RosELLiNi, Monumenti civili (atlas), vol. Il, n
3. RoRKLLmi, Monumenti civili, vol. Il, n» 40, 2; — Champollion le Jeune, Monuments de l Egypte et de la Nubie (atlas), vol. II, pi. CLXXXV, 3.
tie, on aperçoit un sycomore qui ombrage de son (^pais feuillage un réservoir, oîi un jardinier vient puiser de l'eau; au delà se dresse un arbre que Rosellini * a pris pour un acacia ou un tamarix, plus loin un palmier doum tripartite ; et, sur une autre peinture de la même localité *, est représentée une rangée de vingt-quatre sycomores, plantés autour d'une pièce d'eau, couverte de fleurs marécageuses.
Les peintures d'une tombe de Beni-Hassan, celle de Nevothph, qui vivait sous la XIP dynastie ', pet^t nous donner /ven^ une idée de ce qu'était alors la culture maraîchère et fruitière dans la vallée du Nil. A gauche, on voit une vigne, dont trois vendangeurs cueillent les raisins déjà mûrs, qu'un quatrième emporte dans des corbeilles ; au delà, s'élèvent deux figuiers, l'un sans finiits, l'autre couvert de fruits, que cueillent deux ouvriers, aidés dans leur besogne par trois singes cynocéphales. Puis vient le potager, couvert de plantes disposées en longues plates-bandes, que deux ouvriers sont occupés à arroser, tandis qu'un troisième personnage, le jardinier de Nevothph lui-môme, — il s'appelait Nofrôthph, — met en bottes des oignons nouvellement arrachés *. Plus loin, à droite, se dresse un dattier qui complète le tableau.
Le potager pharaonique, tel que l'a peint l'artiste de la XIP dynastie, existait sans doute ainsi déjà depuis des siècles ; mais s'il suffisait alors à lui seul et s'il suffit peut-être encore longtemps aux besoins des habitants de Tancien empire, il n'en fut plus de même pour ceux du nouveau ; il leur fallait des jardins d'un tout autre caractère. L'antique culture maraîchère, avec ses légumes, ses raisins et ses quelques arbres fruitiers, ne fut plus assez pour eux ; si le colon des campagnes s'en contentait toujours, si elle fournissait à l'artisan des villes une ample ressource pour son alimentation, elle ne pouvait satisfaire le luxe croissant et les goûts nouveaux des grands ; leurs riches habitations de la ville, leurs maisons champêtres surtout, réclamaient autre chose que des jardins destinés aux besoins ordinaires de la vie ; il fallait
i. Monumenli civili (texte), vol. I, p. 386.