‹ Les Jésuites à MetzChapitre 22 sur 107 · DE METZ · texte numérisé non relu

DE METZ

Ei'Uis 1762, près d'un demi siècle s'est écoulé et cependant le régime de la Terreur trouve I encore quelques Jésuites survivants. Ce sont ses premières victimes. Une vingtaine d'entr'eux sont compris dans le massacre de l'église des Carmes, en i7t)2, à Paris; d'autres périssent sur les échafauds, ou expirent, jetés sur des plages lointaines. Parmi ces derniers quelques uns appartiennent a notre région : le Père Baudoin, de Thionville, les Pères Nicolas Cordier, Macusson, de Romécourt, etc. D'autres Jésuites, exilés de leur patrie, errent, cherchant les membres de leur famille dispersée. C'est en Russie que les débris épars de la Compagnie ont trouvé un asile. C'est là que va les rejoindre le P. Billy, né dans le diocèse de Metz,

l'un des six Pères français qui, après avoir assisté à la destruction de leur ordre, furent témoins de sa résurrection en France. C'est en Russie qu'entrèrent dans la Compagnie de Jésus : le P. Richardot, successivement supérieur des collèges de Mohilow et d'Orcha et de l'Université de Polotzk et le P. Coince, né à Metz, en 1764 qui fut recteur du collège de Riga et curé de l'église catholique de Saint-Pétersbourg.

Vers la même époque, la Société des Pères de la Foi préparait de nouvelles recrues à la Compagnie, le P. Robert Debrosse, né à Chàtel, dans l'ancien diocèse de Metz. Séminariste au moment de la Révolution, il avait dû émigrer en Allemagne où il reçut le sacerdoce. S'étant engagé dans la Société des Pères de la Foi, à sa rentrée en France, il avait été supérieur du collège de Bellev, le plus florissant de ceux que cette congrégation ait dirigés. Au mois de juin 181 o, chassé par la police de Napoléon, menacé d'être déporté à Cayenne, le P. Debrosse se réfugia à Metz où il se tint cache' sous les humbles fonctions d'aumônier de l'hospice Saint-Nicolas. Son zèle ne se borna pas à consoler les malades. Effra3'é des ravages que les mauvaises lectures causaient dans la classe ouvrière, il rassembla quelques centaines de volumes et fonda la première bibliothèque populaire ; heureuse initiative d'une œuvre qui devait prendre d'immenses développements non seulement dans le diocèse de Metz, mais dans toute la France. Le séjour à Metz du P. Debrosse ne fut pas très long; tout à coup, au milieu de i8i3, par une mesure de cette police ombrageuse qui poursuivait partout les

Pères de la P^)i et s'etfarouchait même de leurs bonnes œuvres, le P. Debrosse fut obligé de partir pour les Ardennes. Bientôt après, il fut nommé curé à Bouillon.

Le P. Debrosse laissait à Metz un disciple fervent auquel était réservé la mission de rétablir les Jésuites dans notre ville. Ancien avocat, puis officier distingué des armées de la République, Dieudonné Potot voyait s'ouvrir devant lui la carrière la plus brillante, lorsqu'à vingt-huit ans, blessé grièvement au siège de Mannheim, il vit comme saint Ignace s'évanouir toutes les espérances de la gloire humaine. Le brillant officier supérieur alla s'asseoir sur les bancs du séminaire, devint prêtre et bientôt après chanoine de la cathédrale de IVietz. Les rapports de M. Potot avec le P. Debrosse avaient contribué puissamment à ce résultat. Porté à une rigueur excessive par son éducation, par son tempérament, par les habitudes contractées au service militaire, Potot eut probablement adopté une religion étroite, voisine du jansénisme; le P. Debrosse dilata ce cœur, lui apprit à obéir et surtout à aimer.'

Sur ces entrefaites, parut le 7 août 1814, la bulle de Pie VII qui rétablissait la Société de Jésus. Le P. Debrosse n'attendait que la résurrection de la Compagnie pour y entrer. Potot le chargea d'offrir à ses supérieurs la maison qu'il possédait a Metz pour }• établir une résidence.

Le P. Debrosse fit part de la proposition de M. Potot;

' Voir Pièces justificatives, note S/.

à ce moment on ne put y donner aucune suite; le nombre des Pères était loin de suffire aux nécessités des nouvelles créations et, de plus, comme à l'origine presque tous les membres de la Société étaient astreints à suivre les exercices du noviciat, tous devaient se réunir autant que le permettaient les exigences de leurs collèges. L'abbé Potot ne se laissa pas décourager. En i8i(), il fit prier publiquement à la cathédrale et dans d'autres églises pour obtenir le rétablissement des Jésuites à Metz. De nombreuses démarches furent renouvelées dans ce sens en 1826, 1828 et 1829 tant par l'abbé Potot que par Mgr Besson, Evéque de Metz. En 1827, les prédications ordinaires du carême à la cathédrale se terminèrent par une retraite pour les militaires prechée pendant huit jours par un Jésuite, le P. Claude Gu\on. Huit cents soldats suivirent les exercices de la retraite qui se termina le Dimanche des Rameaux par une communion générale à laquelle prirent part plus de trois cents homines. Signe caractéristique de l'époque, un seul officier, un Colonel d'artillerie, eut le courage de braver le respect humain et de se présenter à la Table sainte avec ses soldats. La cathédrale ornée de faisceaux d'armes, de trophées et de drapeaux offrait un spectacle splendide.

En 182S, les collèges des Jésuites sont fermés. En i83o, Saint-Acheul et Monti'ouge sont pillés et incendiés; les quatre cent cinquante Jésuites qui se trouvaient en France sont pourchassés, traqués et forcés de se réfugier à l'étranger.

Au milieu de ces temps néfastes, Mgr Besson re-

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noLivela ses instances; c'est à Sainte-Glossinde, dans les dépendances de son palais épiscopal qu'il ofl're un asile aux enfants de saint Ignace. Poussé par de pieux prêtres, par l'abbé Fidry, par l'abbé Uhrich que leur âge seul a empêchés d'entrer dans la Compagnie ^ et surtout par l'abbé. Potot, il insiste pour obtenir une résidence à Metz.

La révolution de juillet semblait avoir ruiné à jamais l'espoir de voir se réaliser ce vœu. La Société des missionnaires diocésains, dont l'abbé Potot était directeur, venait d'être dissoute ; les œuvres de charité réduites au silence; les fondations religieuses étaient compromises. La Société de Jésus semblait encore une fois, du moins en France, anéantie et proscrite à jamais. C'est ce moment où tout semble désespéré que la Providence choisit pour accomplir ses desseins.

Le 2 5 janvier iNlvi, l'abbé Potot, écrivant à son ami le P. Debrosse, renouvelait les offres si souvent faites en vain. Connaissant la détresse dans laquelle se trouvaient les Jésuites depuis leur dispersion, il mettait à leur disposition une somme de trente mille francs: (f un motif tout particulier, ajoute-t-il, pour votre venue ici, c'est que si le gouvernement accorde la liberté d'enseignement, il existe, dans Metz, une abbaye de bénédictins dont on pourrait faire l'acquisition et qui aurait sur le lycée de la ville un avantage inappréciable, celui d'une belle église. »

' Voir Pièces justificatives, note 38.

go LES .1ÉSU1TES A METZ

Cette parole en quelque sorte prophétique passa probablement bien inaperçue a ce moment; mais le R. P. Druilhet, récemment nommé Provincial, ému de l'insistance de l'abbé Potot, arriva à Metz, le 9 avril i S32, pour se rendre compte par lui-même de l'état des choses. Il descendit chez l'abbé Potot et dès le lendemain se rendit à l'Evèché. Mi^r Besson eut à peine entendu le Père lui indiquer le but de son voyage qu'il lui exprima toute sa joie et le pria de hâter la réalisation d'un projet qu'il était prêt à favoriser de tout son pouvoir.

Le Père Provincial céda à tant de st)llicitations. Le nom de l'abbé Potot était une sauvegarde contre les fureurs révolutionnaires; n'avait-il pas en i83o, protégé l'Evèque et le clergé contre les colères d'une foule ameutée par quelques meneurs. La ville de Metz était au milieu d'une vaste région, Lorraine, Barrois, Verdunois, Alsace, où ne se trouvait alors, aucune résidence de la Société. Enfin, les subsides oiïerts par le vénérable prêtre qui, lui-même demandait à entrer dans la Compagnie, permettaient de soulager quelques unes des infortunes les plus pressantes. Une seule cht)se embarrassait l'Evèque, il avait offert les dépendances du palais épiscopal pour 3' loger les Pères; il fallait réparer les locaux attectés à cet établissement, les meubler et les ressources lui manquaient.

L'abbé Potot rassura l'Evèque; pour installer la résidence, il offrait sa maison, contiguè à l'église Saint- Martin, toute meublée et prête à recevoir les Jésuites, Mgr Besson s'écria alors les larmes aux yeux: «C'est une providence! 11 n'y a pas à balancer. La Providence

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a commencé, la Providence achèvera. Il faut nous y confier entièrement.»

Le 8 novembre i832, le Père Morin arriva à Metz. On avait entouré son arrivée d'un certain mystère. L'autorité civile était hostile; la magistrature et la bourgeoisie, imbue de préjugés; les militaires, indifférents; le peuple, ébranlé par tant d'écrits absurdes se forgeait du Jésuite, l'idée d'une sorte de monstre indescriptible.

L'abbé Potot n'eut aucune inquiétude. Il présenta partout le P. Morin au clergé, à ses amis, à tous ceux qu'il avait occasion de rencontrer: «C'est un Jésuite, il vient pour résider à Metz» La première impression de beaucoup était une sorte de stupeur en se trouvant en présence d'un vrai Jésuite, mais la confiance du vénérable prêtre, l'aménité de caractère du nouvel arrivant gagnèrent tous les cœurs et de nombreux témoignages de s\mpathie vinrent de toutes parts donner confiance pour l'avenir.

Le 7 janvier iN33, le P. Ronsin vint à Metz, trouva la résidence bien installée et reçut l'abbé Potot dans la Compagnie. Le R. P. Général l'avait autorisé à faire à Metz, une partie de son noviciat. Vers la fin de l'année, il partit pour Estavaver, d'où il revint, en 1834, terminer dans sa ville natale une carrière si bien remplie.

Dès le début, les Jésuites eurent à Metz une action considérable. Le Chapitre reçut les Pères avec grand honneur et leur donna l'autorisation d'officier et de confesser à la cathédrale; les curés de Saint-Martin et de Sainte-Ségolène leur ouvrirent leurs églises. Les

Pères passaient de longues heures au confessionnal. De toutes parts on aftîuait à la Résidence et les membres des diverses classes de la Société se trouvaient souvent fort étonnés de s y rencontrer.

Comme prélude et premier essai, ils prêchèrent une retraite au petit séminaire. Le succès en fut considérable. Les enfants disaient hautement que jamais on ne leur avait parlé comme cela. En i833, les Pères de la Résidence de Metz avaient dirigé quarante retraites et donné trois-cent-cinquante sermons. Jamais, lit-on, dans les Lettres annuelles de la Province de France, on n'avait vu les Pères travailler autant, si on considère leur petit nombre. Dans la suite, ils donnent les retraites annuelles des séminaires de Metz, Verdun, Nancy et Saint-Dié, ainsi que celles de toutes les communautés religieuses du diocèse. Le P. Chable fonde à la cathédiale l'œuvre des Allemands; le P. Gaillat reprend dans cette même basilique la série des prédications du mois de Marie que le P. Potot avait introduites à Metz en icS'22 et qui, à part un petit nombre d'exceptions, furent chaque année, pendant quarante ans, préchées par des Pères de la Compagnie. Le P. Cloriot dirige la retraite ecclésiastique du diocèse. Avant de quitter Metz, le P. Barthés, imitant une œuvre qu'il avait vue installée à Angers, fonda l'établissement du Bon Pasteur. Le P. Potot réorganise à la Cathédrale la confrérie du rosaire érigée en icSoq par Monseigneur Biena\ mé et continue avec succès à diriger l'œuvre des soldats.

Au mois de janvier i835, on annonce la visite du

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R. P. Renault, qui avait remplacé le P. Druilhet, dans la charge de Provincial. A tort ou à raison, on s'effra3'ait de cette visite, le Révérend Père a3'ant énoncé hautement l'opinion qu'il y avait lieu de supprimer les résidences qui ne pouvaient réunir au moins douze à quinze religieux. La maison de Metz était précisément dans ce cas. Elle devait se suffire avec les quatre mille francs de rente que le P. Potot avait laissés et les locaux convenables pour une modeste famille ne se prêtaient à aucun développement. On fut donc tout surpris de voir le Père Provincial tellement ému des témoignages de sympathie dont on entourait les Jésuites qu'il dit à plusieurs reprises : « Nulle part, une maison de Jésuites ne peut être mieux qu'à Metz. «

A son départ, le Père Provincial laissa comme supérieur le P. Morin. ^ Ce père qui dirigea la résidence de

' Liste des Supérieurs de la Résidence de Met^. P. Morin François, 8 novembre i832

(né i^r nov. 1797. — S. J. 17 oct. 1826. Mort 18 oct. 1848 ) P. Bayakd Emmanuel, i<''' janv. i833

(né le 19 mai 1790. — S. J. 18 oct. 1814.) P. MoRiN François, i3 janv. i835.

P. Grail Jean-Baptiste, i*^"" nov. 1840

(né 12 juillet 1789. — S. J. 10 sept. 1S23.) P. MoRiN François, i""' oct. 1842.

P. Huss Jean-Baptiste, i5 oct. 1846

(né 27 janvier i8o3. — S. J. i5 sept. 1823.) P. Desbouillons Joseph, 19 sept. 1849

(né 18 déc. 1791. — S. J. i 5 sept. 1816.) Le 27 juillet i85i, la résidence de Metz fut absorbée par le nouveau collège.

Metz pendant plus de douze ans fut, après le Père Potot, le véritable fondateur de cette maison.

En i833, un prêtre du diocèse de Nancy, qui avait été professeur à Lyon, M. l'abbé Bureaux, docteur en droit canon, reprit à Metz les traditions de l'enseignement chrétien interrompu dans cette ville depuis la Révolution. Les vieilles familles messines firent au nouvel arrivant un excellent accueil. L'abbé Bureaux mettait au service de leurs enfants, non seulement un profond savoir, mais encore un rare talent d'organisation, une étonnante activité et un don merveilleux de communiquer la vie à tout ce qu'il entreprenait. Logé d'abord, rue des Prisons militaires, il parvint à acquérir une partie de ce qui restait de l'ancien couvent des Augustins. ^ Pendant quatorze années, l'institution Saint-Augustin se soutint, luttant pied à pied contre le monopole universitaire, forcée d'envo\'er ses élèves suivre les cours du lycée à partir de la classe de troisième ; obligée de subir toutes les inspections et les vexations d'une administration tracassière et tyrannique et réduite à soumettre toutes ses aspirations vers le bien et toutes les améliorations désirables aux calculs d'une sage prudence. Secondé par des maîtres laïcs, pourvus de titres universitaires, l'abbé Bureaux parvint à organiser un programme sérieux d'enseignement. Il suftit pour s'en assurer de consulter les listes des anciens élèves de l'institution Saint-Augustin, parmi

' Voir Pièces justilicatives, note 39.

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lesquels on rencontre un grand nombre de noms qui font honneur à leur ville natale J

Des le commencement de son œuvre, l'abbé Bureaux chercha un appui auprès des Jésuites. Lié intimement, avec le P. Morin, il appelle les Pères chaque fois que cela lui est possible. Nous relevons sur le Diarium de la résidence le nom des Pères désignés pour prêcher les retraites de première communion, confesser les élèves ou donner quelque sermon à l'occasion de la rentrée, de la fête patronale ou de quelqu'autre grande fête. Bien plus et cela répond à ceux qui ont supposé quelque mésintelligence entre les Jésuites et l'abbé Bureaux, nous voyons presque chaque année, le nom du Directeur de Saint-Augustin, parmi les amis de la maison conviés le 3i juillet, jour de la fête de saint Ignace, à s'asseoir au banquet de famille.

Le Père Potot, revenu du noviciat d'Estava3'er, avait prononcé ses vœux, le 25 mars i835, dans la petite chapelle de la résidence. Pendant une année il sur-

' Sur les listes des anciens élèves de l'institution Saint-Aui^ustin on relève les noms d'Alphonse et Stanislas Mennessier, deux jeunes officiers d'avenir tués à Magenta, des Colonels de Vassart et de Franchessin tués à Frœschwiller, des généraux Lanty, des Essarts, Mennessier de Lalance, de Brie. Le général Roux de Montlebert et son frère intendant-général. Tardif de Moidrey, général au service de l' Empereur de Chine. Les colonels de Viville, de Chérisey, de Montbel. Le général Eugène Mangin et son frère, inspecteur-général des forêts. L'abbé Michaut, supérieur des Oblats ; le docteur Michaux, l'abbé Risse. Les de Gargan, Didiun, Dorr, de Faultrier, de Tinseau, Berga, de Marguerye, des Roberts, Purnot, Durand, etc.

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monta des indispositions déjà assez graves et put donner un libre cours aux exigences de sa charité, mais il semblait que le but de sa vie était atteint et bientôt son état ne laissa plus d'espoir.

Sa patience pendant ses derniers jours fut admirable; des sentiments d'humilité et de pénitence semblaient remplir son âme et on ne pouvait guère obtenir de lui d'autres paroles que celles qui exprimaient la conviction de son néant, de sa misère et de la nécessité où il était de souffrir pour paraître avec confiance devant Dieu. Sa dévotion à Marie paraissait prendre encore de nouveaux accroissements à mesure qu'il approchait du terme de sa carrière. Peut-être fut-ce une marque d'affection de Celle qu'il aimait si tendrement, que l'instant fixé par sa mort fut celui où commençaient les exercices du mois de Marie. Il mourut le 2 mai iSSy.

La veille de sa mort, le bon Père avait réglé ses funérailles. Il avait fixé à une somme modique le montant des frais d'enterrement et avait remis la pièce de monnaie nécessaire pour acquitter le montant du convoi d'indigent qu'il réclamait. C'était tout ce qui lui restait de sa fortune. Dès que la nouvelle de sa mort se répandit dans la ville, ce fut un deuil général. Le soir même, pendant les exercices du mois de Marie, à la cathédrale, le P. Rousseaux, ayant annoncé la mort de celui à qui l'on était redevable de l'introduction de ces pieux exercices dans le diocèse, fut interrompu par les sanglots et les marques de douleur des assistants. Le lendemain, le corps fut exposé dans la chambre voisine de la porte d'entrée qui servait de chapelle à la

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résidence. Plusieurs milliers de personnes délièrent devant la bière découverte où se trouvait le corps du Père, revêtu de ses habits sacerdotaux. En passant, on faisait toucher des croix, des chapelets, des médailles et autres objets de piété.

On vit se presser à ce convoi funèbre, un concours immense de population. Sur le cercueil étaient placés les insignes des diverses professions qui, successivement, avaient été les siennes : la toge de l'avocat, les épaulettes du commandant, la mosette du chanoine et le surplis du religieux; l'étole et l'épée se croisaient pardessus. Deux officiers supérieurs et deux chanoines tenaient les glands du drap funéraire et l'escorte était formée par un détachement de la garnison. Le convoi fut reçu à la grande porte de la cathédrale par le chapitre et malgré une pluie torrentielle, on estime à plus de trois mille, le nombre des fidèles qui conduisirent le corps du vénérable Père jusqu'au cimetière de l'Est. * L'exiguité de la petite maison de la place Saint- Martin devenait chaque jour plus gênante. On chercha longtemps un local pouvant réunir un plus grand

' Le tombeau du P. Potot est encore de nos jours un lieu de pèlerinage. On y voit souvent allumés un grand nombre de cierges apportés par ceux qui invoquent son intercession. M. Paixhans, son neveu, a fait élever un monument sur lequel le Père est représenté agenouillé sur son genou gauche, la jambe droite qu'il ne pouvait plier à cause de ses blessures reste étendue. Il tient à la main un crucifix qu'il adore. La tète sculptée par un artiste messin, Deny, sur un dessin du professeur Thiel, passe pour être ressemblante. On cite plusieurs guérisons obtenues par son intercession.

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nombre de pères. L'abbé Charr}', ^ alors aumônier du Sacré-Cœur, fut chargé de négocier l'achat de l'ancien Hôtel connu dans les vieilles chroniques messines sous le nom de Maison de Burtaigne. (Le populaire en avait fait : Hôtel de la Bretagne.) Cette maison, située place des Charrons, appartenait alors à M. Colchen. Diverses considérations y firent renoncer. L'ancienne abba}e du Pontifioy, vis-à-vis l'abreuvoir de la rue Chambière, avec l'église Saint-Ceorges qui subsistait encore en partie ; l'ancienne maison de Refuge, située entre Saint- Marcel et les Ursulines furent successivement proposées. Le P. Morin désirait vivement faire acquisition de l'Hôtel Saint-Livier, en face de l'ancienne église des Trinitaires, affectée après la révolution au culte protestant.

Au cours d'une promenade entreprise dans le but de poursuivre ces recherches, les Pères Potot, Morin et Bach étaient montés sur le haut de la maison crénelée, située sur la place Sainte-Croix. De là en parcourant l'horizon et apercevant les tours de l'église Saint- Clément : « C'est là, dit le Père Potot à ses compagnons, que vous établirez un jour le collège de la Compagnie à Metz. » A ce moment, rien ne permettait de supposer la réalisation de cette prédiction. Les Jésuites, à peine tolérés, ne pouvaient songer à ouvrir aucun établissement d'instruction et le génie militaire, possesseur des

' Vrnr Pièces justificatives, note 40.

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vastes emplacements de l'ancienne abba}"e, ne semblait pas disposé à céder la place.

Le 21 mai 1839, fut conclu l'achat d'une maison située rue des Trinitaires et appartenant à la famille de Ladonchamps. Le 12 juillet, commencèrent, sous la direction de l'architecte Gautiez, les travaux d'aménagement de cette maison. La bénédiction de la chapelle eut lieu sans cérémonie et le 3o octobre, les Pères transférèrent leur résidence aux Trinitaires.'

Le Père Morin avait hérité de l'influence du Père Potot. Les relations avec le haut clergé étaient excellentes. Il avait trouvé surtout dans l'abbé Chalandon, alors vicaire-général, plus tard évèque de Belley et archevêque d'Aix, un ami éprouvé qui amortissait les heurts que pouvait amener le contact parfois rude de l'abbé Beauvallet ou de quelqu'un de ces vieux prêtres encore imprégnés de vieux levain janséniste ou gallican. Si les relations officiel les se ressentaient des difficultés qu'un mot d'ordre donné à Paris imposait aux fonctionnaires, du moins, elles étaient' polies. Le Père Bigot, dont le père avait été ministre des cultes sous l'empire, l'ami et le successeur de Portails, dirigeait les œuvres qui s'occupaient des militaires. Sa distinction native, à peine atténuée par l'humilité du religieux, lui avait concilié les sympathies d'officiers et de magistrats qui, jusqu'alors haïssaient autant les Jésuites qu'ils aimaient

' La maison du P. Polot, place Saint-Martin, fut vendue le i'=r juin 1841 à ÎVI. Thomy. La maison de campagne de Vaux ne

fut aliénée qu'en iS5i.

le Père Bigot. Le père Lavigne captivait les lettrés, les poètes, tous ceux qui se piquaient de bel esprit, ses prédications avaient le don d'attirer une foule considérable. Le P. Mullois, qui, lui aussi, comme le P. Lavigne devait quitter de bonne heuie la Compagnie et qui occupa le poste envié d'aumônier de l'Empereur, était fort rechei'ché par les curés du diocèse; sa bonhomie et sa rondeur les séduisait. Parmi les autres Jésuites de la résidence, nul, après le P. Morin, ne fut aussi populaire que le P. La}bach. Il avait la confiance de l'ouvrier et du pauvre et son confessionnal était presqu'aussi assiégé que celui du P. Boutilier, confesseur attitré du clergé et des communautés religieuses.

Indépendamment de leurs œuvres extérieures, selon la coutume de la Compagnie, les Pères recevaient un assez grand nombre de prêtres et de laïcs venus chaque année pour faire une retraite. Parmi eux, on relève les noms des Evèques de Nancy et de Saint-Dié, de plusieurs prêtres des diocèses voisins, des professeurs des établissements d'instruction du département. En iSSy, un officier d'artillerie figure avec cette mention : pcr toliiin Unnpits , maxiiucv a'dificatioui fuit nostris. Cet officier qui avait laissé d'excellents souvenirs à Metz, devait }' revenir quinze ans plus tard comme premier recteur du collège des Jésuites. Quant aux Pères, leur retraite annuelle se faisait le plus souvent à la maison de campagne de Vaux qui avait appartenu au P. Potot et qu'il leur avait laissée.

De temps à autre, les poites de la résidence s'ouvraient pour offrir l'hospitalité à quelques personnages

de passage. C'est ainsi qu'à trois reprises, le P. Lacordairc résida à Metz. Le giiind orateur vint s'}^ recueillir en 1X37 et i838. Le P. Jeandel, le nouveau supérieur des Dominicains, \- tit également plusieurs retraites. En 1843, tous deux semblent venir chercher un ressouvenir des inspirations qui ont décidé leur vocation. ' Plus tard, un de leurs disciples, le R. P. Souaillard, passa à plusieurs reprises à Metz, cherchant à faire revivre les traditions qui semblent avoir fait de cette petite maison de Metz, l'un des berceaux du nouvel institut. Dom Pitra, lui aussi, s'abrite pendant plus d'un mois, chez les Jésuites, pour travailler au rétablissement de l'ordre de saint Benoit, en France. En 1847, ce sont les oblats de Marie qui à leur tour y reçoivent une généreuse hospitalité.

Lors de son passage à Metz, le Général de la Compagnie de Jésus, le R. P. Roothaan, comme l'avaient fait les Pères de Ravignan et Félix, partage la vie de la communauté. Le Père Varin y passa une dizaine de Jours en allant visiter les religieuses du Sacré-Cœur et fonder à Nancy, une maison de cette congrégation. ^

'■ Le 3 novembre iSlî-, le P. LacoiJaire coinmença à la cathédrale une série de conférences contre le protestantisme. L'atHiience fut énorme. Le ministre calviniste Nicolas y répondit dans une série d'articles qui parurent dans le Courrier de la Moselle. L'abbé (^huine répliqua dans la Galette de Met^. Pendant tout l'hiver, la politique fut délaissée, on ne parlait plus que des conciles et de Luther. De toute cette polémique, il resta un document. C^'est l'apologie faite par le pasteur Nicolas, du Roi de l^russe, des Prussiens et de leur nouvelle Eglise évangélique.

- Voir Pièces justificatives, note 40.

La mort de Mgr Besson, survenue le 23 juillet 1842, ne modifia pas la situation des Jésuites à Metz. Le ]h mars 1X43, arrivait Mgr Dupont des Loges. Dès les premiers jours, le nouvel p]vèque donnait aux Pères, les témoignages de la plus grande bienveillance. Non content de la visite officielle qu'il leur rendait le lendemain de son arrivée, il revenait seul, peu après, passer une journée à la résidence, afin de faire plus ample connaissance avec les Pères. Là, il se nrontra tel qu'il devait être pendant les trente années de son épiscopat. Ami sur, prudent, dévoué. Si parfois quelque divergence d'opinions parut exister, l'expression en fut bien vite atténuée par sa charité parfaite, par son patriotisme ardent et son attachement inaltérable à l'Eglise et au Saint-Siège. Ce saint Evèque qui illustra le siège de Metz d'un éclat sans pareil, semblait par son air austère, par ses manières empreintes d'une dignité antique, une de ces belles figures de prélat dont les verriers du mo\'en-àge ont cherché à reproduire les touchantes images sur les vitraux de nos cathédrales. En l'approchant, on était bientôt séduit par sa simplicité, on était surtout ému par son afiection sans bornes pour les âmes, qui lui étaient confic'es et on le quittait embaumé par la sainteté qui ra\'onnait de toute sa personne.

Dans les premiers jours de 1N45, alors que les hommes politiques parvenus au pouvoir, excitaient les passions contre les Jésuites pour s'attirer une popularité malsaine et cherchaient à ameuter les masses afin de satisfaire leur cupide ambition, Mgr Dupont

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des Loges assura les Jésuites de sa protection. Il les fit venir et les pressa, si l'on en venait à quelqu'extréniité, de chercher un refuge auprès de lui, offrant à tous les Pères un asile dans son palais épiscopal.

La campagne politique de 1845 eut d'ailleurs peu de retentissement dans notre ville. Un journal hostile et la loge maçonnique accentuèi-ent un peu plus la lutte contre le parti-pretre, les Jésuites et le Pape, mais ces excitations n'eurent pas de prise sur la partie saine de la population, si nombreuse à Metz. Celle-ci, du reste voyait chaque jour à l'teuvrc l'ardente charité du clergé et des communautés religieuses et savait reconnaître de quel côté se trouvaient ses véritables amis.

En 1843 et 1844, le mois de Marie fut prêché à la Cathédrale par des Pères de la Compagnie. Le jour de la clôture de ces exercices, en 1844, plus de six mille auditeurs se pressaient autour de la chaire occupée par le P. Lavigne. Pendant l'Avent, prêché en 1845 par le P. de Ravignan, la même foule ne cessa d'affluer, attirée par une voix plus élevée, plus éloquente, plus religieuse, mais moins imagée et moins populaire que celle du P. Lavigne.

Nous avons vu, en 1827, les Jésuites débuter à Metz, à la cathédrale, par une mission préchée aux soldats. L'œuvre des militaires était fondée. Depuis cette époque, chaque dimanche, la chambre du P. Potot, puis, le parloir de la résidence, se remplissait de soldats, heureux de trouver pendant quelques heures, une parole amie, des livres intéressants, des distractions honnêtes et un asile où ils pouvaient se reposer. Là, on cherchait

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à raviver la foi de leur enfance, on leur apprenait le respect d'eux-mêmes, l'obéissance à leurs chefs, on développait les sentiments patriotiques qui sont encore la meilleure des institutions militaires. Pendant vingt ans ces réunions purent avoir lieu sans susciter la moindre récrimination.

En juin 1847, le Général commandant la division, brave homme du reste, mais qui ne connaissait guères les Jésuites que par ce qu'il en avait appris dans les romans d'Eugène Sue et autres documents puisés dans les cabinets de lecture de ses diverses garnisons, fulmina au rapport, un réquisitoire contre l'œuvre des militaires. A la suite de cette communication, un chef de corps eut l'ingénieuse idée de donner mission à deux sousofficiers de s'introduire à la réunion qui avait lieu à la résidence, de noter les sous-officiers et soldats qui s'y trouvaient et de faire afficher leurs noms dans les chambrées des casernes.

Mgr Dupont des Loges, informé de ce procédé, se rendit immédiatement chez le Général, avec lequel, du reste il était en fort bons termes. Le Général, à sa grande surprise, apprit que les Jésuites n'étaient pas une société secrète affiliée à quelque secte sauvage, qu'ils étaient approuvés et tenaient leur pouvoir de l'Eveque, qu'ils lui rendaient de grands services et qu'il en était parfaitement content.

Stupéfait, le Général se rabattit sur le Golonel et lui reprocha d'avoir cmploN'é des moyens indignes. Cependant, comme il avait informé le jMinistre de la guerre et que sa conduite lui avnit mérité des éloges, il était

fort embarrassé. Il pioniit à l'Eveque de prendre à l'avenir son avis avant d'édicter une mesure de cette nature, de fermer les }eux sur les réunions et en tous cas, de donner toute autorisation pour faciliter aux Jésuites, l'entrée du pénitencier et de l'hôpital militaires.

Cette même année, un i^rand changement eut lieu dans l'institution Saint-Augustin. Le poids des années et le désir d'atïermir son (tuvre portèrent le fondateur de cet établissement à l'olfrii- a l'Eveque de Metz. Celui-ci l'accepta en remerciant M. l'abbé Bureaux des services rendus à son diocèse pendant plus de treize ans. « En se retirant, dit la Cazette de Metz du 24 août 1N47, M. l'abbé Bureaux emporte au plus haut point l'estime publique et la reconnaissance du clergé et des familles catholiques. »

Au mois d'octobre 1N47, l'institution entra dans une nouvelle phase. M. l'abbé Eugène Braun, ancien élève des Jésuites de Ei'ibourg, que des raisons de famille avaient seules pu faire renoncer momentanément à entier dans la Compagnie de Jésus, fut désigné pour diriger cet établissement.

L'élément laïc qui avait dominé jusque là dans le choix des professeurs fit place pour la plus grande pairie a l'élément ecclésiastique ; le nouveau Directeur s'adjoignit plusieurs prêtres jeunes, instruits et dévoués. Cette substitution fut accueillie favorablement. Le nombre des élèves augmenta d'une manière notable, tellement que pour abriter les nouveaux venus, on dut acquérir une maison située en face de l'établissement

Io6 1. ES JÉSUITES A METZ

principal, de l'autre côté de la rue des Augustins. Les élèves des basses classes furent installés dans la nouvelle maison.

Le gouvernement de juillet n'avait pu voir sans ombrage, près des frontières de France, les établissements des Jésuites où une partie de la jeunesse française échappait au monopole universitaire. Il avait applaudi, sinon coopéré à la chute de la ligue catholique ciu Sonderbund qui entraina la ruiue du célèbre collège de Fribourg. Mais, trois mois après, ainsi que Montalembert l'avait prédit à la tribune de la chambre des députés, au milieu des rires d'incrédulité, le contre-coup de la lévolution suisse i^enversait Louis Philippe. '

Les journées de février 1 8q.(S surprirent les Messins. Le préfet fut renvoyé, une coinmissidn départementale prit la direction de l'administration ; à l'exception de la révolte de quelques soldats alfolés par les théories socialistes, l'ordre ne fut pas sérieusement troublé. Le 25 février, un chef de bureau de la préfecture vint, au nom de la Commission départementale, engager le Père Huss, supérieur de la résidence de Metz^ à quitter la

' Revue des Dcii.v-Moiidcs, août 1873. — l'ix'Jciic Guillaume IV et le Baron de l^unseii par Sdint-Reiw 'JailLnidier. — Aux veux de Frédéric Guillaume, tout ce qui s'est passé en Allemagne et en rVance n'est que la conséquence de la guerre du Sonderbund.

- Jean-Baptiste Huss, né à Coutances 12 mars i8o3. jésuite 2 octobre 1S23. En quittant Metz, il fut supérieur de la mission du Canada, séjournant tour à tour à New-^'ork, à Montréal et à Québec. Sous l'empire, il fut désigné comme supérieur de la mission de Cavennc. Ami intime du Gouverneur, l'amiral Fourichon, il vit se succéder sous ses ordres en Guyane plusieurs des

r.HAl\ I. — RETABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE 107

maison dans la crainte d'un mouvement de la part du peuple. Le R. P. Supérieur répondit qu'il avait toute confiance dans le peuple de Metz, qu'il était chez lui et ne pouvait consentir à ce qu'on lui demandait. Le lendemain il se rendit auprès de la Commission départementale et a\ant été introduit dans la salle des réunions, déclara n'avoir rien à regretter dans le passé, rien à redouter dans l'avenir. Les membres de la Commission le remercièrent et le congédièrent en lui promettant aide et protection, comme a tous les autres citovens.

Les œuvres de piété et de charité ne subirent aucun contre-coup de la Révolution de févi'ier 1N4X; il semble niéme qu'une certaine liberté lut accordée en ce moment aux catholiques. Au mois de jnars, le P. Lavigne prêcha avec grand succès le carême à la Cathédrale ; les Pères Laybach, Huss, Friedel faisaient les mêmes exercices dans diverses paroisses de la ville; au Pénitencier militaire, Monseigneur donne la Communion à soixante détenus préparés par les Pères, il en confirme vingt. Le mois de Marie est prêché à la Cathédrale par le P. Huss. En 1S49, '^'^^^^^ ^^^^^ même basilique, le P. Hacquin prêche le carême et le mois de Marie. Dans la semaine de Pâques, suivant une coutume touchante du pays, il invite toutes les mères a amener leurs plus jeunes enfants pour les bénir et les consacrer à la Sainte-

Pères qui ont appartenu à la maison de Metz : les Pères Bazin, Alet, Gaudré, Xavier Bertrand, Florent Ringot, Louis Bigot, Constant Girre, de Montfort, etc.

Vierge; on répond à son appel en amenant plus de trois mille enfants.

Le 5 mai 1849, mourut à la résidence de Metz un des plus anciens et des plus vénérables Pères de la Compagnie : le P. Didier Richardot. Bien qu'il ne fut que depuis peu de mois à Metz, il avait pu, malgré son âge avancé, faire apprécier sa haute intelligence et son ardente piété. Le clergé messin honora d'un nombreux concours les obsèques de ce vénérable vieillard qui fut inhumé au cimetière de l'Est, à côté du saint Père Potot. 1

La France venait de traverser les événements de 1848. La facilité avec laquelle cette révolution s'était accomplie avait effraN'é les hommes politiques. Une réaction se produisit; on comprit qu'il fallait contre ces doctrines désolantes une barrière plus puissante que des théories philanthropiques et des utopies humanitaires. Une seule digue pouvait arrêter ce torrent, l'enseignement religieux, la dillusion des idées religieuses. Thiers, qui, en iNqf), s'était fait l'accusateur de cet enseignement, qui l'avait odieusement calomnié et outragé, monte à la tribune, il défend la loi de la liberté, se donnant à lui-même les plus implacables démentis. Cousin, Guizot, Lamartine, Montalembert, 'i^)cque-

^ Didier Richai'dnt, ne a Lanières 211 janvier i J'iQ, reçu dans la Compai^nie en Russie 24 août ijw-i, tut reeleur Je l'Université de Polotzk. Revenu en l''rance vers 1820, il axait ete SLiperietnà Dole et à Laval et vint terminer sa carrière à Metz à Tas^e de Su ans donl 37 passés dans la Compat^nie. (Notice p.ir le P. Guidée. S.J.]

ville, Victor Hugo, Lacordaire unissent leurs voix à celle de Thiers.

A la liberté du mal, il s'agit d'opposer la liberté du bien ; à la liberté de l'en eur, la liberté de la véiité. Tous ont compris que la religion ne peut être bannie de l'enseignement, qu'elle seule offre une résistance suffisante pour protéger l'ordre social ; qu'elle est la base immuable et nécessaire de l'éducation dont l'instruction ne saurait se séparer et que pour rétablir la discipline dans la société, il faut prendre les moyens pour la fonder dans les âmes où elle fait défaut.

De ce magnifique etfort, sortit la loi de liberté de l'enseignement piimaire et secondaire. L'effet en fut immédiat. Près de huit cents établisseinents d'instruction secondaire furent fondés au lendemain de la promulgation de cette loi.

A Metz, Monseigneur Dupont des Loges fut des premiers à se préoccuper des mo3'ens à prendre pour profiter de la liberté nouvelle. L'institution Saint-Augustin, débarrassée des entraves qui l'empêchaient de se développer, allait pouvoir prendre une nouvelle extension. Deux considérations arrêtaient le prélat. D'une part, il craignait de ne pas trouver dans son clergé si dévoué, assez de prêtres aptes à soutenir vis-à-vis de l'Université, la lutte que le nouvel enseignement avait à supporter; d'autre part, il voyait avec inquiétude un trop grand nombre de jeunes prêtres jetés en dehors de leur cercle d'études et d'habitudes, dans un milieu qui ne saurait les préparer convenablement à leur mission sacerdotale.

Ne voulant, ni appauvrir le recrutement de son clergé, ni exciter ses meilleurs séminaristes à entreprendre des études spéciales qui les éloigneraient du ministère évangélique, l'Evèque s'adressa aux Jésuites. Dès le mois de janvier iS5o, il entra en pourparlers avec le R. P. Provincial venu à Metz pour sa visite annuelle.

Au mois d'octobre i85i, tout était convenu. Le directeur de Saint-Augustin, M. l'abbé Braun avait aplani toutes les diflicultés de détail. Non seulement, il remettait aux Jésuites son établissement, mais luimême, sollicitait son entrée au noviciat de la Compagnie. Les professeurs de Saint-Augustin avaient trop à cœur le bien de leurs élèves et l'avenir de la maison pour ne pas entrer dans les vues de leur directeur et de leur Evéque.

Lorsque le 28 février i852. Monseigneur leur annonça sa résolution, fidèles aux nobles sentiments qui les guidaient, les prolesseurs de Saint-Augustin s'offrirent pour suppléer, s'il en était besoin, même dans l'enseignement des basses classes, à la disette du personnel.

La question du local offrait, dès le début, des difficultés qui pouvaient devenir menaçantes dans une ville aussi resserrée par ses remparts. On s'en préoccupa. Le Père Provincial visita Saint-Augustin, il alla voir deux autres établissements : l'ancienne abbaye de Saint-Clément qui servait de dépôt aux lits militaires et la Fonderie, située place Saint-Thiébaut, dont les bâtiments étaient utilisés en magasins pour le service du génie. Rien ne pouvait faire présumer que le

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ministère de la guerre consentirait à l'aliénation de ces immeubles; en tous cas, cela demanderait des négociations de longue durée, il fallait être prêt pour la rentrée de i852.

On se décida donc à s'installer provisoirement à Saint-Augustin. L'intérieur de la ville n'oMVant aucun emplacement assez vaste, on acheta dans la commune de Devant-les-Ponts, le domaine de la Ronde. Cette maison de campagne entourée de vastes dépendances et de trois hectares de jardins était située à environ quinze cents mètres des portes de F'rance et de Thionville. A ce moment nn était résolu à }' construire le collège, si l'on ne trouvait rien de mieux. M. l'abbé Braun en fit l'acquisition, le 20 octobre i<S5i, moyennant le prix de soixante-dix mille francs.

En même temps, on disposa la maison des Trinitaires pour }• recevoir les plus jeunes enfants. Deux grandes salles situées au rez-de-chaussée furent converties en réfectoire et en études. Le second étage qui n'était qu'un vaste grenier fut divisé en chambres et en dortoirs, La chapelle construite en façade sur la rue des Trinitaiies exigea des travaux plus considérables. Ce n'était primitivement qu'une vaste salle quelque peu appropriée au service du culte. (Jn éleva à l'intérieur de jolies arcades ; des colonnes en st^de roman vinient soutenir une nef assez élevée. Deux petites tours habilement disposées encadraient la porte d'entrée. Une tribune ouvragée reposant sur des consoles taillées dans le mur régnait au-dessus des bas-côtés et du portail de manière à donner place à un plus grand

I I 2 LES .lESUlTES A METZ

nombre de fidèles. Au choeur, des vitraux représentant saint Paul et saint Ignace vinrent compléter l'ensemble de la décoration. Ces travaux effectués sous la direction de l'architecte Gautiez étant terminés, la chapelle fut bénite solennellement le 23 déceiribre i85i par l'Evèque assisté d'un grand nombre de prêtres du diocèse et en présence d'une assemblée aussi nombreuse que le compoitait l'exiguité de la chapelle.

C'est le i3 février i852 que le Père Provincial signa l'acceptation définitive de Saint-Augustin, se réservant de déterminer ultérieurement l'emplacement du futur collège. L'abbé Eugène Braun prévint les familles et les élèves. La bonne entente qui a présidé a ce changement, devait s'affirmer hautement quelques mois plus tard par l'entrée dans la Compagnie de ce digne prêtre; il ne sut pas trouver pour lui-même de meilleur guide que cette règle de saint Ignace dont il avait voulu assurer les bénéfices à ceux qu'il aimait comme ses enfants. Sa lettre datée du 28 février i852 est conçue dans les termes suivants :

hislitulion Saiul-Aiiiriisliu.

Metz, le 28 février i852.

wJe m'empresse de vous annoncer une nouvelle du plus haut intérêt pour tous les amis de l'éducation religieuse et surtout pour les honorables familles qui nous ont confié leurs enfants. A dater du mois d'octobre prochain, l'institution Saint-Augustin sera mise sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus.

« Placé par Monseigneur à la tète de l'établissement, soutenu dans cette mission laborieuse, par des confrères bien-aimés dont le dévouement sans bornes, la parfaite unanimité de sentiments facilitaient singulièrement ma tâche, j'ai cherché à réaliser autant qu'il m'était possible les espérances qu'on avait conçues d'une Institution due à la sollicitude de notre vénérable Evèque.

«Mais il fallait développer cette œuvre et en assurer la prospérité pour l'avenir; c'était depuis longtemps la préoccupation constante, le vœu le plus ardent du cœur de l'illustre prélat.

«Enfin parut la loi du i5 mars i85o qui donna aux pères de famille une certaine mesure de liberté dans le choix des instituteurs de leurs enfants. Le bon sens de la France venait de rendre justice aux PP. Jésuites : ils pouvaient rentrer dans la carrière de l'enseignement. Monseigneur invita ces maîtres habiles à continuer notre œuvre en la perfectionnant.

« Ses désirs sont exaucés aujourd'hui. Est-il besoin de dire combien nous en sommes heureux! Nous aussi, nous connaissons la Compagnie de Jésus. Prêtres catholiques, nous l'aimons parce que l'Église l'aime. Elle a fait ses preuves depuis trois siècles sous les yeux et avec l'approbation des Évèques et des souverains Pontifes. Son absence fut longtemps un deuil pour les lettres et pour la religion. Ses adversaires comme ses amis proclament sa supériorité dans l'art d'instruire et d'élever la jeunesse. Dans nos contrées, nous trouvons encore vivant le souvenir de l'ancien collège de Metz, de l'université de Pont-à-Mousson, si florissants sous

la direction des PP. Je'suites. De plus, l'estime et l'affectueuse reconnaissance que conservent généralement pour eux les jeunes gens sortis de leurs maisons ; l'empressement de tant de villes de France à leur offrir de nouveaux collèges, le nombre des élèves qui affluent dans ces établissements dès qu'ils sont ouverts ; les vœux que nous ont exprimés bien souvent des hommes distingués, d'excellents amis; tout nous persuade que la mesure adoptée par Monseigneur est l'événement le plus heureux pour le présent et pour l'avenir de l'institution Saint-Augustin.

« A notre joie se mêle cependant un regret bien naturel et vivement senti, celui de quitter cette chère maison, ces entants dont le bon esprit, l'affection filiale formaient autour de nous une véritable famille.

«Ce souvenir nous suivra partout; il s'unira, dans notre mémoire, au souvenir de nos rapports avec leurs bons parents, rapports rendus si agréables par la bienveillante confiance dont ils nous honoraient. Sans doute, ils avaient compris la sincérité de notre dévouement et ils pardonnaient à notre insuffisante bonne volonté le bien que nous ne pouvions réaliser.

« Il nous reste maintenant à prier les élèves de Saint- Augustin de reporter sur leurs nouveaux maîtres les sentiments qu'ils nous avaient voués : rien ne leur sera plus doux et plus facile; c'est ce qu'une heureuse expérience leur aura bientôt prouvé.

«Veuillez agréer, M... l'expression de mes sentiments

les plus distingués. »

Le Directeur,

L'Abbé Braun, Chanoine honoraire.

CHAP. I. RÉTABLISSEMENT DE LA COMPAGNIE I l5

Cet envoi fut suivi d'une lettre pastorale par laquelle le saint Evèque de Metz annonçait sa résolution à tout son diocèse.

LETTRE PASTORALE DE MONSEIGNEUR l'ÉVÊQUE DE METZ

Paul-Georges-Marie DUPONT DES LOGES

Par la miséricorde divine et la grâce du Saint-Siège apostolique

Évêque de Metz

Aux iidèles de notre Diocèse

Salut et bénédiction en Notre Seigneur Jésus-Christ.

Dieu nous est témoin, nos très-chers Parères, oseronsnous dire en empruntant les paroles du grand Apôtre, avec quelle tendresse nous vous aimons tous dans les entrailles de Jésus-Christ et avec quelle ardeur nous cherchons vos intérêts spirituels. ' Depuis que la divine Providence nous a établi votre Pasteur, tel est l'objet constant de nos pensées, de nos préoccupations, de nos prières; tel est le but de toutes nos résolutions et de toutes nos entreprises. ^

C'est encore à ces mômes sentiments que nous avons obéi en adoptant après de longues et sérieuses rétlexions, l'importante mesure que nous croyons devoir vous faire connaître aujourd'hui, nos très-chers Frères, avec la simplicité et la confiance dont nous aimerons toujours à user envers vous.

' Testis eiiini niihi est Deiis, quoiiiodo ciipiciDi onines vos in visceribus Jesu Christi. — Philip. 1. S.

2 Et hoc oro, ut caritas vestra magis ac magis abiindet. — Ibid. 9.

Lorsque, il y a quelques années, l'ecclésiastique distingué qui a fondé dans cette ville le pensionnat Saint- Augustin, M. l'abbé Bureaux, nous exprima, à plusieurs reprises, le désir de le remettre entre nos mains, nous ne reculâmes point devant la responsabilité et les charges nouvelles qui allaient peser sur nous; nous ne voulûmes point nous laisser etïrayer par les difficultés de tous genres que nous aurions à surmonter pour soutenir et diriger une oeuvre si importante; nous ne pensâmes qu'à une chose, nos très-chers Frères, à l'intérêt de vos enfants bien-aimés ; et dans l'unique vceu de leur procurer le plus grand de tous les bienfaits, celui d'une éducation vraiment chrétienne, nous fermâmes les 3'eux aux considérations vulgaires de la prudence humaine; aucun sacrifice ne nous sembla trop pénible.

Dès lors, tous nos efforts tendirent à rendre cette Institution, devenue la nôtre, digne de votre confiance, et à y faire fleurir avec l'innocence et la piété qui sont le plus précieux trésor de la vie, une instruction solide et variée propre à ouvrir aux élèves toutes les carrières honorables de la société. Grâce à la protection divine que nous n'avons cessé d'implorer, grâce aussi, nous nous plaisons à consigner ici cet honorable témoignage, grâce au dévouement, au zèle, à la maturité précoce des ecclésiastiques d'élite que nous avions préposés â la direction de la maison, nos espérances et, nous osons ajouter les vôtres, n'ont point été trompées.

Et toutefois, nos très-chers Frères, dans notre sollicitude toujours plus grande pour l'avenir de vos enfants, nous n'étions pas encore satisfait. Plus de si heureux

résultats nous apportaient de consolation, plus l'expérience de chaque jour vous les faisait apprécie)- à vousmêmes et plus nous sentions la nécessité de développer cette Institution, de l'étendre, de la perfectionner et surtout d'en assurer la perpétuité. Aussi, dès que des barrières injustes tombèrent devant le bon sens de la France et les dispositions d'une loi plus équitable, nous songeâmes à confier notre précieux établissement à cette illustre Société, qui, pendant trois siècles, a élevé et formé la plupart des grands hommes qui se sont fait un nom glorieux dans les lettres, la magistrature, l'armée, le clergé ; à ces maîtres aussi savants que désintéressés et vertueux, dont, en homme non suspect, le célèbre Bacon a écrit ces remarquables paroles : « Pour ce qui regarde l'instruction de la jeunesse, il n'y «a qu'un mot à dire: consultez'les classes des Jésuites ; « car rien de mieux que ce qu'ils y pratiquent » ; ' à ce corps si parfaitement constitué, selon l'expression de l'illustre historien de Fénélon qu'il n'a eu ni enfance, ni vieillesse ; à ces habiles instituteurs enfin dont M. de Chateaubriand déplorait ainsi l'absence : « L'Europe savante a fait une perte irréparable dans « les Jésuites. L'éducation ne s'est jamais bien relevée « depuis leur chute. Ils étaient singulièrement agréables M à la jeunesse ; leurs manières polies étaient à leurs « leçons ce ton pédantesque c|ui rebute l'enfance.

' At pœdagogicam qiiod attinct, brevissimutn foret dictu: consiile scliolas Jesuitarum ; niliil eniin qiiod in usiiui venit, liis jnelitis. — De dignit. et aiig. Scienticv. — Lib. 7.

Il8 LES JÉSUITES A METZ

« Comme la plupart de leurs professeurs étaient des M hommes de letti'es recherchés dans le monde, les « jeunes gens ne se cro3aient avec eux que dans une « illustre académie. Ils avaient su établir entre leurs « écoliers de différentes fortunes une sorte de patronage (( qui tournait au profit des sciences. Ces liens, formés « dans l'âge où le cœur s'ouvre aux sentiinents généreux, « ne se brisaient plus dans la suite, et établissaient entre « le prince et l'homme de lettres ces antiques et nobles «amitiés qui vivaient entre les Scipion et les Lelius. » ^

Le ciel vient d'exaucer nos vœux, nos très-chers Frères ; et nous nous estimons heureux de pouvoir vous annoncer aujourd'hui que, acc|uiesçant à nos invitations pressantes et réitérées, les Pères de la Compagnie de Jésus ont accepté la direction de notre Institution Saint-Augustin et y entreront à l'issue des vacances de la présente année.

Nous ferions-nous illusion, en espérant que vous voudrez bien voir dans cette transformation une nouvelle preuve de notre dévouement pour vous et de notre tendre amour pour vos enfants; et que vous remettrez, avec une confiance égale à la nôtre, un dépôt si précieux et si cher entre les mains intelligentes et sûres de ces nouveaux maîtres qui ne travailleront point, il est vrai, à cette grande œuvre, avec plus d'application et de zèle que ceux auxquels ils vont succéder, mais qui y apporteront plus d'expérience, plus de

' (jt'tiic du clirishaiiismc.

CHAP. I. RÉTABLISSExMENT DE LA COMPAGNIE I IQ

connaissances acquises, et par suite des chances plus assurées de succès?

Nous terminons, nos très chers Frères, en vous adressant dans toute l'effusion de notre cœur, ces paroles du roi prophète : Que le Seigneur vous comble de plus en plus de ses bénédictions, vous et vos enfants ; Adjiciat Donùiiiis super vos et super filios restros. (Psalm. CXIII, 23.)

Donné à Metz, le 5 mars i852.

7 Paul, Evéque de Metz.

Les derniers jours de la résidence de Metz furent consacrés à terminer les préparatifs nécessaires pour l'ouverture du nouveau collège. Nous voyons les Pères saisir toutes les occasions pour se faire connaître des élèves de Saint-Augustin. Ainsi la retraite de première communion fut donnée par le Père Lauras, nouvellement arrivé à Metz et à plusieurs reprises les Pères allèrent prêcher dans la chapelle de l'Institution.

Le 5 mai i832, jour de la fête patronale de Saint- Augustin, les professeurs et les élèves se rendirent à la maison de campagne de la Ronde. Mgr l'Evéque vint y bénir la maison. Un repas servi sous la charmille du bosquet vint donner aux enfants un avant-goût des récréations qu'on leur réservait. Monseigneur, par quelques paroles parfaitement appropriées aux circonstances, sut resserrer encore les liens d'affection qui unissaient les anciens et les futurs maîtres de Saint-Augustin.

Le 5, (S et 7 j.uillet, un triduum solennel fut célébré

pour la béatification d'un jésuite, le bienheureux Père Glaver. L'afHuence des fidèles fut telle que la chapelle de la maison des Trinitaires fut trop exiguë pour recevoir tous ceux qui s'y présentaient. Les sermons furent prêches par le P. Hacquin, par l'abbé Béeseau, professeur à Saint-Augustin, l'abbé Noël, professeur au petit séminaire et par l'abbé Wonner, curé de Notre-Dame.

Vers le inéme iTioment, parut le règlement du nouveau collège. Il avait été préparé par le Père Jean-Baptiste Stumpf, et le P. Studer, provin'cial qui vint passer plusieurs jours à Metz pour présider aux derniers préparatifs. '

Le 5 août eut lieu la distribution des prix de l'institution Saint-Augustin. Dès le lendemain, les Jésuites prenaient possession des bâtiments du nouveau collège.

' Voir Pièces justiricatives, note 42, le règlement du Collège Saint-Aucustin.

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