‹ Les Jésuites à MetzChapitre 21 sur 107 · SUPPRESSION DE LA COMPAGNIE DE JESUS · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DE LA COMPAGNIE DE JESUS

E 25 Février 1762, le Parlement de Metz se préoccupa pour la première fois de la lutte que les autres Parlements avaient commencée contre les Jésuites. Le i'^'" Mars, le Procureur-Général, ce même M^' Le Goullon, qui, depuis quarante ans faisait une guerre acharnée à toute autorité, requit et le Parlement ordonna le dépôt dans un délai de trois jours des constitutions de la Société. Le R. P. Claude Jacquemin, alors recteur du collège, déposa aussitôt au greffe de la Cour, deux volumes imprimés à Prague» intitulés : Institutiim Soc. Jesii. Le Procureur-Général se disposait à faire connaître à la Cour le résultat de l'examen auquel il s'était livré, quand on reçut les lettres patentes du mois de mars, concernant les Jésuites. L'enregistrement en fut requis et des commissaires

nommes.

Les amis des Jésuites avaient demandé qu'une Commission nombreuse fut désignée, on rejeta leur demande. Le 24 mai, le conseiller François de Cabouilly se disposait à lire son rapport. Ce discours fut-il trouvé trop bienveillant? ne répondait-il pas aux ordres transmis? on ne le sait, mais il est certain que le rapporteur nommé fut écarté et que ce furent MM. Michelet et Bertrand qui rédigèrent le pamphlet juridique lu devant les Chambres assemblées, dans les séances des 25 et 26 mai. Cet écrit se terminait ainsi : «Que nos malheurs passés nous instruisent; combien de faibles élèves ont déjà reçu de leurs mains une doctrine pernicieuse et opposée à nos principes ; combien des forts séduits par les honneurs, la gloire et la richesse du monde qui leur ont été présentés du faîte du temple, ont fléchi le genou devant leurs maximes. N'attendons pas que la contagion soit universelle et que frappée d'étonnement, la France entière gémisse de se voir ultramontaine. »

Le 28 mai 17(12, le Parlement rendit un arrêt recevant l'appel comnie d'abus des bulles de 1540, 154? et i552 approuvant la Compagnie de Jésus.

Les deux principales imputations sur lesquelles M. Le Goullon avait basé son réquisitoire étaient les suivantes: i" le Général des Jésuites veut se mettre audessus des trônes et des tètes couronnées ; 2" la mort civile, que les membres de la Société s'imposent, répugne à la nature humaine. Dans ce réquisitoire, pas un fait n'est allégué contre les Jésuites de Metz, ils ne sont même pas cités; pas un argument n'est présenté

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en dehors des banalités qui s'étalaient dans les livres des philosophes et des réformateurs du XVIII"' siècle. Il concluait à la suppression de la Compagnie.^

Le même jour le Parlement condamnait le livre du P. Busembaum et les pages 35 1 et 352 d'un livre intitulé : Monoirc concernant Vlnstilul, la doctrine et les établissements des Jésuites en France, à être lacérés et brûlés par le bourreau.

Cet arrêt fut exécuté le 5 Juin, mais de crainte que le peuple ne prit ouvertement parti pour les victimes, il fut décidé que le livre et les pages incriminés seraient lacérés et brûlés par l'exécuteur de la haute justice, dans l'int-érieur de hrcour du palais, au pied du grand escalier, en présence seulement d'un commis du greffe et de deux huissiers.

' Réquisitoire du Procureur-Général suivi de l'arrêt rendu le Li.S mai 1762. Metz, Joseph Colliynon, in-4". — Demande au profit de défaut de M. le l^rocureur t;éneral du Parlement de I\lelz de l'appel comme d'abus de constitutions de la Société se disant de Jésus. Metz, Joseph Collii^non, 1762, in-4'j. — doiicliisiuiis prises après l'arrêt du Parlement de Metz, du 2S mai 17(12 et arrêt du 20 septembre. Metz, in-40, sans nom d'imprimeur.

Compte-rendu des Constitutions et de la doctrine des soi-disants Jésuites, in-8ù et in- 12°. Le Procureur-Général Ht faire plusieurs éditions.

Arrêt du Parlement qui juge comme d'abus interjeté par le Procureur-Général, des bulles, brefs, constitutions et autres règlements de la Société se disant de Jésus; fait défense aux se disans Jésuites et à tous autres de porter l'habit de la Société, de vivre sous l'obéissance au Général et aux constitutions de ladite société et d'entretenir aucune correspondance directe ou indirecte avec le Général et les Supérieurs de cette Société. Metz, Joseph Collignon, 1762 in-40.

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L'arrêt du 28 mai ordonna que l'on procéderait à des inventaires de tout ce que possédaient les Jésuites à la date du G septembre 1762 et que ces inventaires seraient joints aux pièces du procès. ' Le 20 septembre, le Parlement déclara qu'il y avait abus dans les bulles instituant la Compagnie des soi-disants Jésuites, lit défense à tous les ci-devants Jésuites de porter l'habit de la Société, de vivre sous l'obéissance du Général et d'entretenir aucune correspondance directe ou indirecte avec les Supérieurs de la Société. La spoliation de tout ce qu'ils avaient fut prononcée, (Jn défendit en outre de leur confier aucune fonction s'ils ne se soumettaient à prêter le serment suivant : o Je jure et promets à Dieu et au Roi d'être inviolablement fidèle sujet de Sa Majesté, de tenir et enseigner les quatre propositions du clergé de France de 1682, les libertés de l'Eglise gallicane, de combattre de tous temps la morale pernicieuse contenue dans le compte-rendu de la Gourdes 24," 25 et 26 mai dernier de la doctrine des ci-devants Jésuites et notamment les articles attentatoires à l'autorité du Roi, à la sûreté de sa personne sacrée à l'indépendance de sa couronne, ainsi que de toute autre autorité ecclésiastique et de me conformer en tout aux dispositions de l'arrêt de la Gour du 20 septembre dernier, dont lecture m'a été faite. »

Tous ceux qui consentaient à prêter ce serment et qui avaient plus de trente-trois ans révolus devaient

Voir Pièces justiticatives, note 3i.

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toucher une pension annuelle de 25o livres, soit treize sous par jour, pension hypothéquée sur leurs propres biens. Aucun des dix-neuf membres de la Compagnie qui se trouvaient à Metz ne consentit à prêter ce serment. '

Appelés à comparaître, les Pères ne se présentèrent pas; ils pensèrent, à l'animosité mise à les poursuivre, que la cause était jugée d'avance. Les libelles, les brochures, les réquisitoires contre la Compagnie avaient été répandus en grand nombre. On ne connaît pas un seul écrit par lequel les Jésuites de Metz aient essaN'é de conjurer leur perte. ^ Une sorte de terreur avait étouffe toutes les plaintes. A peine pouvons-nous relever quelques rumeurs soulevées par les pauvres qui, chaque jour, trouvaient aux portes du collège les secours destinés à alléger leur misère ; quelques protestations de leurs élèves dont ils avaient su se faire aimer; quelques récriminations tardives de ceux qui étaient attachés sincèrement à Dieu et à leur patrie, mais ces protestations ne connaissent guères qu'une formule : la prière, et cette forme, toute puissante au ciel, laisse peu de traces en ce monde.

Ainsi fut fermé, à Metz, le premier collège de la Compagnie de Jésus.

* V(Mr Pièces justificatives, note 32.

- Dans l'arrêt du Parlement de Metz, il est dit que les Recteurs du collège des Jésuites du ressort ont présenté une requête aux fins d'obtenir un délai pour présenter une défense légale, sur laquelle requête il aurait ete mis : refutata. (Cerutti, Apologie des Jésuites. Soleure, ijôS, in-8o, p. 39.)

A bien peu d'exceptions près, tous les Messins qui ont honoré leur patrie, durant l'espace des cent-quarante années écoulées de la fondation à la fermeture du collèi^e, ont été élevés par les Jésuites.

Les (jcolfroy, Maniiel, Auhurtin, Durand, Bertrand, de Blair, de Chazelles , Georges de Chelaincourt, Evrard, Charpentier, Favre, Fériet, Dutertre, Jobal, de Laubrussel, La Vallée de Pimodan siégèrent au Parlement.

Les Gabriel, Fagnier, Dilange, Baltus, Rulland, Thorel, Lepage illustrèrent le barreau. Dans les rangs du clergé, on compte Langlois, Gissey, Foës, Jeoffroy, de Beausire, Durand, Michelet, Marchand, Dom Gaugué, de Gourcy, l'Evèque de Québec, Dosquet, et les abbés Chantant de Vercly dont l'un fut Directeur du collège de Pontlevoy et le second, supérieur général des Antonistes de F'rance.

A l'armée, on remarque les Fabert, d'Epernon , de Beausire, Baltus, GouUet de Rugv, Lacroix d'Evry, de Chazelles, Dupasquier de Dommartin, Durand, Foës, Georgin de Mardigny, Couei de Lorry, Leduchat, Malherbe, de Saint-Aubin, de Belchamps, du Buat, Dubalay, Marien de Betting.

Lançon, Maujean de Labry, Pacquin de Rupigny, Séquer, Pantaléon, Auburtin de Bionville, le baron Poutet en sortirent pour diriger l'administration de la ville.

Aux savants, ils donnèrent : Bécceur, Buchoz, Platine, Foès, Louis, Michel du Tennetar, Le Goullon, Gardeur, I>ebrun, Michelet d'Enner\'.

Aux littérateurs: Ancillon, Baltus, Blouet, Chenu, de Chazelles, Dumont.

Dans les contrées voisines, les Soucelier, Hue de Saint-Rem\', P^this de Corny, de Clémer\-, Dattel de Luttante, de Ferriol, Gomé, de ^^^atronville, Dupasquier, Larminat portèrent très haut le renom du collège de Metz. Léopold de Lorraine appela à ses conseils les Breton, les Hu}'n et de Serre.

Parmi les hommes élevés dans les autres collèges des Jésuites, depuis l'illustie Bossuet jusqu'au comte de Gisors, au marquis de Bouille et au premier président Chifflet, tous se transmirent les mêmes traditions.

La Compagnie de Jésus elle-même recruta à Metz un brillant personnel : Raigecourt et Gournay, Bertrand, Hdr\', Dollière, Malapert, Broquard, Gu) on, d'Haraucourt, Baltus, Saint-Jurc, de Belchamps, Beauregard. Collas, Derand, Laas, Hollande de Colm\, Johal, de Laubrussel, Béraud Bercastel, Andr}', héritent des vertus, des talents et de la science de ceux qui les ont élevés. '

Chassés de F'rance, les Jésuites de Metz cherchèrent un refuge en Lorraine, où Stanislas, ne cessa de leur donner des marques de son attachement. Le rôle de ce prince que l'on a surnommé à bon droit le Bienfaisant a été oublié par l'historien des Jésuites. Tous les mo\'ens furent employés par son ancien sujet, Choiseul , pour l'engager à imiter les Cours de

Voir Pièces justificatives, note 33.

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Portugal, de France et d'Espagne. Stanislas refusa et fut inflexible. Madame de Pompadour dans une lettre à Madame de Baschi écrit: «Stanislas aime fort les Jésuites qui dirigent sa conscience et ses revenus, ainsi les voilà en bonnes mains. Cependant, par égard pour son rang, son âge et ses vertus, la proscription de ces honnêtes gens ne s'étendra pas jusqu'en Lorraine; ce bon Prince en mourrait de chagrin et il est bon qu'il vive encore pour l'exemple des rois et le bien des peuples.»' Chacune des années du règne de Stanislas est signalée par quelque nouveau bienfait accordé aux Jésuites. " Non content de la fondation de la maison des missions diocésaines (Grand séminaire de Nanc}') de la création de nombreuses chaires et de la constitution de bourses dans les divers collèges de la Compagnie, Stanislas contribua en 1762, par un don de 5o,ooo, livres à l'acquit des dettes des Jésuites de Lorraine et paya les 2 5o,ooo livres dont était chargée la Province de Champagne dans la répartition des dettes de toutes les maisons du royaume.

Stanislas mourut le 23 février i7<)(). La Cour sou-

' Mémoires de la marquise de Pompadour. Correspondance. Lettre i85, tome V. Paris Lepetit 180S, in-iS.

2 Lettres patentes, 21 mai 17^0, 21 mars 1740, 28 juillet, 27 décembre 1740, 7 et 27 mai 1741, 10 mai 174?, 17 septembre 1748. Actes sous seing-privé, 18 juin i7('>o. Déclaration 17 octobre 1763.

Brevet: 6 mars 1743. Contrats 28 juin 1742, i3 mars 1744, 25 avril 1750, 8 octobre 1749, 5 janvier 1753.

Lettres patentes, 4 septembre 1752, 17 mars i7(k), 29 mars 1761.

Table du Recueil des ordonnances et règlements de Lorraine jusqu'en 1773. Nancy, Babin, in-4''. articles: Fondations, Jésuites.

veraine de Nancy fut forcée de se conformer aux lois qui régissaient le royaume. Pendant deux ans, elle lutte encore et ce n'est qu'au i^'"' septembre lyivS qu'elle signifie le décret supprimant la Compagnie. Dans l'exécution, on observe tous les ménagements possibles. Les .Jésuites ne sont astreints à aucun serment, à aucune déclaration. Il leur est permis de vivre, en particulier, dans toute l'étendue du royaume «en bons et fidèles sujets et suivant les lois de l'Etat», tous reçoivent une pension : 400 livres pour les Pères, 200 livres pour les Frères.

L'influence de la Compagnie de Jésus, à Metz, ne saurait être mise en doute. Prédisposée par ses tendances lédéralistes, par les guerres civiles et religieuses, par le mauvais choix des officiers désignés dès le début pour gouverner la ville, par le relâchement qui s'était mis dans le clergé régulier et séculier, Metz fut devenue une ville protestante ; elle eut abandonné le glorieux drapeau qui lui est si cher. Qui représente à Metz le parti français, le parti catholique, puisque Metz protestante eut infailliblement fait retour à l'Allemagne? C'est Thévalle, cette noble figure historique, Thévalle patient et juste qui refuse d'exécuter les massacres de la saint Barthélémy et ne permet pas l'oppression des catholiques. Thévalle s'appuie sur le P. Auger. C'est le Cardinal de Lorraine qui envoie le P. Maldonat, C'est Fabert, l'ami du P. Adam. Plus tard c'est le maréchal de Schomberg, Bossuet, Mgr d'Aubusson, le maréchal de Bellisle. Dans le siècle compris entre i65o et lySo Metz, brille entre toutes les villes de France, par la

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modération et la sagesse de ses habitants, par leur patriotisme, par sa bonne administration. Nier le rôle des Jésuites dans cette situation, c'est nier le rôle de l'éducation dans la vie de l'homme.

A la place du collège c"[u'on venait de fermer, il fallait cependant créer quelque nouvel établissement d'instruction. Le Parlement s'empara du droit d'en choisir le personnel, déniant à la ville toute action dans ce choix qui l'intéressait cependant à un plus haut degré. Louis Rœderer, substitut du Procureur-(iénéral, fut délégué à cet effet; il se rendit à Paris et s'adressa au Recteur de l'Univeisité. Lebeau lui fournit immédiatement un personnel quelconque. Rœderer en informe le Parlement, s'excusant toutefois d'avoir été forcé de choisir un prêtre pour principal. ' Ouvert le i"^'' novembre 17(33, ce nouveau collège subsista cinq années. Pendant ce temps, les huit professeurs qui le dirigent sont changés plusieurs fois. On crée un pensionnat, mais on renvoie le professeur de phvsicjue «attendu que les écholiers sont partis. » Enhn la désorganisation arrive à un tel point, qu'au milieu de l'année scolaire 176.7- 1768 le collège dut fermer ses portes.

' Rœderer reçut ordre, par arrêt du l'arlemcnt du ijoctolire 1762, de se rendre à Paris; le i3 novembre il était de retour. Le Parlement, en témoignage de satisfaction ordonna que ses frais de voyage lui seraient remboursés sur le simple état, en gros, qu'il fournirait. Il demanda 104S8 livres i\ deniers. On lui ofl'rit, en outre, un présent d'aigenterie d'une valeur de (Sooi,) livres, le tout payé sur les biens du collège. Voir Pièces justificatives, note Sq.

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Dans le mémoire présenté, le 25 septembre 1762, au bureau d'administration du collège, Rœderer avait dit: « d'abord point de moines. Tout religieux imbu des règles et des institutions monacales est peu propre à former le cœur et l'esprit d'un citoyen. » Cinq ans seulement se sont écoulés et l'administration de la ville s'adresse aux Bénédictins de Saint- S3'mphorien pour les prier de prendre la direction du collège. Le Parlement se garde bien cette fois de réclamer la prérogative qu'il s'était attribuée en 1762. Les savants religieux qui dirigèrent cet établissement y relevèrent bientôt le niveau des études : Lacretelle, Colchen, Blouet y tinirent leurs études commencées chez les Jésuites ; le comte Rœderer, Charles de Villers, les Duquesney, le baron Dupin, le comte de Bournon, le baron d'Hannoncelle, le général Lallemand, le baron Marchant}- firent toutes leurs classes. 1

Déliés de leurs vœux parla révolution, les Bénédictins dirigèrent le collège jusqu'en 1794. Chassés à cette époque, ils se fixèrent à Metz ou dans les environs, mais ne paraissent pas avoir été inquiétés. Le dernier directeur du collège, Dom Collette, mourut en 1827, chanoine de la Cathédrale.

L'an IV vit ouvrir les écoles centrales ; les premiers professeurs en sont des prêtres apostats, des religieux mariés ; dès l'année suivante, ils sont contraints de fuir devant Tindignation générale, de nouveaux professeurs les remplacent. Les cours avaient lieu dans le couvent des Petits Carmes (la bibliothèque de la ville). Pendant

Vcjir Pièces justificatives, note 35.

ce temps l'ancien collège des Jésuites était profané. On avait détaché et vendu comme biens nationaux tous les bâtiments qui en avaient fait partie. L'église fut convertie en club, elle servit à la célébration des mariages républicains. Tous les décadis du mois, les futurs époux venaient devant un amphithéâtre occupé par les musiciens et les acteurs du théâtre. Le magistrat, après un discours républicain et vertueux, unissait les époux. Après chaque niariagc, les artistes chantaient des hymnes patriotiques et l'orchestre jouait une phrase musicale. Heureusement, la foi n'était pas morte à Metz, beaucoup de prêtres ont pu passer l'époque de la Révolution sans y être inquiétés, et bon nombre des unions avaient été bénies par l'Eglise, lorsque les Jeunes gens venaient se soumettre à ces stupides bouffonneries. En 1804, TEglise est rendue au culte, elle est consacrée à la Sainte Vierge, elle en porte le nom.

Quant aux Jésuites, il n'en reste plus à Metz; tout a été fait pour éteindre jusqu'à leur souvenir. Le Souverain-Pontile lui-même s'est joint à leurs ennemis. Ils se sont inclinés et se sont réfugiés en Allemagne, en Russie, où la Providence leur a ménagé un abri pendant l'orage. Ils avaient peuplé la Erance de collèges où près de 70,000 enfants recevaient une instruction gratuite; ils sont chassés et tout s'effondre. ' Un monde nouveau s'élève; la terreur règne et la force prime le droit.

Voir Pièces justiticatives, note 36.

p. POTOT.

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