‹ Les Jésuites à MetzChapitre 5 sur 107 · CHAP. 1. LA REFORME A METZ I I · texte numérisé non relu

CHAP. 1. LA REFORME A METZ I I

le Père tit tous les jours le Catéchisme aux dissidents, qui eurent ordre d'y assister. Il leur exposa spécialement la doctrine chrétienne touchant le sacrifice de la Messe et le Purgatoire. Ses instructions produisirent des fruits merveilleux et de nombreuses conversions. '

En ib-j3, Charles, marquis de Piennes, de la maison d'Halluin, remplaça le comte de Retz, comme gouverneur de Metz. Un de ses premiers actes fut d'ordonner le désarmement de tous les religionnaires et d'interdire le prêche établi au village de Burtoncourt, fief du duc de Deux-Ponts. A cette époque, le prince de Condé se trouvait en Allemagne pour y soudoyer des troupes. Le baron de Clervant l'amena à conclure avec l'Electeur palatin, un honteux traité d'après lequel, un corps dé reitres devait aller combattre le Roi de France, à condition qu'à la paix on exigerait d'Henri III pour Jean Casimir, fils de l'Ellecteur palatin, le gouvernement de Metz, Toul et Verdun, avec le revenu de ces villes et une pension. Le duc de Montmorency et Clervant ayant été écrasés à Dormans, le i i Octobre 1575, par Henri de Guise le Balafré, les Allemands rendirent leurs armes avant de s'en servir.

En 1 576, Henri de Navarre, s'échappant de la cour, alla prendre le commandement des huguenots et des mécontents qui tenaient contre l'autorité royale. Catherine de Médicis effrayée, accorda toutes les concessions demandées. Les protestants de Metz se hâtant d'en profiter, firent bâtir un temple, au milieu

' Voir sur le P. Maldonat : Pièces justificatives, note 3.

de la ville, rue de la Chèvre. Moins de deux mois après la publication de l'édit, le 2 Juillet iSyG, ils inaugurèrent cet éditice avec une grande solennité.

Leur triomphe fut de courte durée. Le 12 Décembre iSyb, les Etats généraux réunis à Blois, déclarèrent ne pas reconnaître la paix honteuse faite avec les protestants. La ligue affirma par là son existence et sa force dans le pays. La nouvelle de cette déclaration fut apportée à Metz, par un religieux trinitaire, député par le clergé de la ville aux Etats de Blois. Ce leligieux remit à Thévalle l'ordre du Roi de ne souffrir aucun exercice du culte réformé.

Thévalle signifia la volonté royale aux protestants, le 21 Février 1577; forcés d'abandonner leur temple, les ministres se retirèrent à Montoy. Le peuple célébra par des cérémonies religieuses la joie causée par cet événement ; des actions de grâces furent chantées dans toutes les églises et une procession générale du chapitre, des moines et du clergé séculier, suivie d'un immense concours de fidèles, parcourut les rues de la ville, portant dévotement le chef de saint Etienne, patron de la Cathédrale.

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