‹ Les Jésuites à MetzChapitre 3 sur 107 · CHAP. I. LA REFORME A METZ · texte numérisé non relu

CHAP. I. LA REFORME A METZ

après, Farci s'étant rendu à Gorze et a^'ant insulté un Jacobin qui prêchait sur l'Immaculée Conception, les femmes se précipitèrent sur lui, lui arrachèrent les cheveux et la barbe et lui eussent fait un mauvais parti, si les lansquenets de F'urstemberg ne fussent venus à son secours.

Après de nombreux pourparlers, les Messins, menacés par les princes allemands, acceptèrent à contre cœur qu'un ministre protestant fût reçu dans l'intérieur de la cité.

Le Cardinal de Lorraine, résolut de s'opposer à l'établissement des réformés dans le pays Messin. Appelé par lui, son frère, Claude de Guise, accourut avec un corps d'armée; attaqua Gorze, occupé par les Allemands, s'en empara et livra aux flammes, l'abba^'e et le château que les ennemis avaient transformés en forteresse.

Enhardis par le voisinage du duc de Guise, les Messins nommèrent comme maître-échevin un zélé catholique, Richard de Raigecourt. A la demande de ce magistrat, Charles-Quint envoya au commencement d'octobre i343, Charles Boisot, conseiller d'Etat et maitre des requêtes de l'Empire. Boisot expulsa le ministre Vautrin Dubois, cassa les traités et conventions conclus avec les réformés et ordonna le bannissement des novateurs. Cet édit fut publié le i5 octobre i SqS et strictement observé jusqu'en i552, époque de la reddition de Metz à la France.

A peine remis du terrible siège soutenu par la ville contre toutes les forces de l'Empire, les Messins dont

la destinée était dès lors inséparablement liée à celle de la France, songèrent à établir un collèi^e qui put former des défenseurs de leur foi. Dans ce but, ils députèrent à Henri II, a Reims, deux membres de la noblesse, Michel Praillon et Claude d'Abocourt. ' Le Roi accueillit leur requête et les adressa au Cardinal de Lorraine. Cx^lui-ci, alors occupé de la fondation de l'Université de Pont-à-Mousson, les renvoya avec de bonnes paroles, qui restèrent, pour le moment, sans effet.

Les décisions des Etats généraux et l'édit de Janvier i562, autorisant les Huguenots à exercer publiquement leur culte, ravivèrent les querelles religieuses. «A cette époque, dit Dom Calmct, les réformés lirent dans Metz un progrès prodigieux, tant par le grand nombre de personnes qui embrassaient leur créance que par le concours des protestants étrangers et des apostats prêtres qui, étant chassés de France, d'Allemagne et de Lorraine v étaient récusa bras ouverts.»^

Les prêches des ininistres retentissaient tous les dimanches de déclamations conti'e le célibat ecclésiastique; on V exaltait en revanche les mariages des prêtres, religieux et religieuses dont les apostats, qui afiluaient à Metz, donnaient fréquemment le scandaleux spectacle.

Les dissidents avaient de puissants protecteurs; le gouverneur François de Scépeaux, sire de \'ieiileville était gagné à leur cause; il avait marié sa (ille à un

' Voir IMùces juslificalives, note i.

^ Dom Calmict, I/isloirc lie Lorriiiiw, tome III.

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