Charles E. AfoLDENXE, op. laud,^ p
3. Victor LoRET, Recherches sur plusieurs plantes connues des anciens Egyptiens. VÏI. Le caroubier. {Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes^ vol. XV, p. 113.)
jujubiers ou sébestiers *, — trois perséas, deux arbres à noix de bon * ci seulement un palmier argoun. Quant aux arbres d'ornement, ce môme jardin en renfermait trois espèces, en nombre restreint toutefois : dix tamarix, ainsi que dix saules safsaf et seulement trois acacias. Aucune de ces espèces ne se rencontrait dans le verger de l'officier d'Âménophis II, ainsi que dans les autres parterres des hypogées thébains \ lis ne paraissent aussi avoir renfermé ni caroubiers,ni arbres nebs ou à noix de ben, ni palmiers argouns ; mais les autres arbres h. fruits y étaient plus ou moins complètement représentés : il y avait jusqu'à quatre-vingt-douze dattiers, vingtdeux palmiers doums, soixante-douze sycomores et vingtquatre vignes dans le parterre du chef militaire contemporain d'Aménophis IL
Telle était à peu près la composition d'un jardin égyptien à l'avènement de la XVIII* dynastie ; il suffisait peutêtre aux exigences de Tépoque ; mais il manquait de variété et on y eût cherché en vain quelques-uns des meilleurs fruits de l'Asie antérieure, ainsi que plusieurs des plus beaux arbres d'ornement de la région méditerranéenne, qu'il devait posséder plus tard. Il les acquit successivement, d'abord sous les grands princes du nouvel empire, plus tard à l'époque de la domination perse et surtout sous celle des Ptolémées.
Les expéditions des Ahmessides et des Ramessides en Syrie, en Mésopotamie et jusqu'en Asie-Mineure, l'occupation de la terre de Khémit par les Perses, qui, partis du plateau de riran, avaient étendu leur domination d'un côté jusqu'à rindus et de l'autre jusqu'aux rivages de la Méditerranée, les conquêtes d'Alexandre et l'établissement de dynasties grecques en Syrie et sur le trône d'Egypte, n'avaient pu manquer d'avoir leur contre-coup sur l'agronomie et l'horticulture, comme sur la civilisation, de l'Asie antérieure tout entière et en particulier de la vallée du Nil. Ces grands mouvements de peuples et d'armées, ainsi que les relations pacifiques et conunercicdes qui les accompagnèrent ou qui les suivirent, eurent pour coaséquence naturelle de trans-
1. M. Charles Moldbnkb, op. laud.^ p. 108, a identifié Tarbre nebs avec le sébestier, tandis que M. Victor Loret en fait un ji:gubier.
2. Victor LoRBT, Recherches, etc. 1. Volivier et le rnoHnga. (Recueil de travaux, vol. VU, p. 101.)
3. On aperçoit, au contraire, un acacia ou un tamarix dans le jardin potager de la peinture d'El-Qournah.
porter, hors de leur pays d'origine, nombre d'espèces végélnles ; plusieurs pénétrèrent alors pour la première fois dans Tantique patrie des Pharaons.
Dès longtemps les princes égyptiens avaient aimé à enrichir leur pays des produits de l'étranger; l'expédition pacifique envoyée par la reine Ilatshopsitou au pays de Pount chercher des arbres à encens * ne fut pas sans doute un fait isolé ; leurs expéditions militaires au-delà des frontières de rjEgypte offraient, d'ailleurs, aux Pharaons une occasion naturelle d'importer dans leur pays les végétaux utiles qu'ils avaient remarqués à l'étranger. Ils n'y manquèrent pas. C'est peut-être sous les Ahmessides *, conquérants de la Syrie, que la flore horticole de l'Egypte s'enrichit de l'olivier cultivé depuis un temps immémorial au pays de Chanaan. Le pommier apparaît à l'époque de la XIX* dynastie ; Ramsès II fit planter des pommiers dans ses jardins du Delta ^. L'importation de Tamandier semble avoir été plus tardive *, elle n'eut peut-être lieu que sous les Ptolémécs. C'est sous ces princes ancore et probablement même sous les derniers d'entre eux, sinon à l'époque romaine, que le mûrier à fruits noirs, le pêcher, le cerisier, de même peut-être que le poirier ^, furent importés dans la vallée du Nil.
En même temps qu'ils s'enrichissaient ainsi d'arbres fruitiers jusqu'alors inconnus, les parcs égyptiens s'embellirent également de nouveaux arbres d'ornement. L'introduction du peuplier blanc et du platane, que Théophastre montre croissant, bien qu'en petit nombre, sur les bords du Nil *, doit remonter à une époque déjà reculée ; celle du chêne, qui, d'après le même naturaliste, se serait trouvé en abondance, avec des pcrséas et des oliviers, dans un bois des environs de
1. G. Maspbro, Histoire ancienne des peuples de VOneni^ 4° éd., p. 195.
2. M. W. Pleyte {La couronne de la Justification, p. 13) suppose que Tolivier a été introduit en Egypte sous la X1X« dvnastie ; il me semble plus conforme à la réalité d'en faire remonter Tintroduction, soit aux Hycsos, soit aux princes de la XVlii^) dynastie.
3. Victor LoRET, Rechei*c?ieSj etc. V. Ije pommier, (Recueil de travaux, vol. Vil, p. 113.)