CANTON. 3 I I
et recouvertes de bouquets d'arbres, dont les graines ont été portées à leurs sommets par le vent.
Le lendemain matin nous nous retrouvions amarrés aux quais de Hong-Kong, et allions nous installer à bord de VOxus, arrivé pendant notre absence et devant nous transporter à Marseille.
Le temps qui nous restait à dépenser nous permit d'aller visiter le village chinois de Kaoloon, situé de l'autre côté de la rade, repaire de pirates comme tous les endroits habités des côtes. Il n''offre rien de bien intéressant à signaler, sauf le nombre considérable de porcs noirs et de chiens qui peuplent les rues, égalant au moins celui des habitants. Cette société peu agréable nous fit hâter notre retour à travers la campagne, oîi paissent des bufHes dont les Chinois se servent pour labourer concurremment avec leurs femmes ; ces animaux^ semblables à leurs maîtres, ont la haine des étrangers et les chargent de loin en les apercevant.
Nous venons de parler des porcs ; ils sont innombrables en Chine et vivent en liberté, sauf dans les grandes villes. La religion du pays défend à ses adeptes de manger leur chair, mais les Chinois ont trouvé un subterfuge assez simple pour éluder ce précepte gênant. Pensant que les dieux protégeaient ces animaux, ils leur ont élevé un temple à Canton, 011 ils en conservent un petit nombre, en les laissant mourir de vieillesse. Grâce à cela, ils immolent sans aucun scrupule tous leurs congénères, et en font leur nourriture ordinaire.