‹ Les Jésuites à Caen, [1604-1764]Chapitre 3 sur 13 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

L'hôtel-de-ville deCaen. — Assemblée irrégulière du 8 février 1608. — Les partisants des Jésuites ne peuvent s'entendre sur le logement à donner à ces Pères. — Protestations, — Les Jésuites acceptés , mais conditionnellement. — Lettre du P. Coton. — Encore le P. Gontier.

A l'époque où commence cette histoire , la commune de Caen n'avait point encore établi son hôtel de ville dans ce gracieux palais renaissance, bâti par des artistes italiens, et qui, abandonné à son tour en 1793, n'a conservé de ses vieux honneurs municipaux que le nom de Bourse et le prétoire du tribunal de Commerce (1). Mais sur le pont St. -Pierre, et fondée en la rivière elle-même se dressait une imposante bastille d'apparence féodale et de très-ancienne et admirable structure (2). Le corps des bâtiments assis à la fois sur la rivière et sur la grande voie publique qui se croisaient sous ses voûtes, était à quatre étages et flanqué aux angles de quatre hautes tours reliées entr'elles par des créneaux. L'une

(1) On l'appelait alors hrtlel du titnnd Cheial , à cause d'une lmai?e de pierre en b.is-reiief qui ornait la fiitade, représentant le Fidèle et le Véritable de l'Apocalypse, rnonlé sur un cheval. NicoI;is le Vallois avait fait construire par des arlisles italiens cet hôtel, qui en 160G appartenait à Guillaume Jlo'sanl. — De La Rue, nnles manuscrites aux Origines de Caen , de Iluet.

(2) De Bras , antiquitez de Caet» , 2". parlie , p. i>. — Cet éJincc fut construit entre les années 1316 et 1365.

de ces tours servait de beffroy et supportait une merveilleuse horloge (1). Cet édifice désigné dans les anciens actes sous le nom de C hâte tel de Caen , plus tard appelé communément le gros horloge, était depuis sa fondation Vhosiel commun de la ville de Caen ; la façade orientale était occupée dans sa longueur par une grande et haute salle où s'assemblaient les ofliciers municipaux, les notables, les bourgeois et manants, pour y traiter de leurs négoces , des intérêts et de l'honneur de la ville et du pays (2).

C'est là que le 8 février 1608 se fit l'assemblée irrégulière des notables réunis si précipitamment par le bailli du Roi , maire et gouverneur de Caen , Jacques Blondel ; assemblée doublement illégale , puisqu'elle avait été convoquée sur un ord7^e verbal du maire , contre la coutume, et qu'en outre , les habitants étaient avertis à domicile par le sergent Dulondel , pour le lendemain (3) , tandis que la réunion se faisait le jour

(1) Celte horloge sonnait les heures et carillonnait tes hymnes de l'église. On y avait adapté deux cadrans magnifiquement dorés et qui marquaient, outre les heures , les phases de la lune. Au bas de chaque cadran était écrit : Vn Dieu , Vn Roy, Vne Foy , Vne Loy. De Bras , id. p. 10. — Le bâtiment fut démoli vers 1750.

(2) Acte de l'an 1365 cité par Huet, Origines , p. 135.

(3) Exploit de Pierre Dulondel sergent ordinaire en Vknstel commun de la ville de Caen ; archives de la ville , Reg. xli , f*. 270, 271, 279, 280 (Entre les T*. 271 et 279 se trouve inséré un cahier, enfermé ainsi dans les deux feuilles de l'exploit de Dulondel , et qui contient le brouillon et la rédaction définitive du procès-verbal de l'assemblée du 8 février. Les registres 41 et 42 n'ont pas été recueillis avec beaucoup de soin et les pièces ne s'y trouvent pas toujours placées dans leur ordre chronologique). Contre l'ordinaire l'ordre de convocation donné par le maire est verbal; mais ce qu'il y

même à deux heures de l'après-midi. Aussi ne s'y trouvat-ii qu'un petit uomljre de personnes. L'acte de convocation mentionne , outre 95 notables désignés nominativement , tous les cliefs de corps avec leurs subordonnés, l'official de l'évêque de Bayeux et tout le clergé de la ville, le recteur, les docteurs et professeurs de l'Université, les trésoriers et officiers du bureau des finances , messieurs du siège présidial , messieurs les élus et officiers de l'élection , en tout bien deux cents personnes. Et cependant, d'après le relevé du procès-verbal même de l'assemblée, il ne s'en trouva que quarante-huit, parmi lesquels on ne trouve pas même le recteur de l'Lniversité, et cela dans une affaire qui louchait de si près à ce corps. A deux heures on entra en séance , le maire Jacques Blondel , sieur d'Ungy , était assisté de MM. De la Serre et Gilles Hallot, avocats du Roi, et des échevins et Gouverneurs, Jean Bernard , Jean Vaultier , Gilles Le Bas ,

a de singulier, c'est que, dans l'eiploil, ce commandement est donné le hnitiéme jour.de febvrier pour semondre les personnes cy après nommées , etc. El plus loin ... pour comparoir le lendemain sabmedi en l'hostel commun de ville.... Or le samedi élanl le huit, comme on le voil par le procès-verbal même de la s(?ance, n'était donc pas le lendemain. Le brouillon du prorcs-vcrbal , la rédaction définitive , enfin le rappel de ce procès-verbal dans celui du i novembre portent également le huit. On pourrait admettre, il est vrai, qu'il y a peut être là quelque erreur de l'écrivain , résultat de la précipitation avec laquelle se fil celle convocation, ^lais il n'en est pas moins constant que la réunion Tut irrèfiulière et fut plus lard l'objet d'une protestation unanime des notables et des habilanls. Dans le procèsverbal de l'assemblée du 4 novembre on lit: « Noble homme, M*. « Michel de Répichon , Conseiller du Roi, Président, Trésorier de '(France au bureau des Finances, en la généralité de Cacn , a K remontré que l'assemblée /<///e contre les formes ordinaires au

Charles Lecoq et Guillaume Bonnel (1). Alors, Adrien Nonyme , sieur d'Aubigny , trésorier de France au bureau des finances de Caen , présenta ses lettres de créances comme commissaire délégué du Roi auprès de la ville (2). On donna ensuite lecture des lettres adressées par le Roi aux maire et échevins (3) , des lettres pareilles adressées à messieurs du présidial. Henri IV avait si fort à cœur cette affaire , qu'il y en avait aussi pour M. de Bellefonds , gouverneur de la ville et château de Caen , et d'autres enfin de M. de Bellefonds

« mois de février dernier de petit nombre de i)prsonnes et de divers « avis, ne peut servir pour autoriser la demande qui devroit avoir esté « faicte par les habitans de l'establlssement dudict collège des Pères

« Jésuisles Qu'en ceste assemblée les principaux officiers et

« notables n'ayant été comoquez ni appelez en public ni en « particulier ^ elle est invalide, ne pouvant si petit nombre obliger « le corps des habitants composé de vingt mille personnes. >• Ce procès-verbal est au Rég. xlii , P». 41-66.

(1) Procès-verbal de l'assemblée du 8 février 1608 , page 272-278. Ce procès-verbal existe en double dans le registre xli des archives de la ville de Caen. Au folio 272, on trouve le brouillon original écrit séance tenante par le grefller Beaullard : l'écriture en est trèsrapide et presqu'illisible. — Cependant j'ai pu comparer celle minute avec la rédaction définitive qui occupe les f*"*. 275-278 et m'assurer que, quant aux fonds des choses, les deux textes sont semblables. J'ai aussi collationné scrupuleusement avec la seconde rédaction la copie qui en a été publiée dans le Recueil de pièces non imprimées ^ etc., p. 76-89. Celle-ci est exacte de point en point, sauf l'orthographe, que j'ai rétablie ici dans sa forme primitive, et l'omission d'un seul vote, celui de M. Germain Jacques, curé de St. -Pierre de Caen.

(2) Procès-verbal, etc.— « Au mois de février 1608 ces pieux charte latans firent présenter par le ministère d'une de leurs créatures, le « sieur d'Aubigny, une lettre close, etc. » Dénonciation faite à nos seigneurs du parlement de Normandie, etc. 1762, in-12 p. 29.

(3) V. plus haut, p. 19 et 20.

à son lieutenant audit château. Et comme si toutes ces lettres n'étaient point assez explicites, le sieur d'Aubigny prit la parole pour faire amplement connaître la volonté du roi et l'objet de la mission :

« Sa majesté lui avait commandé , dit-il , de faire

a entendre aux habilans de Caen que sa volonté est

« d'establir en cette ville un collège des Pères lésuistes,

c en l'bonneur de Dieu et pour l'utilité de la ville. La-

1 quelle volonté S. M. avoit toujours eue dès leur esta-

« bîissement au collège de Rouen ; et h ceste fin , pour

« monslrer son affection , leur a dès à présent concédé

« le prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge sur lequel

« ils ont trois mille livres de rente ; mais il est requis

•v que lesdicls habitants avisent à leur fournir ce qu'il

i convient en plus outre ; sur quoy faisant , ils feront

« chose agréable à sa majesté ; ce qu'il a bien voulu

u faire entendre, afin qu'à son retour, qui sera prompt,

« il puisse certiorer S. M. de leur intention , d'autant

« qu'elle est importunée des habitans de Falaize qui

« demandent ledict collège. »

Cette dernière insinuation était habile. Le collège des Jésuites un embarras , une charge pour la ville ! mais comment donc? c'est un privilège digne d'envie, un cadeau inappréciable , un prix proposé aux villes dévouées et bien pensantes. Hàtez-vous, dignes habitants de Caen , ou les bons Pères vous échappent , et vos compères de Falaise vous les enlèvent à votre barbe.

Ainsi pensait sans doute l'un des deux avocats du Roi, De La Serre. Il y avait bien par la ville des gens qui s'imaginaient que l'Université de Caen, éprouvée par deux siècles de succès et de célébrité, était tr cs-su/]uantc à

l'instruction de la jeunesse, que, l'évêque de Bayeuxayawr toujours esté soigneux d'envoyer des meilleurs prédicateurs de laFrance, iln'eii était besoin d'autres; M. De La Serre, lui, voyait dans l'appel des Jésuites toute une ère nouvelle , une régénération de la foi et des lettres , une pluie de bénédictions qui allaient tomber sur la ville de Caen. « Ce n'est de ce jour^ dit-il, que sa iMajesté monstre a et faict paraistre son ardente affection et bonne voit lonté envers ceste ville et les liabitans , pourquoy il « convient la remercier très-humblement et la supplier « qu'il lui plaise continuer ladicte bienveillance ; et k « ceste fin qu'il soit envoyé un député exprès par devers « elle. Quant à l'establissement du collège, il n'y a point « de doubte qu'il en sortira un grand fruict par la dis- « cipline exacte que tiennent les Pères Jésuistes, toute « autre que celle des Universitez , qui maintenant s'estant « relâchées de l'ancienne règle ont rendu la jeunesse « moins instruicte qu'elle ne seroit s'ils (les Jésuites) y a avoient tenu la main. » De là de merveilleux avantages pour tous les ordres de la ville et de la généralité de Caen, l'Eglise, l'Université , la Noblesse , la Justice, les Finances et tous autres bourgeois , et même les marchands et les artisans ; « qui tireront parti de la fréquence des écoliers. »

Après M. De La Serre tous les assistants furent appelés à donner leur opinion , les uns la motivant et la développant, les autres s'en référant simplement à l'avis de tel ou tel qui avait parlé avant eux. Sur le principe de l'admission des Jésuites, on eut une quasi unanimité (40 voix sur 48). Mais pour le plus grand nombre (26), cette admission n'était que conditionnelle et subordonnée aux ressources de la ville. Huit membres seulement re-

fusèrent leur adhésion à la mesure (1); deux d'enlre eux représentaient tout un corps , l'Université.

Un bourgeois, Noël Gambier, fut d'avis « que S. M. soit suppliée de nous dispenser de les recevoir en ceste ville. » Un autre, Gilles Quesnot, qui ne partageait pas la noble et chaude émulation de l'avocat De La Serre , dit naïvement « que si c'estoit le bon plaisir de S. M. , lesdicts Pères Jésuistes seroienl mieux à Falaize qu'en ceste ville. » Deux autres (2) , appelés pour dire leur avis, refusèrent de voter et sortirent de la salle. Un professeur de la Faculté des Arts et le principal du collège des Arts ne voulurent point s'expliquer sur la réception.

Une opposition plus significative était celle de Pierre De Sonès. docteur et professeur en droit, curé de St.- Julien , et de Claude Collin, principal du collège du Mont, qui déclarèrent avoir charge de CUnivcrsité , de demander temps de sur ce délibérer.

Mais ce fut quand on arriva aux moyens d'exécution que les avis les plus divers se produisirent. Sur la question du logement, l'un proposait de leur donner le collège des Arts; aussitôt la Faculté des Arts de protester, ce collège lui appartenant en toute propriété de temps immémorial ; d'autres parlaient de celui du Mont ou collège royal ; le principal de se récrier , avec peu de chance de succès , il est vrai; le collège du Mont, au dire des échevins , était ii la ville qui l'avait acheté de ses

(1) « Ils n'avaient sans doiilc été appelés que ponr sauver les chefs « de la convocalion du juste reproche d'avoir choisi leurs sujets. » Dénonciation, etc. p. 30.

(i) Gilles Le Doucher, siour de Flavigii) , grefîîer au ujagasin à sel ; Roch Le Tellier , bourgeois.

deniers (1). M. De La Serre, lui, ne trouvait l'un et l'autre collège ni assez beaux ni assez vastespowr le logement desdicts Pères; il avait une autre idée , c'était de prendre aux religieux de St. -François leur couvent qui était , disait-il, très-grand et capable. Quant aux Jésuites , ils avaient encore d'autres vues, sans en rien dire. Ils avaient donné la préférence au palais épiscopal et l'allèrent demander tout droit à Henri IV (2).

Ce n'était pas tout du logement; il fallait aussi pourvoir aux frais d'installation et d'entretien. Sur quels fonds? voilà l'embarras. Le patrimoine de la ville ? Il n'y en avait pas, ou si peu que rien (3). Les octrois? Mais ils suffisaient à peine pour payer la taille et réparer les murailles de la ville. Restait l'octroi de l'Université , dont le produit était chaque année distribué aux professeurs pour leur entretien. Or , voilà que M*. Georges Euldes , conseiller au siège présidial vient proposer d'affecter aux Jésuites une portion de cet octroi: opposition de Pierre de Sonès, au nom de l'Université.

L' officiai Ambroise Le Gauffre, de son côté, offre de faire contribuer le clergé de la ville et du diocèse.

Jacques Le Maître, principal du collège du Bois, et avec lui , cinq autres tranchent la question : Qu'on les reçoive d'abord et après il leur sera toujours bien pourveu des commoditez suffisantes.

Mais l'avocat De la Serre propose unmoyen héroïque; c'est de faire contribuer tous les habitants, chacun de ce

(1) Les Jésuites disaient qu'il était au Roi. Il n'avait été acheté ni de l'argent de la ville, ni de celai du Roi, mais bien, comme on le verra, des deniers de l'Université.

(2) Mais plus tard.

(3) Termes du procès-verbal.

qu'il pourra, « et si volontairement on ne le veut faire « comme il est advenu ci-devant en urgentes affaires et de « piété auxquelles certaines personnes , quoique riches, « n'ont voulu contribuer, il fauldra qu'ils soyent taxés par « permission de S. M. »

Georges Euldes et De la Serre restèrent seuls de leur avis ; et comme, au milieu de ce conflit , on ne voyait en définitive aucun fonds applicable à l'œuvre proposée, il fallut bien s'en référer au sentiment des échevins qui était « De rendre grâces au Roy du bien qu'il « désire à ladicte ville, et, si c'est sa volonté, que a les dicls pères y seront reçeus: mais qu'il scroit h propos « de sçavoir h quoy se pourra monter ce qui seroit besoin « pour les accomoder et les recevoir, afin de voir si les « Irais et les sommes qu'il conviendrait à cest effect, « scroient de la portée des habitans, et que à ceste fin '< quelqu'un sera député , tant pour rendre grâces h S. M. « que pour conférer avec lesdicLs pères et avoir un estât « certain de ce qu'ils prétendroient auparavant. »

Le sieur Du Rosel, trésorier de France, avec seize autres appuyèrent l'avis des échevins et ce fut dans ce sens qu'on rédigea , séance tenante une délibération portant que le Procureur-Syndic serait député vers le Roi, et que les Pères Jésuistcs seront rercns en ladicte ville, puisque c*est la volonté de S. M., SI ladicte ville peut porter ce qu'ils requéreront pour leur establisscnient; et pour le sçavoir ledict Procureur-Syndic conférera avec lesdicts Pères et leur fera entendre que le Collège Royal de la ville de Caen dépend d*icclle , s'ils le tiennent commode et suffisant. » Knsuite l'assemblée se sé|)ara.

Ce résultat n'était, après tout, pour les Jésniles qu'un demi-succès. La lettre du Roi apportée par bMir créature,

d'Aubigny , enjoignait aux habitants de subvenir à ce qui serait nécessaire à leur établissement : « et à ce ne faites fauter); et cependant rien n'avait été fait. L'important, à la vérité, c'était d'être reconnu, reçu; comme disait le principal du Bois , on aviserait bien au reste plus tard : la compagnie, si pauvre et dénuée des biens terrestres qu'elle dût être d'après ses statuts, n'a-t-elle pas eu toujours quelque petite réserve pour l'avancement de l'honneur de Dieu?

Mais cette réception consentie, et avec restrictions encore , par un si petit nombre d'habitants illégalement réunis , élait-elle bien réelle et pouvait-on s'en prévaloir sans risque ? Les Jésuites , malgré l'assurance fanfaronne avec laquelle ils proclament d'ordinaire leurs triomphes équivoques, ne le pensèrent pas ainsi et crurent prudent de temporiser, de négocier encore.

Le P. Coton écrivit donc à ses bons amis les maire et échevins de Caen une belle lettre , toute confite en charité, humilité et actions de grâces (1) , pour les remercier des bonnes intentions qu'ils avaient montrées envers la Compagnie, mais surtout pour stimuler leur zèle et provoquer des efforts plus efficaces.

« A MM. les Maire et Echevins de la ville de Caen. X Messieurs ,

« Si la divine providence ordonne que nous vous

(1) « Que nos pères se souviennent tous de demander modestement et religieusement le moyen d'exercer les ministères de la Société, et qu'ils lâchent de s'allirer la bienveillance principalement des ecclésiastiques et des séculiers , de rautoritè desquels on a besoin. » Monita sécréta ou Instructions secrètes des Jésuites (c. 1 , § 2), publiées à Cologne, chez Pierre Marteau, 1733, réimprimées en latin et en français , cette année , à Blois.

servions un jour de plus près, j'espère que nostre Société aura quelque moyen de reconoilre l'iioneur que vous lui failles de la désirer, l'obligalion irès-grande qu'elle vous a de l'avoir si aiïeclueusomenl acceptée de la main du iloy nostre commun seigneur et monarque ; en mon particulier je m'en sens voslre très-redevable , et vous en remercie de toute l'eslendue de mes forces. M. de Bellefons sollicitera la vérification des patentes cl l'annexe de Saintc-Iîarbe en Auge , que S. .M. a singulièrement recommandé à Monseigneur le premier Président h son départ d'icy ; et le P. Gonticr , qui est présentement h Dieppe , ne manquera soudain après Pasques de vous aller remercier de vive voix sur les lieux, recevoir voz commandemenz, et adviser de l'endroict où il vous plairra nous loger plus convenablement pour vous rendre le service que nous vouons des mainlenant à vous et h toute la patrie, de telle affection et plénitude de volunté que je suis,

. Mi'SSII-LRS,

« Votre serviteur très humble et très affeclionné en X. S

« PiKRRE Coton

« de h ronipnpnie de Jésus.

« A Pniis le tl rmrs 1G08. »

Le logement c'élait là la grande question à vider;

Tcnrtiimis In Lalium , sedcs ul)i fata (luirlas Osloudunl

Mais voici venir le héros, le Deus ex machina^ le P. Gontier, avec son arsenal de pieux artifices, et de faconde invincible. A lui la grosse artillerie , à lui la sape et la mine; les soldats de M. de Fervaques aidant, il entrera par la brèche.

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