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LA REFORME A METZ

A ville de Metz si fermement attachée pendant près de quinze siècles à la Religion catholique; Metz, si fière de ses quatorze abbayes suivant la règle de saint Benoît, de ses vingt paroisses, de ses nombreux établissements hospitaliers et religieux, fournit d'ardents sectateurs au protestantisme, dès son apparition.

Ce fut surtout dans la haute bourgeoisie et dans l'aristocratie de la cité, au sein des familles dont les alliances et les intérêts se trouvaient en Allemagne que se recrutèrent les adhérents de la Réforme, tandis que le peuple resta fermement attaché à la foi de ses ancêtres. Dès l'origine, les deux camps se dessinent

nettement : les catholiques, alliés de la F'rance, les protestants, partisans de l'Allemagne.^

Les Réformc\s trouvèrent un protecteur en la personne du premier magistrat de la cité, Gaspard de Heu. Ce maître-échevin appela à son aide l'un des plus puissants promoteurs des doctrines nouvelles, le comte Guillaume de Furstemberg.

Le comte, secondé par le duc de Wurtemberg, par le landgrave de Hesse, par les municipalités protestantes de Strasbourg et de Francfort se présenta devant Metz, à la tète d'un nombreux corps de troupes. Le 9 juillet 1842, Gaspard de Heu leur ouvre les portes et les Allemands se précipitent dans la ville aux cris de Ville gagnée. Le peuple courut aux armes, refoula les envahisseurs et Furstemberg n'échappa à la mort que par une fuite rapide.

A la suite des Allemands, un ministre du nouvel évangile, Guillaume Farel, s'était introduit dans les environs de Metz. Il établit son prêche à Montign\ , et invita les prêtres catholiques à venir discuter avec lui. Un moine de Gorze, nommé Fidelis, confiant dans la bonne foi de son adversaire, se présenta. Après une courte discussion théologique, Farel, à bout d'arguments, appela à son aide les soldats allemands. Fidelis fut accablé de mauvais traitements et menacé de mort. Les représailles ne se firent pas attendre ; peu de jours

' Mkurissi:, Histoire des livéques de Met-, 1(134, et Histoire de l'hérésie djiis Li ville de Melj. n')^i. — Huguenin, Les chroniques de la ville de Met^, i838.

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