CHAP. II. — ETABLISSEMENT DES JESUITES A METZ 2 I
et qu'ils avaient continuellement poursuivi pour y être réintégrés, à quoi les magistrats avaient toujours donné empêchement. Qu'à présent ledit collège est administré avec telle nonchalance qu'il n'y reste que trois classes, si mal pourvues de régents que la jeunesse y reçoit fort peu d'avancement aux lettres. Qu'en conséquence ils requéraient de nouveau être réunis et réintégrés en ladite abbaye, olïrant d'augmenter le nombre de ses classes et de les pourvoir de religieux capables d'instruire la jeunesse avec un professeur de théologie et les soumettre à la juridiction épiscopale pour la direction dudit collège et y faire le service divin, selon l'intention du fondateur.»
Contre toute attente, l'assemblée des trois ordres accueillit favorablement la requête des Prémontrés, mais l'Évêque de Metz intervint, fit valoir la bulle de Grégoire XIV qui attribuait aux Évêques de Metz la supériorité sur le collège et demanda d'être maintenu dans son droit.
Henri de Bourbon, marquis de Verneuil occupait alors le siège de Metz; il n'eut point de peine à obtenir un arrêt du Conseil, le i8 Octobre 1621, lequel, sans avoir égard à la requête et aux offres des Prémontrés, ni au consentement donné par les trois ordres, maintint l'Évêque de Metz dans ses droits.' Louis XIII accorda de nouvelles lettres patentes autorisant la fondation d'un collège de Jésuites. ^
' Voir Pièces justiftcatives, note 10.
'^ Lettres patentes du Roi, voii- note 11.
La volonté du Roi trouva cependant encore des oppositions. Malgré une nouvelle requête des protestants,' M. de Fromigères, lieutenant pour le Roi à Metz, crut devoir passer outre. Messire Nicolas Coeffeteau, Évéque de Dardanie, dominicain, suffrag^nt et administrateur général de l'Èvèché, assisté d'un notaire apostolique, de plusieurs officiers de la garnison et personnes notables de la ville installa les Jésuites dans l'abbaye le jour de la fête de Saint-Georges.
Sur une seconde requête des réformés, le Conseil d'État, séant à Béziers, le 29 Juillet 1622, cassa et révoqua la mise en possession faite par Mgr Coeffeteau comme illégale en la forme. ^' I^n même temps le Roi ordonna «que lesdits Pères Jésuites continueront d'enseigner à Metz et seront mis en possession de l'abbaye Saint-Eloi par le Président royal à Metz ou par le Maistre - Echevin , nonobstant oppositions et appellations quelconques. A la charge toutefois, que lesdits Pères Jésuites instruiront et enseigneront aux bonnes lettres les enfants desdits habitants de Metz tant catholiques que de la R. P. R.^, sans les contraindre et empêcher dans l'exercice de leur religion ou de faire chose contraire à icelle. »
' Voir Pièces justificatives, note 12.
2 Voir Pièces justificatives, note i3.
•'' Rclii^ion Prétendue Reronnèe.