‹ Les jardins de VersaillesChapitre 25 sur 143 · DEN · texte numérisé non relu

DEN

ET

des

ANNE-LOUISE-BÉNÉ TE DE BOURBON, rcus rar DUCHESSE DU MAINE (1676-1753)

Peinture de Pierre Mignard

temporains de Louis XIV voyaient un personnage de Tacite, Milicus, affranchi de Scevinus, aiguisant pour son maître le couteau de sacrifice avec lequel celui-ci veut immoler Néron. L'expression attentive de ce serviteur s’expliquerait par l'effort qu'il fait pour pénétrer le secret des conjurés, qu'il doit aller livrer à l'empereur.

La figure de femme est la Vénus de Coyzevox, qui porte, sur le marbre original, aujourd’hui au Louvre, la date de 1686. On sait aussi que c’est une imitation plutôt qu'une copie d’un antique fameux, dont les répliques existent à Paris, à Rome et à Florence. La tortue, qu'a conservée le sculpteur français à sa « Vénus pudique », indiquerait, paraît-il, « que les femmes vertueuses doivent être aussi retirées dans leurs maisons que cet animal l’est dans son écaille ». Ce fut une heureuse idée de mettre à Versailles la reproduction de cette œuvre exquise, que sa date rapproche des œuvres voisines. On connaît la ligne harmonieuse du corps de la déesse, le joli geste de ses bras qui cachent sa nudité robuste, et l'expression de son visage doucement effarouché.

Les tablettes qui bordent les Parterres du nord et

sont assis deux Amours nus, tenant leurs joues rondes dans leurs mains, les coudes appuyés sur le bord et penchés vers l’intérieur; leurs regards se défient et leur mine boudeuse est d’un effet charmant. Un autre vase a un étroit collier de pampres, et pour anses deux têtes de bélier sur lesquelles s'appuient deux faunillons au pied fourchu, au visage épais et rieur. Sur celui-ci, qui est une coupe, se dessinent des feuillages d’acanthe:; sur celui-là, des médaillons, un soleil, des têtes de chimères. Ici, deux monstres à poitrine de femme forment les anses; là, ce sont des hures de sanglier ou encore des sphinx posés sur des coquilles au-dessus de têtes de lion.

Le corps de cette orfèvrerie de bronze porte parfois de simples guirlandes, parfois aussi des reliefs symboliques; sur un de ceux dont la forme est la plus sobre, Ballin a modelé Apollon poursuivant Daphné et, de l’autre côté, Apollon vainqueur du serpent Python. C'est un jeu de déchiffrer ces faciles énigmes. Les ÉCUSSONS royaux qui se trouvaient sur quelques pièces ont été défigurés avec soin, aux temps révolutionnaires, et remplacés par de vagues symboles.

du midi supportent quel ques vases de marbre, mais surtout une curieuse série de petits vases de bronze, répétés deux fois, qui se rattache, par la matière plus que par le style, à la décoration du Parterre d'Eau. Toutes ces urnes, qui se remplissent de fleurs au printemps, sont dues à Claude Ballin, sauf une qui est de François Anguier, et le caractère de leur exécution s'explique par leur origine : Ballin était orfèvre du Roi, et il a traité ses modèles, fondus par Duval, comme ceux des meubles d’argenterie qu'il ciselait à la même époque pour Sa Majesté.

Les formes sont diverses et plaisantes. Sur les anses d’un de ces vases

Dirigeons-nous vers la colossale figureendormie, à l'entrée de la rampe ombragée qui descend à l'Orangerie. Si l'on suivait le terre-plein qu’elle décore, on arriverait aux « marches de marbre rose» que les versd’Alfred de Musset ont rendues fameuses. Jetons un rapide coup d'œil sur cette Cléopâtre (ou Ariane du Vatican), copiée à Rome par Van Clève. Ce travail de bon praticien ne saurait retenir l'attention, que sollicite tout à côté un groupementd'œuvres fort diverses et d’une originalité extrême.

Nous sommes devant l'un des célèbres « Cabinets des Animaux », celui que l’on désignait autre-

Photo P. d'Aujec.

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