. Signalons seulement l'embarras où est tout d'abord le Vénérable de rendre raison de cérémonies dont l'étrangeté et le ridicule saisissent les yeux et dont le fond ténébreux cause toujours quelque frisson. Il s'empresse de dire : « Ne vous attachez point à « pénétrer ces secrets. »

On introduit ensuite dans le temple avec « les honneurs qui étaient dus aux membres de la R • . L. . de la Parfaite Egalité, mère de la R ■ . L. de la Candeur », les Frères visiteurs, marquis de la Salle et abbé de Montmorency-Boutteville. * Le Vénérable leur fait un compliment pour leur témoigner l'étroite amitié que la L. * . de la Candeur désire entretenir avec sa mère » ; et < le Frère marquis de la Salle » répond « que la R. ■ . L • . de la Parfaite Egalité ne voulait être regardée que comme sœur aînée. »

Mais déjà les députés du Grand-Orient sont à la porte, venant donner à la Loge sa consécration.

« On a ensuite, dit le procès-verbal, rendu les honneurs au R. • . F. . comte de Strogonoff, comme officier, grand garde des sceaux d'honneur du G.-. 0. . de France, lorsqu'il s'est présenté. L'on a frappé en Maçon à la porte du temple. Le Vénérable a envoyé trois députés, savoir les FF.*, marquis de Saint-Simon, comte de Launoy et prince Sapieha pour reconnaître ceux qui étaient dans le parvis. Etant rentrés, ils ont annoncé les RR.-. FF.*. marquis d'Arcambal, abbé du Cruzel et Jouve, munis des pouvoirs du G. • . 0. • . pour l'installation de la R. • . L. ■ . militaire de Saint-Jean de la Candeur à l'O. • . de Paris. Lecture ayant été faite des dits pouvoirs par le Vénérable F. • . de La Chevalerie, la R • . L. • . a applaudi à cette heureuse nouvelle.

r On leur a renvoyé sept députés pour les introduire dans

le temple sous la voûte d'acier, maillets battants ; ce qui a été exécuté ; alors le Vénérable s'est dépouillé de ses ornements, et après en avoir revêtu le R. • . F.-, marquis d'Arcambal, les FF.*, baron de Ros, vicomte Le Veneur à l'Occident en ont fait de même à l'égard des RRv FFv abbé du Cruzel et Jouve, et ont pris tous trois les places des trois Lumières de la R. • . L. • ., qui leur ont présenté les maillets. Le R. * . F. . marquis d'Arcambal, premier commissaire, a fait faire lecture de ses pouvoirs et en a requis l'enregistrement sur le registre de la L . • . .. ■ . »

Bref, la lecture des constitutions de la Loge ayant été faite, les statuts du Grand-Orient remis sur l'autel, le tableau des officiers de la Loge lu, tous les Frères présents ayant prêté serment pour eux et pour les Frères absents et signé leur serment,

« Le vénérable F. • . marquis d'Arcambal a dit ensuite aux FF. • . de se mettre à l'ordre, debout, le glaive de la main gauche, et la droite au signe de la Loge d'Apprenti qui était ouverte, et a dit :

« Au nom du Grand-Orient de France, Nous, ses députés, chargés de ses pouvoirs, installons à l'Orient de Paris la Loge de Saint- Jean sous le titre disti?ictif de la Candeur, pour prendre rang parmi les régulières, à la date du deuxième jour du deuxième mois de la V. L. 5775, époque de la demande. »

La Véritable Lumière n'est plus celle du Christ, mais celle de la création , à la date judaïque. Encore une fois, Jean l'Evangéliste a protesté, il y a dix-sept siècles, contre les prétendus disciples de Jean-Baptiste, en disant du Christ qu'il était la lumière véritable et en s'appuyant des témoignages solennels de Jean-Baptiste lui-même. L'Eglise, dont la Franc- Maçonnerie est la grande ennemie, couronne chaque jour, sous l'inspiration de Pie V, le saint sacrifice par cette protestation.

Les trois députés du Grand -Orient proclament l'installation de la Loge de la Candeur par trois acclamations, auxquelles trois acclamations de la Loge répondent. Puis

ils remettent leurs maillets aux trois Lumières de la Loge représentées par les Frères Bacon de La Chevalerie, baron de Ros, vicomte Le Veneur ; et le marquis d'Arcambal prononce un discours dont voici le début :

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