‹ Les jardins dans l'ancienne ĖgypteChapitre 8 sur 11 · Historia plantarum, lib. 1V> cap. vin · texte numérisé non relu

Historia plantarum, lib. 1V> cap. vin

Thèbes ', doit ôtre également ancienne; en est-il de môme de rintroduclion du frêne, qu'il paraît faire croître aussi, de môme que Torme *, en Egypte ? Je ne saurais rien en dire, pas plus qu'au sujet de l'importation dans la vallée du Nil du tilleul, cet arbre de la région tempérée deTEurope, dontM. Flinders Pétrie a retrouvé des restes dans la nécropole grécoromaine de Hawara '. Cette importation remonte sans doute assez peu haut. C'est probablement aussi h une date récente que le laurier *, originaire de la Péninsule hellénique, a pénétré dans les jardins de TEgyptc. Si l'introduction de ces espèces nouvelles enleva à ces jardins le caractère intertropical qu'ils avaient eu jusque-là et les rapprocha des jardins de l'Asie antérieure ou de l'Europe méridionale, c'est à des parcs et à des vergers bien plus qu'à des parterres qu'ils ressemblaient. Pour être de véritables parterres, il leur aurait fallu ce qui semble leur avoir longtemps manqué, des fleurs et une végétation herbacée.

Quelques documents, il est vrai, paraissent contredire cette assertion. Dans la charte de Ramsès III, que j'ai citée ^ plus haut, le pharaon, après avoir parlé des bois de dattiers qu'il avait fait planter en l'honneur de la divinité d'IIéliopolis, ajoute qu'ils étaient remplis de lotus, de joncs et de « fleurs de tous pays douces et parfumées ». Mais si ce qu'il dit des lotus et des joncs, — sous ce dernier mot il faut peut-être entendre des papyrus, — est conforme à l'état réel des choses, il n'en est pas de même de l'expression « des fleurs de tous pays » ; je ne puis guère y voir qu'un exemple de l'emphase habituelle aux documents officiels de l'ancienne Egypte, et elle ne saurait être une preuve de la culture de fleurs véritables dans les jardins pharaoniques. Il faut encore attribuer moins d^mportance à « toutes ces fleurs » dont le fils de Khousouhôtep, le scribe Ani, est représenté dans le Papyrus, moral de Boulaq, comme « remplissant sa main » ^ Il n'y a là encore qu'une de ces exagérations ordinaires au style

1. Historia planiarum, lib. IV, cap. ii, 8. Théophraste se sert seulement du mot ôpû;, sans dire de quelle espèce il s'agit.

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