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quant pour \' aménager des classes, le Père recteur dut, par une nouvelle supplique, démontrer l'impossibilité de remplir immédiatement les conditions imposées par la ville, L'Assemblée, toujours bien disposée, en faveur des Jésuites, étendit à trois ans le délai primitivement fixé. 1
Le 12 Mai ibqy, Mgr d'Aubusson mourut à Metz; le collège perdit en lui un puissant protecteur; les pauvres, les malheureux, un père toujours prêt à soulager leurs misères. Titulaire de riches bénéfices ecclésiastiques, il avait cru devoir faire servir au bien de l'Eglise et au soulagement des misérables tous les revenus qu'il en retirait. En iIkj.^, il avait créé à l'Université de Pont-à-Mousson un séminaire pour les ecclésiastiques pauvres du diocèse de Metz. Son testament consacrait encore à cet établissement d'importantes libéralités. - Il légua sa bibliothèque aux Jésuites de Metz, réservant aux Lazaristes qui dirigeaient le séminaire Sainte-Anne le droit d'\' prélever, à leur choix, des livres pour une valeur de mille huit cents livres.
^ Archives de la Pref., {\)nds G.
- Fondation du séminaire pour les pauvres ecclésiastiques du diocèse de Metz établi dans le collège de Pont-à-Mousson. Metz, Brice Antoine, 1693, in-40.
En 1660, Anne d'Autriche avait fondé le séminaire Sainte-Anne iHôtel de Montgommery, rue de la Fontaine, en face de l'Hôpital Saint-Nicolas, dirigé par les Lazaristes).
Le séminaire de la rue d'Asfeldt fut dû à la munificence de Mgr. de Saint-Simon. A ce dernier établissement avait été uni, le séminaire de la paroisse Saint-Simplice, bâti et fondé en 1725 par Mgr de Coislin.
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Le K) Février UuiS, Messire Henri-Charles de CamboLit, duc de Coislin, Pair de France, membre de l'Académie française, nommé Evèque de Metz par lettres patentes du 26 Mai 1607, faisait son entrée dans sa ville épiscopale. En lyoS, l'Evèque de Metz publia un mandement où il ordonnait des prières pour la prospérité des armes du Roi, dans toutes les églises et chapelles du diocèse. Ces exercices eurent lieu chez les Jésuites le 3i Juillet lyoS. En 1708 et 17 10, les mêmes prières furent ordonnées, elles se tirent à la chapelle du collège les 16 Septembre i70(S et 9 Juillet 17 10.
Ees premières années de l'épiscopat de Mgr de Coislin avaient été affligées par de pénibles luttes avec le chapitre de la Cathédrale. ' Celles-ci étaient à peine apaisées, lorsque la bulle Uniu^ciiitiis vint éveiller de nouvelles discussions. Treize Evèques refusèrent de se soumettre. Mgr de Coislin, peu versé dans les discussions théologiques, mais entièrement soumis à deux vicaires-généraux que lui avait imposés Mgr de Noailles,
' Ces discussions commencèreni dès l'arrivée à Metz de IVlgr de Coislin. A la mort de son prédécesseur, luic brochure sur le cérémonial du chapitre de la Cathédrale avait été imprimée par les soins du princier et des chanoines. Par cet écrit, le Chapitre entendait se débarrasser complètement de la juridiction de l'Evêque. Cette querelle dura plus de vingt ans. Les doctrines jansénistes de l'Evèque et sa soumission aveugle au Cardinal de Noailles et à ses émissaires, tous étrangers au diocèse, avaient creusé un abimc entre l'autorité diocésaine et le clergé, l/allaire fut assoupie par des excuses que présentèrent les chanoines et leur renonciation aux prétentions qu'ils avaient émises.
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lors de sa nomination, fut du nombre. ' Le mandement de l'Evèque fut supprimé, par arrêt du Roi, le 5 Juillet 17 14, comme injurieux à Sa Sainteté et aux Prélats de l'Assemblée du clergé et censuré à Rome comme scandaleux, présomptueux et téméraire. Mgr de Coislin en appela à un futur concile. Un fort petit nombre d'ecclésiastiques avaient pris part à cette discussion, lorsque le Parlement excité par quelques esprits brouillons se mit de la partie. Trois ans après la publication de la bulle, la Cour souveraine défendit de recevoir aucune lettre ou bref du Pape, sans lettres patentes du Roi. Cette déclaration tardive n'avait d'autre but que de rouvrir la porte aux anciennes discussions, puisque le 24 Février 17 14, la Cour avait enregistré la bulle et autorisé sa publication. Enhardi par cette démarche, P'rançois Le GouUon de C^hampel, qui, à vingt six ans, venait d'hériter de la charge de Procureur-Général, appela comme d'abus de la bulle du Pape du 5 Septembre 1 7 i S (Litterœ adiiniversos fidèles).'^ Plusieurs écrits, plusieurs sermons, déférés au Parlement furent déclarés supprimés et cette législation.
' Les deux vicaires-généraux imposés par Tarchevêque de Paris étaient: Joseph Séron, docteur en Sorbonne, auteur de mandements sur la bulle Unigenùiis, condamnés à Paris et à Rome et Pierre Brayer, docteur en Sorbonne, grand archidiacre.
* Le père du Procureur-Général avait été protestant, il avait abjuré lors de la révocation de Tédit de Nantes. Ne pouvant plus être protestant, le fils s'était fait janséniste, ou plutôt il était imbu de ce vieil orgueil parlementaire qui, ne soutirant aucune autorité, avait fini par croire ses arrêts infaillibles et supérieurs à tout, même à ceux de la justice divine.
monument d'impuissance, qui a la prétention d'annuler les paroles prononcées et d'eiTacer les écrits, ne fut, alors comme toujours, qu'une provocation à de plus violentes disputes. Le 3o Juin 17 iQ, effra}'é du nombre considérable de contraventions que le Procureur-Général avait relevées, le Parleinent s'empressa, avec satisfaction, d'enregistrer l'édit qui suspendait toutes les disputes et contestations à l'occasion de la bulle Unigcuilus.
L'ardeur théologique des grands-vicaires se révéla de nouveau par les difficultés faites pour admettre aux ordres sacrés les jeunes clercs sortant des collèges de la Compagnie. ^
En 1721, le P. Tresse, ancien professeur de théologie à Pont-à-Mousson et confesseur du duc Léopold de Lorraine, fut nommé recteur; il y était encore lorsque Marie Leczinska qui venait d'épouser à Strasbourg le Roi Louis XV, fit son entrée à Metz le 21 Août 1725. Le Jeudi 23, vers les dix heures du matin, le duc de Noailles, commandant de la maison du Roi, présenta à la Reine les écoliers du collège qui venaient pour lui réciter quelques vers. «Elle les écouta avec cette bonté qui lui est si naturelle et voulut bien leur en donner une preuve plus authentique; elle permit que ces mêmes pièces qui venaient de lui être déclamées fussent chantées en musique pendant son diner. » ^ Déjà l'année précédente, lors de l'entrée en
' Voir Pièces justilicatives, note 2S.
'^ Relation du voyage de la Reine de Strashouri; à Metz, puis de Metz à Fontainebleau, Metz, 1725, V. Antoine.
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France de la duchesse d'Orléans, les élèves avaient été admis à lui faire leur compliment en vers.'
Pendant toute cette période, le collège poursuit sa marche normale, les études sérieuses, une éducation complète, des divertissements honnêtes ^ menaient au but que se proposaient les Pères. Un certain refroidissement se manifeste cependant dans les bonnes relations qui existaient avec les membres du Parlement. Plusieurs de ces magistrats, recrutés à Paris, professent des opinions jansénistes ou philosophiques. Cette colonie étrangère fait élever ses enfants loin de Metz, s'intéresse peu aux progrès et aux intérêts de la cité. Ils n'y résident que lorsqu'ils y sont contraints par les devoirs de leur charge.
Peu à peu, cette coterie finit par attirer à elle la plus grande partie de la cour souveraine. Toujours inquiète, vo^'ant partout des attentats à sa puissance et constamment empiétant sur tous les pouvoirs, elle se signale chaque année par des révoltes contre l'autorité royale, des luttes avec le Gouverneur militaire, des contestations avec les Evêques, le Chapitre et les administrateurs de la ville. r3eux fois, le Procureur-Général est exilé pour sa résistance aux ordres du Roi ; la Cour saisit le
1 Compliments en vejs du collège de Met^ de la Compagnie de Jésus par les écoliers du même collège à S. A. R. Madame la duchesse d'Orléans, lors de son entrée en France. Metz, J. Antoine, 1724, in-4''.
^ Josias, tragédie qui sera représentée par les rhétoriciens du collège de Metz, dans la salle des Pères Jésuites, le 25 février 1724. Metz, J. Collignon, 1724, in-40.
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prétexte de son rappel pour en faire un sujet de triomphe et cependant, de l'aveu de nos chroniqueurs, M. Le Goullon de Champel était universellement détesté dans sa ville natale. ^
En 1724, un jésuite d'une famille messine honorée et aimée, le P. Baltus fut nommé Recteur. Ses profondes connaissances n'excluaient pas une parfaite bonté ; ses élèves conservèrent pour lui le plus vif attachement et lorsque le célèbre chirurgien Louis fit orner les salles de l'Hôtel-de-Ville des médaillons en marbre des plus illustres enfants de Metz, il tint à y faire figurer le portrait du P. Baltus. -
Le maréchal de Bellisle vint remplacer comme gouverneur le maréchal d'Alègre. On sait de quelle façon il a renouvelé l'aspect de la ville. Admirateur passionné de notre vieille cité, il s'efib rça de l'embellir. Il acheva les fortifications, élargit les rues, augmenta les voies de communication, créa des places, fit construire des ponts. L'ancienne place du Change, avait pris le nom de place Saint-Louis depuis que M. Ferrand, curé de Saint-Simplice avait fait mettre au-dessus de la fontaine qui la décorait, la statue de saint Louis. Cette place n'avait de communications avec le centre de la ville que par des voies détournées ; le maréchal iit tracer une rue directe (rue neuve Saint-Louis et de la A'ieille Intendance) qui traversait les bâtiments du collège et
' Journal DUiiiisail du CliO'jiicr m--. Bi:i. champs (Bililiiith. du la ville). — MiCHici., Histoire Ju Parlement de Metj, p. 3c)-2. - Voir Pièces justilicatives, note 2g.
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lui enlevait environ mille pieds carrés. ^ Une large indemnité fut accordée, elle suffît non seulement pour reconstruire les façades des maisons condamnées, mais encore elle permit de reprendre les travaux de l'église. La première pierre du portail fut posée avec cérémonie par M. de La Bâtie, chanoine et do\'en du chapitre de la Cathédrale ; Mgr de Saint-Simon la bénit le •25 Novembie i73() et la consacra le i'^'" octobre 1741.^ En 1744, le 4 Août, Louis XV vint à Metz; la ville fit les plus grands efforts pour l'accueillir dignement. Dans la nuit du 8 au (), le Roi tomba gravement malade; le i5 au matin, on lui administra les derniers sacrements. La consternation, l'abattement, le désespoir se répandaient dans la ville ; tout le peuple assiégeait les avenues du palais; les églises ne désemplissaient pas. Le 16, le Roi cessa d'être en danger et le 20, il entra en convalescence; les démonstrations de la joie la plus vive succédèrent à l'affliction la plus profonde. Le 25, la Reine, informée qu'il y avait salut solennel chez les Jésuites, voulut y assister avec le Dauphin et Mesdames de France.
' i5 juillet 1733. Arrêt du Conseil du Roi ordonnant l'expropriation.— G sept. 1735. .Jugement du bureau des finances donnant l'alignement. — • Pétition du Recteur pour obtenir indemnité. (Arch. de la Prêt'., fonds G).
'^ L'église Notre-Dame est aujourd'hui la paroisse la plus importante de Metz. Elle a été construite par un Père de la Compagnie dont le nom ne nous est pas parvenu. L'architecture de cet édifice est d'un goût simple et sévère et rappelle les églises bâties d'après les plans des Jésuites en France et en Allemagne.
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L'abbé Jossct, chanoine de la Cathédrale, avait été prié par les Pères, de prononcer le panégyrique de saint Louis. A la fin de son discours, il saisit l'occasion de la présence de la Reine et de la maladie du Roi et cédant au mouvement général qui se manifestait en ce monient dans toute l'étendue du ro\'aume, il s'écria : « Non, jamais prince ne fut plus sincèrement regretté, plus amèrement pleuré, plus ardemment demandé, et si l'histoire lui donne un jour quelque titre, quel titre mieux mérité et qui fasse plus d'honneur à un Roi que celui de Louis le Bien-Aimé. » A ces mots, toute l'assistance, enlevée par un de ces mouvements qui ne se peuvent définir, se leva en criant : Vive Louis le Bien-Aimé! Hélas! les voûtes de cette même église devaient faire retentir d'autres cris. La responsabilité des orgies et des fureurs impies de lyqS retombe lourdement sur le souverain débauché et sceptique dont la maladie avait fait couler tant de larmes.
En 1742, le P. Jean de Maugre, professeur de rhétorique au collège et, à ce qu'il parait, critique assez mordant, offensa, dans une satire en vers, un président au Parlement qui avait la faiblesse de se croire bon poète. Les Jésuites se hâtèrent de donner satisfaction à la Cour souveraine en faisant partir de Metz ce jeune père qui en conçut assez de dépit pour quitter en même temps la Compagnie.'
' l>e P. Jean de Maunie, né à Sedan 2S lévrier 1714, entra élans la Compagnie en 173-, après avoir t'ait ses -études au collège de Sedan. Envoyé à Metz, il y professa les humanités et la rhéto-