‹ Les jardins de la médecineChapitre 16 sur 45 · BAVIÈRE ET WURTEMBERG · texte numérisé non relu

BAVIÈRE ET WURTEMBERG

« Les premiers qui passèrent le Rhin... et chassèrent les « Gaulois s’appelèrent alors Germains. Ce nom, borné d’abord « à une simple tribu, s’étendit peu à peu, et, créé par lavic- « toire pour inspirer plus de crainte, il fut adopté par la « nation tout entière. » Ainsi parle Tacite ‘, et son éloquente concision résume les éternels recommencements de l’Histoire. Aujourd’hui comme hier, n’est-ce pas après avoir vaincu les descendants des Gaulois que le renom d’un simple petit royaume s’envola par le monde sur les ailes de la victoire?...

Malgré le lourd manteau d’oubli qui lentement s’abat sur ses épaules, le Français, qui passe le Rhin, se voit contraint d’abandonner tout scepticisme. Aux sentiments confus qui l’agitent, il peut voir combien est loin d’être comblé le grand fossé creusé par le Destin. Tout conspire d’ailleurs à raviver les cendres qu’il croyait refroidies : c’est le long arrêt du train qui semble vouloir mourir sur le seuil de la frontière, les employés qui disparaissent, la machine qui s’éloigne avec un long cri douloureux. Et la tristesse du début pèse trop souvent sur tout le voyage. G’est pourquoi, quand nous écrivons sur l’Allemagne, l’indifférence nous est bien défendue ; c’est pourquoi les uns exaltent si volontiers le vainqueur d’hier, alors que les autres le dénigrent trop facilement. A l’encontre de l’apostrophe célèbre, on a emporté un peu de sa patrie à la semelle de ses souliers ; elle vous suit, la chère image, c’est elle qu’on rencontre à tous les tour-

Page 1