CHAP. V. LE COLLÈGE DE 1686 A I762 G
L'année suivante, un enfant de douze ans, élève de la classe de sixième, découragé de ne pouvoir suivre sa classe, humilié des surnoms outrageants que lui donnaient ses camarades, se prosternait au pied de l'autel de Sainte-Marie-Madeleine (rue d'Asfeldt); ses prières furent exaucées et Jean- Nicolas Beauregard, doué d'une énergique volonté qui ne le cédait qu'à la ferveur de sa foi, devint l'un des premiers prédicateurs de son temps et le prophète de la révolution. ^
En i74<)» on envoyait comme Recteur à Metz, le P. Philippoteau Duchesne qui avait été Provincial de Champagne, après avoir présidé pendant plusieurs années à l'éducation des infants d'Espagne. ^
L'ouverture du jubilé de l'année sainte rySo fut l'occasion de nouveaux témoignages d'affection donnés
rique et fut victime de sa verve satirique. Ses vers, lus d'abord par quelques personnes, puis copiés, circulèrent dans les salons. Forcé de partir de Metz, le P. Maugre quitta la Compagnie et devint curé de Givet. Il est mort à Carignan, le 17 mai 1801. En ijSi, le P. Blanchard, né à Tourteron (Ardennes) le 12 octobre ijSi professait la rhétorique. Après la dissolution de la Compagnie, ce Père composa plusieurs ouvrages qui eurent un grand nombre d'éditions. Il est mort le i5 juin 1797.
' Voir Pièces justiHcatives, note 3o.
^ Le P. Jean-Baptiste-Philippoteau Duchesne, né en 1682 dans les Ardennes, fit ses études au collège de Reims, entra dans la Compagnie en 1700 et fut professeur à Reims, Verdun, Strasbourg et Metz. Il composa en 1730 un ouvrage intitulé : La science et la jeune noblesse qui fit jeter les veux sur lui pour diriger l'éducation des infants d'Espagne. II composa une histoire d'Espagne qui traduite en espagnole, eut un grand nombre d'éditions. Nommé en 1743 Provincial de Champagne, puis Recteur à Metz, il mourut à Dijon en 1755.
aux Jésuites par les Messins. Mgr de Saint-Simon avait fait venir douze de ces religieux. Ils pi-échèrent et tirent des conférences trois fois par jour à la Cathédrale, et une fois par jour dans les églises de Saint-Martin, Saint-Simplice et Saint-Marcel et, en allemand, dans l'église des Récollets. Le i8 Août, le chapitre de la Cathédrale lit une procession solennelle à la suite de laquelle une croix de mission fut plantée et fixée d'une manière permanente au haut des escaliers de la place de Chambre. Le chroniqueur Baltus qui donne ces détails ajoute: «Jamais le public n'a donné tant de marques de piété et de dévotion. >•>
Madame la maréchale de Bellisle mourut à Paris, le 5 Mars \jbb, à l'âge de quarante-six ans. La ville de Metz, voulant témoigner ses regrets, fit célébrer, le 5 Mars lySb, un service solennel suivi de l'éloge de la défunte prononcé au milieu d'un concours immense de peuple par le P. Bergeron.^ Deux ans après, Louis- Marie Fouquet de Bellisle, comte de Gisors, gouverneur de Metz et de Verdun, tombe frappé à la tête du régiment de carabiniers qu'il commandait à la funeste bataille de Creveldt. Cette fois, un Jésuite fut chargé d'exprimer la douleur que la ville entière partageait avec le maréchal, si cruellement frappé. Le P. Charles, de la maison des Missions ro3^ales de
' Cette oraison tunèbre a été imprimée à Metz chez Joseph Collignon, ij5G, in-40. On trouve en tête une vignette allégorique et les écussons du duc et de la duchesse de Bellisle. Le P. Bergeron était Récollet.