‹ Les jardins de la médecineChapitre 18 sur 45 · IMPRESSIONS D’ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

IMPRESSIONS D’ALLEMAGNE

qu’inconnu des siens, c’est Darwin seul qu’ils honorent. Parlet-on de Pasteur? on vous demandera ce qu’il eût été sans Lister, — et ceci est à la lettre. Toutes les sciences sont tributaires de notre génie. Avec la chimie, c’est Lavoisier ; on ne peut pas parler physiologie sans évoquer le nom de Claude Bernard. Quantité de découvertes dans les divers domaines de l’activité humaine, équivalent à des victoires, et ce sont des victoires françaises. Mais cela ne compte pas, car chez nous, s’il y a souvent des généraux de génie, l’armée scientifique est loin d’être suffisamment organisée.

Les Allemands, au contraire, ont admirablement compris le côté pratique de la Science. Ils ont été les premiers à sentir le prix de Tutilisation des médiocrités. La culture d’un peuple, en chimie, physique et sciences naturelles, disent-ils, est le meilleur placement que puisse faire une nation. Et cette idée-force, ils la mettent en œuvre dans leurs écoles avec leur persévérance habituelle K Partout on retrouve l’idée maîtresse d’établir sur le monde et sans conteste la supériorité des produits allemands. Cette notion que chaque industriel combat pour la plus grande Allemagne a été bien mise en évidence par M. Roux, de l’Institut Pasteur ^ Visitant une grande usine de produits chimiques, il s’étonnait d’y rencontrer autant de chercheurs. — Mais, lui dit le Directeur, ce sont des docteurs de l’IIniversité qui viennent ici se perfectionner. Nous les admettons volontiers parmi nous. Pourvu que notre science progresse, nous trouverons toujours profit à leurs travaux.

La méthode et la persévérance, la conception bien arrêtée que si les armes servent à conquérir des territoires, l’Idée seule permettra de les mettre en valeur, tel est le pivot au-

1. L’éducation tout entière repose sur l’idée de la suprématie de la race. Les Allemands savent là comme ailleurs où il faut aller, quel est le but à atteindre. Sur les lacs, dans les ports, on leur apprend à lutter de vitesse, on développe l’initiative, la volonté. A tout propos on leur cite les matelots de la Hanse, ces hardis navigateurs du moyen âge dont ils doivent se montrer dignes. Chez nous, en matière d’éducation nationale, le silence n’est-il pas effrayant ?

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