CHAF\ II. ETABLISSEMENT DES JESUITES A METZ I
et dépendait de la bonne volonté de l'abbé et des moines. L'abba3^e de Gorze, qui avait entretenu une école célèbre, venait d'être détruite dans les guerres du protestantisme. Quant aux écoles, jadis si renommées, de la Cathédrale, fondées et réglementées par Charlemagne, elles avaient disparu. Le Chapitre, absorbé par les luttes dirigées contre son influence politique, les avait laissées tomber et ne songeait pas à les rétablir.
L'instruction n'était cependant pas anéantie dans la ville. Nos anciennes chroniques parlent à chaque instant de mystères religieux ou de scènes romanesques, qu'on représentait sur les places de la cité. Toutes les classes de la société fournissaient des acteurs à ces drames qui duraient parfois plusieurs jours. Ainsi en Janvier i5oi, c'était une comédie de Térence, dont la représentation fut troublée par les gens du quartier d'Outre-Seille, vignerons et manœuvres, peu familiarisés avec le latin et que ce spectacle ennu3^ait. En 1437, on joua la Vengeance de Notre Seigneur Jésus-Christ , mystère qui contenait plus de trente mille vers. La môme année encore, ce fut le tour d'un autre mystère qui contenait cinquante-trois actes ou scènes. ^
Il y avait dans la ville une ancienne abbaye, dite de Saint-Eloy' presqu'entièrement ruinée par les malheurs
' Histoire de Met^ parles Bénédictins. — Huguenin. Chroniques messines. — Bégin, Histoire des sciences dans le pays Messin. — Vivii.LE, Dictionnaire dit département de la Moselle. — Petites affiches de Met-^, S avril i77<).
■■^ Voir sur Tabbave de Saint-Eloi, note 6.
des temps et par une mauvaise administration. L'abbé a^^ant été déposé, les trois ordres de la ville saisirent cette occasion pour demander à Henri IV de disposer des biens de ce couvent pour y fonder un collège ; ils lui exposèrent que l'abbaye de Saint-Éloi, dite de Sainte-Croix, était vacante et abandonnée, que l'abbé et les moines étaient poursuivis pour crimes de toute espèce et demandèrent que cette abbaye leur fut donnée pour servir à l'établissement d'un collège devenu indispensable dans une ville aussi considérable que Metz. Henri IV donna ce brevet, daté du camp de Clermont, le 27 Septembre 1690; les Prémontrés protestèrent contre cette décision et il fallut une bulle du Pape Grégoire XIV, datée du mont Quirinal, le 22 Juin iDQi pour réduire les moines au silence. Par cette bulle, le Pape supprimait et anéantissait l'abbaye de Sainte-Croix ou Saint-Eloi avec le titre et la dignité d'abbé « pour les revenus servir à l'érection d'un collège et à l'entretien des régents, lesquels obéiront à l'Evèque de Metz et à ses successeurs. » Henri IV confirma par de nouvelles lettres patentes du 8 Août i5()7 la donation de l'abbaye aux trois ordres de la ville de Metz.
Trois professeurs se présentèrent pour faire les cours du nouveau collège et Alexandre Humbert, chanoine de la Cathédrale, en fut nommé principal. '
' F.e Chani)iiic IlLimlK-rl Alcxandio Jcccda le i(i mai i(")23, pt-ii après que son eiillcgo (jut été remis entre les mains des Rev. Pères Jésuites (Jutinial de Duni Sebastien Floret).