‹ Les Jésuites à MetzChapitre 8 sur 107 · CHAP. 11. — ÉTABLISSEMENT DES JÉSUITES A METZ I · texte numérisé non relu

CHAP. 11. — ÉTABLISSEMENT DES JÉSUITES A METZ I

Les réformés devenaient chaque jour plus nombreux. Enhardis pir les guerres civiles, ils se sentirent' assez forts pour reprendre, à main armée, leur ancien temple de la rue de la Chèvre et ne cédèrent qu'aux ordres du Roi. Par lettres patentes du i3 mars iSqy, il leur assigna un terrain pour y construire un temple dans un retranchement des fortifications (rue Chambière). Le Président royal de Batilly, le Procureur général Pierre Joly avaient embrassé la réforme, et d'accord avec Raimond de Sobolles, lieutenant du duc d'Epernon, avaient confié l'administration de la Cité à des magistrats protestants. La promulgation de l'édit de Nantes, qui avait eu lieu le i3 avril iôqS, leur avait rendu toute confiance. Sobolles pilla plusieur«s- églises et exerça une tyrannie qui força enfin Henri IV à se rendre lui-même à Metz.^

Le Roi arriva dans nos murs le 14 mars i6o3 ; il chassa les Sobolles, les remplaça par MM. de Montign}^ et d'Arquien, renouvela la garnison et s'occupa de l'administration de la ville, entrant dans les moindres détails.

Un des principaux favoris du Roi, le marquis de la

' Raimond, sieur de Sobolles, de la maison de Comminges et son frère, s'étaient fortifiés dans la citadelle d'où ils ne sortaient que pour piller et mettre à contributions la ville et les environs. Le duc d'Epernon,. envoyé par le Roi, n'osa pas entreprendre de les renverser. Henri IV les bannit et remplaça la garnison par une autre, prise dans le régiment des gardes {Mémoires de Sidl)-, liv. XIV, tome IV). — Vie du duc d'Epernon, p. 217. — Cjhiers des doléances des trois ordres de la ville au roi, du 1 5 janvier i588. — Meurisse, Histoire des Evéques de Met^, p. 646.

Varenne, voulut profiter de la bonne disposition dans laquelle il voyait le souverain pour tâcher d'obtenir de ce prince, la rentrée des Jésuites en France. L'éloignement de Sully, qui s'était engagé envers le roi d'Angleterre à agir et à parler contre la Coiiipagnie de Jésus, ^ la présence de Villerov, des ducs d'Epernon et de Gesvres et de plusieurs autres seigneurs affectionnés aux Jésuites, offraient une occasion favorable.

Par l'entremise du sieur de la Varenne, le Père Provincial Ignace Armand,^ accompagné des Pères du Chastelier, Brossart et de la Tour, fut introduit, le mercredi saint, après le dîner du Roi, en son arrière cabinet où étaient le Duc d'Epernon et MM. de Villeroy et de (iesvres. Les Jésuites se jetèrent aux pieds du Roi. Sa Majesté les reçut en toulc douceur et huinauiié , leur commanda de se lever et ne permit pas qu'ils lui parlassent à genoux.

Le Père Provincial fit une longue harangue^ à laquelle le Roi répondit fort amicalement: «Je ne veux point de mal aux Jésuites ; que le mal que je désire à homme qui vive m'avienne ! Ma cour de parlement a fait quelque chose contre vous, ce n'a pas été sans y

^ Mémoires de Sully, \\\ . 2.S, t. V. p. 107.

2 I.e P. li^nace Armand, né à Gap, entra chez les Jésuites en iSGg, âgé de dix-sept ans. Il enseii^na la philosophie et la théologie, fut recteur du collège de Tournon, quatre lois de celui de Paris, deux fois supérieur de la maison professe, trois fois ï^rovincial de France, deux fois provincial de Champagne. Il mourut à Paris le 2 décemhre 1(138.

•* \\n\' Pièces justiticalives, note 7.

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