‹ Les Jésuites à MetzChapitre 9 sur 107 · CHAP. II. — ÉTABLISSEMENT DES JÉSUITES A METZ I · texte numérisé non relu

CHAP. II. — ÉTABLISSEMENT DES JÉSUITES A METZ I

bien songer.» Puis il leur demanda par c'crit ce qu'ils lui avaient dit et leur commanda de passer ce jour auprès de lui.

Le lundi de Pâques, Henri IV fit revenir le P. Armand, lui commanda de le venir trouver à Paris avec le Père Cotton, dont il avait entendu parler comme d'un fort bon prédicateur: «Je vous veux: avoir, ajouta le Roi, vous estime utiles au public et à mon Etat. » Puis en leur donnant congé, il les embrassa tous les quatre. ^

L'année suivante, malgré la résistance des protestants et surtout de l'LIniversité de Paris, les membres de la Compagnie de Jésus furent autorisés à rentrer en France. Les Messins firent alors de nouvelles démarches pour obtenir l'établissement d'un collège. La maison d'éducation dirigée par le chanoine Humbert ne faisait

* Voir pour l'entrevue d'Henri IV avec les Jésuites, de Thou, liv. CXXIX. — Chronologie septennaire, an 1 6o3, P. Mathieu, t. II, p 2.; liv. IV, 550; Sully, Mémoires, 1. XIV, p. 218; Galerie de l'ancienne cour, t. I, p. iqo; Girard, Histoire de la vie du duc d'Epernon. — Ckétineau Joly. Cette entrevue semble toute empreinte de la préoccupation profonde qu'Henri IV avait déjà manifestée en i 5q4 lorsque s'adressant aux députés de Beauvais, il leur disait : «Si la guerre durait encore longtemps, vous verriez le pauvre peuple français en telle ignorance, qu'il perdrait du tout la cognoissance de Dieu et la mémoire de le servir et honorer, au lieu qu'autrefois on a vu de tous temps les Français passer les aultres nations, soit en vertu, soit en armes, par les bonnes instructions que mes ancêtres, Rois de France, leur ont fait donner. J'établirai de si bons précepteurs à toute la jeunesse française que l'honneur en volera jusqu'aux confins du monde. Je n'ai aultre désir que vostre grandeur et pouvez vous assurer que mon travail sera pour vous agrandir et vous faire fleurir sous mon règne.» Mercure de France, fév. ijjS. Galerie de l'ancienne cour, t. I, p. l52.

que languir. En i6o5, par l'intermédiaire du duc d'Epernon, ils firent parvenir au Roi l'expression de leurs désirs. ^

Henri IV accéda volontiers à cette demande et fit expédier, la même année des lettres patentes; mais SuUv nous apprend dans ses mémoires par quelles menées il empêcha l'exécution de la volonté royale. ^

La supplique des catholiques au Roi montre combien l'hérésie avait gagné de terrain dans ces dernières années.^ Les protestants avaient obtenu cinq charges d'échevin, ils occupaient, à presque tous les degrés, les offices de judicature et de même que Sully s'était approprié trois abbayes, de même plusieurs protestants de Metz s'étaient fait attribuer des emplois auxquels afféraient des revenus destinés à soutenir des fondations catholiques ou des hôpitaux. ^

Les démarches des catholiques restèrent sans résultat immédiat. En 1621, la mort de Jean Ghéneau qui avait continué à s'attribuer le titre d'abbé de Saint-Éloy vint raviver les discussions. Les Prémontrés voyaient avec chagrin la suppression d'une abba}'e de leur ordre; ils présentèrent requête au Conseil, exposant que «Tabbaye Saint-Éloi avait été depuis quelques années transférée en un collège pour l'instruction de la jeunesse, avec suppression de leur ordre, sans les ouïr, ni appeler

' Voir Piùces justiticatives, note S.

2 Mémoires de Sui.i.v, liv. XXIll, tome VI, p. 267; voir Talle-

MANT DF.S RkAUX.

^ Voir Pièces justilicalives, note t).

'■ Mémoires de Suli.y, livre 23, t. 6, p. 267.

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