CHAPITRE IX
GOUVERNEMKNT.
Le Daijokan, le Genroin et le Daishinin, — Les ministères. — Provinces et districts. — État civil. — Organisation judiciaire. — Les prisonniers. — La police. — Voirie. — Postes et télégraphes. — L'armée et la flotte. — Les impôts. — Monnaies. — Poids et mesures. — Commerce.
La révolution achevée, il fallait organiser le pays suivant les principes dont avaient sernblé s'inspirer les promoteurs de ce mouvement.
La réforme fut radicale. Le nouveau gouvernement centralisa toute l'administration à Teuropéenne, et lancé avec une rapidité vertigineuse dans cette voie que la France mit dix siècles à parcourir, il constitua tout d'un coup Tunité nationale absolue et groupa en un faisceau étroitement lié cette ancienne confédération placée autrefois sous l'entière domination des Daïmio, seuls possesseurs du sol, chefs suprêmes de leurs provinces, disposant de flottes et d'armées indépendantes.
Le pouvoir central exécutif réside aujourd'hui dans la personne de l'Empereur, et est exercé avec l'aide des différents conseils et ministères. Le plus important de tous les rouages gouvernementaux est le
Daijokan, ou conseil suprême, composé des premiers ministres sans portefeuille {Udaijin, Sadaïjin), des ministres et des membres nommés par le souverain avec le titre de sanghi, conseiller. Il s'occupe de la direction de toutes les affaires de PEtat sans exception aucune, et constitue, à proprement parler, le gouvernement.
Après le Daijokan se trouve le Genroin, sorte de sénat d'une minime importance, formé par les princes de la famille impériale. Vient enfin le Daishinin, jouissant de certaines prérogatives, et dont les fonctions judiciaires sont à peu près identiques avec celles de notre Cour de cassation.
La direction des affaires est répartie en neuf minis* tères : 1° affaires étrangères, 2" intérieur, 3* guerre, 4* marine, 5« finances, 6° travaux publics, 7» justice, 8« instruction publique, 9» maison de l'Empereur. De plus, il existe le Kaiétakushi, administration indépendante, véritable ministère des colonies, dont relèvent ce que les Japonais appellent leurs possessions coloniales, c'est-à-dire le Hokkaïdo comprenant l'île d'Yéso, Tsushima, etc.
Au-dessous du gouvernement central, l'empire du Japon est partagé en trente-huit grandes divisions administratives. Trois portent le nom de Fu et sont gouvernées par des Fu-chiji (gouverneurs généraux) ; ce sont les villes de Tokio, d'Osaka et de Kioto. Les trente-cinq autres sont des Ken administrées par des Ken-rei. Ces grandes provinces sont subdivisées en quatre-vingt-cinq départements et en sept cent dix- Bept districts.