M. M. de la Cathédrale
Les Pères Jésuites remontrent très humblement que par la volonté du Roy, avec votre ayde et faveur, ayant été establis en ceste ville au Collège de Saint-Eloy pour instruire la jeunesse et vaquer aux autres fonctions de leur Compagnie, ils y auraient trouve une escholle d'abécédaires gouvernée par un maistre séculier, ce qui est contraire à leur manière et façon ordinaire d'enseigner et peu convenable à leur institut religieux. Outre que ledit collège étant peu hal)itable, par ce moyen la plus commode place est occupée, et celle seule qui leur reste pour exercer leurs escholiers aux actions publiques qu'ils ont accoustun^e d'exhiber à diverses fois pendant l'année et pour placer une Congrégation en l'honneur de Nostre Dame, comme par la grâce de Dieu, ils ont faict aux aultres bonnes villes du royaume. Ils auraient toutefois souffert ceste incommodité et différé d'en chercher le remède jusques à présent, qu'ayant appris qu'il y avait un lieu commode dans vostre cloître, lequel de toute ancienneté a esté destine pour ce subject et ayant aussi éprouvé en plusieurs occasions par de signalez etlects la bonne volonté que vous, Messieurs, leur daignés porter, ils se serayent retirez par devers vt)us, suj^pliants très humblement L|u'en continuant ceste bonne et sinqulière affection, il vous plaise y
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pourvoir et ordonner que ladicte eschole d'abécédaires soil transférée en son premier lieu. Ce que faisant, les suppliants seront obligés de prier Dieu pour vostre prospérité.
Ce onzième janvier Hr^S. Anne Maupicau, de la C''^ de Jésus.
{Archives de la Préfecture. Fonds G.).
i5. Tous les principaux citoyens costumés et armés d'une manière uniforme formaient onze compagnies d'infanterie et trois corps de cavalerie échelonnés sur le passage de la Duchesse. Le Maître Echevin, escorté de différents olHciers, au nombre de centcinquunte, alla au devant du (jouverneur jusi]u'à la ferme de Bradin. Là, il harangua la duchesse. A la porte Saint-Thiebaut, Catherine de Bazoilles, petite-fille du substitut du Roi, montée sur un char de triomphe et richement vêtue, présenta les clefs de la ville. Son discours fit grand plaisir ainsi que la grâce avec laquelle il fut prononcé.
Les maisons étaient ornées de magnifiques tapisseries, de Heurs et de verdure. Devant la fontaine Saint-Nicolas, un arc de triomphe de plus de trente pieds de haut représentait le temple de Neptune. Le Dieu de Tonde fit danser les Naïades au chant des svrènes nageant dans l'eau. \ l'entrée du champ à Seille se trouvaient plus de cjuatre cents enfants n'avant pas encore treize ans formant quatre compagnies. « Ils étaient couverts de soie, satin, taffetas ou aultre telle matière, le tout conforme aux livrées de Madame : blanc et bleu ; le (panache incarnat, blanc et bleu, l'escarpin blanc, les bas incarnadins, les armes grandement reluisantes... Les armes leur venaient si bien et eux aux armes qu'on eut quasi doubté s'ils n'étaient point nez avec elles. « Chaque capitaine de Compagnie vint faire compliment à la Princesse.
Le premier dit :
\'()us qui ave/ lIioLsI le plus i;r;nid capitaine. Voyez les bons guerriers lesquels je vous aineiue, 'l'ous prêts, à \otre voi,\ de subii- mille morts. Ne vous étonnez pas de leur petil \olume, ('ar vous savez trop mieux, que le eiel a eousMime he loi;er un grand cceur dedans un pelil eoips.
A l'entrée de la rue Rovale, un second arc de triom|ihe représentait le palais de la Terre. La déesse l'iore accompagnée de nymphes parsemait le sol de tlenis. Le dieu Lan vint otfrir son eni|nre à la fille de (>elui qu'il a\ait souhaite \()ir le monarque universel de toute la terre; les svlvains, les satvres dansaient au son d'un concert exécuté par les muses.
Au bas de Lournirue, se voyait le palais de Lair. Zephir, Lurus
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L't les autres messagers du Dieu dansaient pendant que des rossisii^nols artiliciels faisaient entendre une délicieuse mélodie.
Sur la place Saint-P^tienne, le palais du feu se présentait haut de cent pieds, des hommes aimes de torches et de lettres tlamho\antes formaient en dansant des devises et des anai^ranunes en rhonneur de la Duchesse.
Un Te Deiim fut ensuite chanté à la Cathédrale où le Duc et la Duchesse furent reçus par le chanoine .lean de P)elchamps, aumônier du roi. Le cortège retourna ensuite à Thôtel du Gouverneur, rue Haute-Pierre, en passant par la rue des Clercs le long de laquelle sept acteurs représentant les sept planètes adressèrent leur compliment.
if). Le titre de la pièce était : Pliilis retrouvée ou Pastorale des m'iiiplies d'Austrasie sur l'heureuse entrée et séjour de Mme la Duchesse de la Valette, eu la ville de Met:;.
Liste des élèves qui jouèrent des nMes :
François Fo'es, fils et petit-iils des médecins de ce nom, perpétua glorieusement la renommée médicale de ses ancêtres.
Charles Mengin.
François Dompremy.
Louis Riaville (de Vaux).
Abraham Le Clerc.
Claude Julien devint notaire au bailliage.
Nicolas Aubertin, avocat en 1*134, puis Conseiller Echevin.
Gaspard Dubois (d'Epinal).
Louis Bertrand devint assesseur à la maréchaussée de France.
Jean-Baptiste Goi^e, Conseiller Hlchevin en i636.
Bernard de Nogaret de la Valette, proche parent du Duc d'Epernon.
Jean Hélion (de Thionville).
Thierry Charpentier devint Conseiller au Parlement de Metz, puis de Paris. Mort en iGSi.
Antoine Dilange, avocat, Conseiller Echevin.
Charles Guichard, avocat, Conseiller Echevin.
Jean de Ba^oille, fils du Procureur général.
Pierre Liénard.
Jean-Baptiste Lamotte.
Christophe Crespin de la Woivre, Conseiller secrétaire du Roi en la chancelleiie du Parlement.
Gabriel Sylvestre.
Louis Sylvestre, avocat en 1634.
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Dès que la duchesse eut pris place, on lui remit la copie de Faction écrite en un livre relié d'or sur tranche avec Tari^ument de tout ce qui y était compris tiré sur une grande thèse de satin i>lanc. Le chroniqueur ajoute : « Les enfans de Metz ont prouvé, en ceste occasion, qu'ils sont aussi bien nés pour l'olive que pour la palme, ayant autant d'adi'esse et de bienséance au\ exercices et gentillesses de la paix que de courage aux effets du champ de bataille. »
17. Claude Tiphaine, né iSji à Notre-Dame des Vertus, entra dans la Compagnie en iSqS. Il enseigna avec succès la philosophie et la théologie. Le savant E^vèque de Marseille, Nicolas Coeffeteaii. l'ancien administrateur du diocèse de Metz, disait en parlant du P. Tiphaine que si tous les écrits de saint Thomas et d'Aristote venaient à périr, on ne pourrait trouver dans le monde que ce jésuite capable de rendre ce qu'ils avaient écrit. 11 fut ix'cteur des collèges de Reims, la Flèche, Pont-à-Mousson et Metz, Chancelier de l'Université de Pont-à-Mousson, puis Provincial. C'était un esprit très doux, tous ceux qui ont parlé de lui insistent sur cette qualité qui n'excluait pas cependant une juste sévérité d'opinions. Il mourut saintement au collège de Sens le 27 déc. 164.1 (Moréri, DoM Calmet, Br.GiN, Hist. de l'Université de Pont-à-Mousson).
Le P. Louis Magniet, né en ibjb^ fit imprimer une paraphrase des psaumes de David qui eut un grand nombre d'éditions et dont Titon du Tillet fait l'elogc dans le Parnasse français. Lorsqu'il vint à Metz, le P. Magniet avait b-i ans et était dans la Compagnie depuis 3-2 ans. Il avait professé les humanités et la théologie à Pont-à-Mousson.
Le P. Jean Rousselet, né à Reims en i5Si, publia en 1623 : le Testament du chrétien. En lOSq, il fut nommé recteur du collège d'Autun, où il mourut en iGSG.