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CHAPITRE XXIII

CANTON

Départ du Japon. — Hong-Kong. — Le Pow-an, — La rivière des Perles. — Les rues et les boutiques de Canton. — Les pagodes. — L'opium. — Le village des lépreux. — Kaoloon.

Le samedi 20 janvier i883, juste trois mois après notre arrivée au Japon, mon ami et moi, nous montions à neuf heures du matin à bord du Volga, de la Compagnie des Messageries maritimes, mouillé en rade de Yokohama, pour reprendre le chemin de la France.

Nous avions laissé sur Yatoba nos serviteurs japonais, qui, comme dernière preuve d'attachement, étaient venus nous accompagner en pleurant jusque sur le quai. Ce ne fut pas sans un serrement de cœur que nous vîmes se dérouler sous nos yeux, probablement pour la dernière fois, le panorama de Yokohama, éclairé par le soleil d'une superbe matinée d'hiver.

Le Volga se met en marche, sort du golfe de Tokio, et fouetté par un vent glacial bondit sur la crête des vagues, laissant derrière lui le sol du Japon dont la ligne sombre s*efface bientôt complètement à rhorizon. Vers le milieu de la journée, perçant les nuages et la brume, nous voyons encore émerger des

flots le cône étincelant du Fudji-yama dans le lointain.

Le soir, les rares passagers qui ont erré sur le pont pendant le jour, incommodés par Fétat de la mer, se retirent dans leurs cabines. Je me trouve seul à table à rheure du dîner avec le commandant, dont l'aimable société contribue à effacer l'impression mélancolique de cette journée. Le lendemain, notre navire se rapproche de terre et longe Pîle Kiu-Siu, à l'extrémité sud de laquelle se trouve Nagasaki. Des bandes innombrables de souffleurs et de marsouins, étonnés de notre passage, viennent nous regarder de près et sautiller au-dessus de la surface de Peau, unie comme celle d'un lac.

Nous pénétrons dans le détroit de Van-Diémen ; le Volga quitte l'océan Pacifique pour entrer dans la mer de Chine. De petits îlots volcaniques dressent çà et là dans les nuages leurs têtes hérissées. L'un d'eux, Volcano, au cône droit et régulier, est surmonté d'un volumineux panache de fumée rougie par la lueur des flammes, et sert la nuit de phare naturel.

Deux jours après, nous sommes dans le détroit de Formose. Les montagnes de Chine, bleues à leur sommet, se montrent de temps en temps à travers les déchirures de Tépais voile de brouillard dont nous sommes entourés. Nous croisons de nombreuses jonques chinoises aux voiles de paille tressée en forme de nageoires de poisson; elles naviguent toujours deux par deux. Les marins qui les montent, pirates de profession et pécheurs à l'occasion comme tous les Chinois, ne pouvant s'attaquer à un si puissant

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Steamer, se contentent, en passant auprès de nous, de jeter à la mer des papiers enflammés, pour conjurer le dieu des tempêtes de nous être défavorable.

Le 26 janvier, nous entrions dans le goulet tortueux qui sépare le continent chinois de la petite île de Hong-Kong, appartenant aux Anglais depuis la guerre de Chine, et nous jetons Tancre dans le port de Victoria.

Victoria, la ville la plus importante de cette colonie anglaise si florissante, est construite et bien étagée en amphithéâtre sur la montagne élevée à laquelle elle s^ adosse. Les grandes et belles maisons dans le style espagnol dont elle se compose, entourées de jardins plantés d'arbres des tropiques, s'alignent le long de rues et de quais larges et bien entretenus. Du sommet de la ville on domine la rade, où sont mouillés des vaisseaux de guerre de toutes les nations et des centaines de navires de commerce qui viennent trafiquer dans les mers de l'extrême Orient.

A Hong-Kong, nous devions changer de bateau et attendre le paquebot de la grande ligne, dont le point de départ est Changaï; nous avions quatre jours devant nous. Nous résolûmes de les employer à aller visiter Canton, la ville la plus peuplée du Céleste Empire et la plus curieuse du monde entier.

Un bateau à vapeur anglais, le Pow-an, fait le service entre ces deux villes, et remonte en quelques heures la rivière des Perles sur laquelle se trouve Canton. L'entre-pont du Pow-an est réservé aux Chinois, et la dunette supérieure, contenant le salon des premières classes et les cabines disposées

pour les Européens, est séparée du reste du bateau par des portes et des cloisons de fer. Au premier abord, elle a l'apparence d'un musée d'arsenal; les parois sont garnies partout de carabines à répétition, de revolvers, de sabres et de paquets de cartouches. Toutes ces armes sont, avant le départ, chargées et armées en présence des passagers chinois par les officiers, qui ensuite ferment les portes de fer. Ces précautions de défense ne sont pas inutiles, car à diverses reprises les Chinois ont massacré pendant la nuit tous les Européens se trouvant à bord, pour les voler et s'emparer des marchandises embarquées. Après une nuit passée dans cette étrange forteresse, nous étions réveillés en sursaut de très-bonne heure par un bruit inaccoutumé à bord. Le Pow-an était accosté aux quais de Canton, au milieu de la ville, et avec le jour commençait Tanimation de la grande « cité du sud ». La surface du fleuve, qui en cet endroit n^a pas moins d'un kilomètre de large, entièrement couverte de bateaux de toutes dimensions et de toutes espèces, sert d'asile et de demeure à une grande partie de la population, et constitue une véritable ville flottante. Une multitude innombrable de jonques, de sampan, de radeaux de toutes formes, grouillent, s'entre-choquent, se pressent les uns contre les autres, au milieu des cris des hommes, des femmes et des enfants qui les montent. Le long des rives, les bateaux alignés forment des quartiers séparés avec des rues et des places; l'un d'eux est composé de jonques richement décorées d'oriflammes de toutes couleurs : ce sont les bateaux-fleurs, servant

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de restaurants dans le genre des tchaïa japonaises, mais ne méritant nullement la renommée dont ils jouissent.

Vue du pont élevé sur lequel nous nous trouvions, cette fourmilière aquatique, cette tumultueuse mêlée de milliers de rames battant à la fois et faisant jaillir Feau sale et bourbeuse de la rivière, nous faisait un peu Peffet d'une masse compacte de reptiles sifflant et se tordant à nos pieds dans la fange.

Le Pow-an repartait pour Hong-Kong le soir même; nous n'avions donc qu'une seule journée à dépenser pour visiter cette ville si intéressante, qui nous promettait des merveilles, à en juger par le peu que nous en apercevions sur les quais et autour de nous. Aussi, sans perdre de temps, engageâmesnous immédiatement un interprète et des chaises à porteurs.

Les chaises à porteurs chinoises, dont j'ai rapporté un spécimen au Conservatoire des arts et métiers de Paris, se composent d'un fauteuil de bambou et de jonc recouvert de toile cirée, porté par deux hommes sur les épaules, au moyen de deux bâtons de cinq à six mètres de long. Les coolies arrivent, en rompant le pas, à n'imprimer à la chaise que de petits soubresauts rapides, mais cependant très-fatigants à la longue pour les personnes inaccoutumées à ce mode de locomotion.

Les rues de Canton sont excessivement étroites, tortueuses, bordées de hautes maisons de briques qui les recouvrent en partie. La nuit, il n*y existe pas d'éclairage; elles sont barrées de place en place par des

chaînes. Il est inutile de dire qu'on ne se sert de voitures d'aucune espèce ; tous les transports se font à dos d'homme, dans ces boyaux encore encombrés d'écharpes et de bandes de toile multicolores, qui servent d'enseignes en obstruant la clarté du jour, et c'est dans une sorte de pénombre que se meut la population active et compacte de la ville. La plupart du temps, deux chaises à porteurs allant en sens inverse et venant à se rencontrer, l'une d'elles est obligée d'entrer dans une boutique pour laisser passer l'autre ; du reste, ces véhicules sont peu nombreux et seulement employés par les mandarins et les riches marchands. C'est merveille de voir quelle habileté déploient les coolies pour tourner dans les rues à angle droit avec leur lourd et trop long fardeau, ou pour passer sur les ponts arqués qui traversent les canaux dont Canton est sillonné.

Dans les quartiers les plus populeux, au centre de la ville, les boutiques se suivent partout sans discontinuité ; elles sont très-élevées, et leurs devantures tiennent toute la façade des maisons. La nuit, de gros madriers de bois verticaux et parallèles en ferment l'entrée; ils s'emboîtent dans le sol et dans les solives du plafond, et sont maintenus par des cadenas. Les deux ou trois étages placés au-dessus servent de magasin et d'habitation au marchand et à sa famille. Au fond de chaque boutique on aperçoit un petit autel entouré d'images grossières, de veilleuses allumées et de différents objets dorés : c'est le sanctuaire consacré aux dieux lares, chargés de veiller sur la maison et sur ses habitants.

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On croirait vraiment faire un rêve, lorsque, emporté avec rapidité dans une chaise à porteurs, au milieu de ce dédale inextricable de ruelles, véritable labyrinthe oti se perdraient infailliblement ceux qui ne connaissent pas à fond tous ses circuits et ses détours, on voit défiler sous ses yeux ces gens habillés d'une façon si étrange, cette population bruyante et affairée, se bousculant et forcée de se réfugier dans les boutiques pour livrer passage.

Ici, c'est un marchand de babouches chinoises aux riches broderies. En face, se montre un étalage de comestibles, encombré principalement de canards et de petits cochons de lait suspendus en chapelets ; leur aspect et leur mode de préparation, consistant à les étaler, les faire sécher et les vernir avec du sirop de caramel, les ont fait surnommer par les Européens les canards et les cochons laqués. Là, de splendides étoffes de soie, au milieu de brocarts d'or et d'argent, remplissent une devanture, voisine de celle d'un ébéniste fabriquant les meubles d*ébène avec incrustations de nacre d'un merveilleux travail. Plus loin, au fond de sa boutique, un pâtissier assis sur un gros bambou saute et rebondit pour pétrir et écraser la pâte qui lui servira à faire des gâteaux, fort peu appétissants du reste. Un fabricant de lunettes souffle d'immenses cloches de verre allongées, hautes de deux ou trois mètres, et, grimpé sur un tabouret, en taille de petits morceaux de courbures plus ou moins accentuées pour servir aux différentes vues. A côté, se trouve un magasin de pipes aux formes les plus baroques; ou bien encore un tailleur de pierres fort

recherchées des Chinois fabrique des bracelets d^une seule pièce, des boucles d'oreilles, et divers autres ornements de femme. Enfin je n'aurais jamais fini de décrire cette suite d'industries bizarres, de produits nouveaux qui se succédaient sans interruption sous nos regards éblouis.

Dans les rues, nous ne rencontrions pour ainsi dire que des hommes et des enfants, ne nous ménageant pas leurs ironies, ni leurs moqueries et leurs insultes. Les Chinois portent de larges pantalons de toile et des blouses attachées sur le côté, munies d'amples manches flottantes; ils ont le tour du crâne rasé et les cheveux nattés avec des fils de soie formant une longue tresse, terminée par un gland et descendant jusqu'au mollet. Ils portent tous sans exception cette grande queue enroulée autour de la léte pendant le travail, et en dehors de cela tombant au milieu du dos. Les femmes ont le même costume et se distinguent seulement des hommes par leurs coiffures serrées sur la nuque et plus ou moins artistement édifiées suivant leur condition. A l'exception des vieilles et des pauvresses, elles ne s'aventurent pas en dehors de leur logis, même en plein jour, dans la crainte d'être enlevées par les malfaiteurs qui les vendent ou les retiennent jusqu'à ce que l'on ait payé, pour obtenir leur liberté, une forte rançon si elles appartiennent à une famille riche.

Après avoir décrit de nombreux circuits, notre guide nous fait déposer à terre pour visiter la pagode des « cinq cents génies w.

Les pagodes chinoises, sont formées de plusieurs

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enceintes, dans lesquelles on pénètre par de grands porches fermés par des pones de bois, et abritant des statues gigantesques peinturlurées de toutes les couleurs; ces emblèmes représentent, comme au Japon, les gardiens des divinités. Celle que nous visitions contient dans son intérieur, comme son nom l'indique, cinq cents statues dorées de grandeur naturelle, assises et alignées sur des gradins élevés. Des vases remplis de cendre sont placés aux pieds de chacune d'elles, et les fidèles viennent y piquer de petites baguettes allumées» développant un parfum aromatique pendant leur combustion. Parmi les dieux et déesses, tous affublés d'immenses oreilles, se trouve la statue de Marco- Polo, qui, tout en ayant un chapeau sur la tête, n'échappe pas au modèle général.

Cette visite terminée, nous reprenons notre route et allons admirer plusieurs autres édifices sacrés. Enfin nous nous arrêtons de l'autre côté de la ville, au pied des anciennes murailles, et commençons à faire à pied Tascension d'une petite colline, au sommet de laquelle se trouve la pagode des cinq étages; c'est une sorte de grand hangar rouge, divisé en compartiments par cinq planchers lui donnant l'aspect d'une armoire ouverte. De sa partie supérieure, l'œil embrasse le panorama de toute la ville de Canton, séparée de ses faubourgs par la rivière des Perles et entourée d'une plaine s'étendant à perte de vue.

Au nord, dans le lointain, une chaîne de montagnes se perd à l'horizon et confond ses contours dans Tazur du ciel. La campagne, sillonnée des nombreux bras du delta, est cultivée dans ses moindres

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parcelles et recouverte de rizières, de plantations de cannes à sucre, d'arbustes à thé, etc. ; des bosquets de bambous et d'arbres à fleurs abritent les villages parsemés ça et là, et massés au milieu des champs.

La ville compacte, dont on n'aperçoit pas les artères cachées par les toits des maisons, est hérissée par endroits de grandes tours de pagodes ayant jusqu'à neuf étages superposés, et de cahutes de paille placées sur des échafaudages au-dessus des rues et des habitations; elles servent d'abri aux veilleurs de nuit, chargés de prévenir les habitants contre le feu. Les incendies sont très-fréquents et très-redoutables, et les malfaiteurs chinois, de même que leurs voisins japonais, les allument dans l'espoir du pillage. De hautes constructions s'élèvent au-dessus des autres; ce sont les magasins, toujours remplis, des prêteurs sur gages, les « monts-de-piété » de la Chine.

A notre arrivée, le gardien de la pagode était occupé à fumer sa pipe d'opium. Je ne pus résister au désir de Timiter par curiosité; mais à peine après avoir aspiré un peu de cette fumée insipide et parfumée, je ressentis un malaise général et j'éprouvais les premiers symptômes de l'ivresse.

La pipe d'opium se compose d'une grosse tige de bambou creuse, de 5o à 60 centimètres de long, au tiers de laquelle est adapté un volumineux fourneau circulaire de marbre poli, percé en son milieu d'un trou de la grosseur d'une aiguille à tricoter.

Pour se livrer à leur passion favorite, les Chinois s'étendent à terre sur des nattes, la tête posée sur un oreiller de porcelaine ou de faïence. A portée de leur

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main se trouve une petite lampe allumée, dont la flamme, entourée d'une cloche de verre, s'élève sans oscillations jusqu'à la hauteur de l'ouverture pratiquée à la partie supérieure ; elle sert à chauffer l'extrait d'opium, dont ils prennent une boulette grosse comme la tête d'une allumette à l'extrémité d'une longue aiguille de fer effilée. Ils ont soin de rouler entre leurs doigts cette aiguille, maintenue audessus de la flamme, de façon à faire bouillir l'opium sans cependant le laisser brûler. Ensuite ils le plantent dans le fourneau de la pipe ; Topium, liquéfié par la chaleur, se fixe sur le marbre en se refroidissant et forme un petit bourrelet autour de l'orifice après l'extraction de l'aiguille. Cette opération assez délicate demande une grande pratique et pas mal de temps pour être menée à bonne fin. La pipe ainsi préparée, le fumeur la prend à deux mains, colle ses lèvres à l'extrémité du bambou, aspire et avale en trois ou quatre bouffées le peu de fumée produite par l'opium, qui brûle en pétillant au-dessus de la lampe.

On peut dire que tous les Chinois sans exception fument l'opium; mais son usage si répandu, contrairement à l'opinion générale, n'est nullement nuisible et profite plutôt à ceux qui s'y adonnent avec modération en leur donnant des forces. Les mandarins et les riches abusent seuls de ce plaisir fort dispendieux; dans ce cas ils se détériorent la santé et peuvent même en mourir. Mais c'est alors d'épuisement et d'anémie, et non point d'empoisonnement, car certains d'entre eux restent toute la journée et toute

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davantage que leur condition ne nous faisait pitié. Un soupir de soulagement s'échappa de notre poitrine en sortant de ce cloaque infect, où nous avait reçu le chef, encore plus abject, si c'est possible, que les membres de la tribu dont il a Tadministration.

Au retour, nous visitons dans les faubourgs deux hospices fort bien aménagés : Tun, disposé pour donner asile aux vieillards et aux incurables ; l'autre, destiné aux enfants trouvés nouveau-nés. Dans ce dernier, des nourrices, payées par le gouvernement, élèvent avec une sollicitude maternelle ces petits êtres abandonnés, dont on prend en Chine un trèsgrand soin.

En retraversant la ville, nous nous arrêtons encore au temple des horreurs, où sont représentées en figurines de cire les principales scènes de torture de rinquisition chinoise. Enfin, après avoir fait quelques emplettes, nous regagnons rapidement le PoW" an, dont l'heure du départ était arrivée.

Nous passons de nouveau au milieu de cette multitude de bateaux, s'écartant avec peine sur notre passage. Dans les faubourgs sont mouillées les grosses jonques de commerce, couvertes de canons, pour se défendre contre les pirates lorsqu'elles portent une cargaison, et attaquer les autres navires, quand elles reviennent sur lest. Canton disparaît bientôt derrière nous. Le Pow-an glisse rapidement entre les berges verdoyantes de la rivière, éclairées par le soleil couchant et plantées çà et là de gigantesques tours à neuf ou dix étages, isolées dans la campagne

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