physique et mathématiques 1762 à 1764 : Mauduit
Nombre d'élèves en 1763: Physique.... 2
Logique 18
Rhétorique.. . 40
Seconde 42
Troisième ... 45
Quatrième. . . 44
Cinquième . . . 3q
Sixième 36
Dépense fixe et annuelle à laquelle le collège est assujetti : Principal, 2,400 francs ; prof, de math., 2.400 fr. ; de logique, i,5oo fr. ; d'éloquence, i,5oo fr. ; humanités, 3^ et 4'', 1,200 fr. : 5« et 6", 1,000 fr. ; aumônier, 200 fr. ; sacristain, 25o fr. ; portier, 100 fr. ; correcteur des classes, i5o fr. ; entretien des lampes, 70 fr. ; pour balayer le portail de l'église, 18 fr. ; entretien des bâtiments, i,5oo francs; impôts, 1,061 fr. ; économe, i,o54fr. Total, 17,403 fr.
Extrait du règlement fait pour le collège le 21 déc. 1763.
Pensionnaires : lever 5 h. V2? classe 8 h. ^4, messe 10 h. V25 classe 2 h. ^/i, coucher 9 h.
Gongés : mercredi et samedi après-midi, dimanche.
Les pensionnaires sont tenus de déposer leur épée en rentrant de sortie, chez M. le Principal. Ils doivent porter au collège, par dessus leur habit, une espèce de robe, suivant l'usage de l'Université de Paris, pour qu'on ne puisse les confondre avec les externes. Le prix de la pension est de 3o livres par mois.
35. Le collège fut donné aux Bénédictins par Lettres patentes du Roi, datées de Versailles du 22 juillet 1768, enregistrées au Parlement le 22 août suivant. Imprimées chez J. Goli.ignon 1768, in -40.
Il prit le nom de collège Saint-Symphorien.
Règlement : Pensionnaires, lever 5 h. ^'2 ; pendant le lever on fait une lecture d'histoire sainte; 6 h. catéchisme, puis étude; 8 h.
SgS NOTES (35)
classe; lo h. \'2 messe; midi, diner, lecture; 2 h. classe: 8 ^,'2 coucher, pendant lequel on fait une nouvelle lecture.
Les jours de congé, dîner à la maison de campagne de Saint-Eloy.
Professeurs de 1 '^68 à 1 jf)4.
Principal : 1768 Dom Casbois, 1784 D. Conscience, 1790 D. Collette.
Prieur : 1768 D. Tabouillot, 1784 D. Pierron. Profess. de physique : 1768 à 1794 D. Enard.
» pliilosopliie : 1768 D. Reughel, 1784 D. Bertilerville,
1786 D. Amyot.
y rhétorique : 1768 D. Pierron, 1786 D. Leblanc.
« seconde: 1768 D. Breton, 1790 D. Bertrand.
)) troisième : 1768 D. Lemaire, 1784 D. Carit, 1789 D.
Toussaint, 1790 D. Calmar.
» quatrième: 1768 D. Desrosieres, 1790 D. Bricet.
» cinquième : 1768 D. Dépinois, 1784 D. Calmar, 1790
D. Rewbel.
» sixième: 1768 D. Gougelet, 1784 D. Bricet, 1790 D.
Lombatte.
Procureur : Dom Gaspard. Secrétaire : Dom Grosjean.
L'enseignement était à peu près le même que celui des Jésuites; comme eux, les Bénédictins faisaient représenter à leurs élèves des drames et donnaient des séances publiques. En 1785, on joua la Mort de César, tragédie de Voltaire. Le rôle de César fut joué par Philippe Viville, depuis secrétaire général de la préfecture de la Moselle.
En 1786, les Bénédictins de Sàint-Clément avaient été autorisés à créer une école de mathématiques pour les aspirants à l'école royale d'artillerie. Ce collège militaire, dirigé par Dom Pierron, puis par Dom Fumé, n'avait que deux professeurs bénédictins : D. Termonia et D. Jacques ; les autres étaient choisis par l'autorité militaire ; Gardeur-Lebrun fut de ce nombre. Toutes les semaines, les élèves devaient passer des examens sur les matières de l'enseignement et les notes en étaient envoyées aux parents et au commandant de l'école royale d'artillerie.
Indépendamment du collège Saint-Symphorien, les Bénédictins avaient des classes où l'on enseignait les humanités, la philosophie et la théologie dans les abbayes de Saint-Arnould, Saint-Clément et Saint- Vincent. Les chanoines réguliers de la Congrégation du Saint-Sauveur comptaient près de 200 élèves à leur collège de Saint-Louis du Fort. Le diocèse entretenait deux séminaires :
Sainte-Anne, où l'on formait les missionnaires, et Saint-Simon, doté de cent bourses gratuites où Ton préparait le recrutement du clergé. Dans le reste du département, les Augustins avaient un collège à Thionville ; les Récollets, à Sierck, à Briey, à Sarreguemines et dans bien d'autres localités des maîtres professaient la langue latine. Dans tous ces collèges l'externat est complètement gratuit.
(Bégin, Hist. des Sciences. Baltus, Annales de Met^. Almanach des 3 Evèchés. Maggiolo, Mém. de Stanislas j888, etc.).
36. En 1790, à Metz, l'abbaye Je Saint-Arnould ferme ses ccoles ; en ijqi, on vend au prix de 84,000 francs la maison de l'abbé ; quelques mois plus tard, au pied de l'arbre de la Liberté, sur la place de la Loi, on brûle les livres infectés parles emblèmes de la superstition et de la royauté. En l'an IV, on installe l'école du génie à Saint-Arnould ; l'arsenal d'artillerie, aux grands Carmes ; l'arsenal du génie, aux Célestins ; Saint-Clément, Sainte-Glossinde, les Ursulines servent de magasins d'habillements, de buanderie, de dépôts ; on met à la disposition des gens mariés de la garnison le couvent de la Congrégation. On affecte à la gendarmerie le couvent de Sainte-Marie-Madeleine; à la prison départementale, ^abba^•e de Saint-Symphorien ; le séminaire de Sainte-Anne fut converti en hôpital ; celui de Saint-Simon et le collège Saint- Louis en casernes ; l'église Saint-Vincent sert d'écurie à bœufs, les autres églises sont livrées aux fournisseurs de l'armée ou à quelques industriels. L'église des Jésuites et celle de Sainte-Croix sont converties en clubs ; on démolit la maison des Capucins, on vend celle des Frères.
En i-go, la municipalité de Metz convertit le collège Saint- Symphorien en collège national ; les Bénédictins restent, mais vivent comme des laïcs. En l'an IV le ministre ordonne la fermeture du collège. Le décret du 7 ventôse an III, rendu sur le rapport de Lakanal, exigeait la suppression de tous les collèges et ordonnait de créer partout des écoles supérieures où trois cours seulement devaient exister : Un cours d'hygiène, un cours d'arts et métiers et un cours de méthode des sciences, de logique et d'analvse des sensations et des idées. Le Directoire établit à Metz l'école centrale dans les bâtiments de l'abbaye de Saint-Vincent. Le personnel comprend sept professeurs, dont trois ou quatre anciens Bénédictins,
En l'an IX, le préfet Colchen, dans un rapport au ministre, dé-
clare « que la suppression des collèges a livré à l'ignorance une génération presqu'entière. »
Le lycée de Metz fut créé dans les derniers mois de 1804. La ville dépensa plus de 3 3o,ooo francs pour son installation dans les bâtiments de Tabbaye de Saint-Vincent. Deux hommes ont surtout contribué à la réputation du Ivcée de Metz. Comme administi-ateur, l'abbé Sainsère qui fut proviseur de iNi5 à i83i et comme préparateur aux écoles du gouvernement, M. Blavette qui dirigea ce cours de 1840 à i858. Pendant les soixante-cinq années de son existence, le Ivcée de Metz a donné plus de cent généraux à l'armée française, parmi lesquels on peut citer : Ardant, Paixhans, Poncelet, Chanzv, Clinchant. Il a envoyé à l'école polytechnique des ingénieurs éminents tels que : Collignon, Delesse, Sauvage, Frécot, Surell, Daubrée. Dans des genres différents : Tocqueville et le baron Henrion, Huguenin et Gandar, Ambroise Thomas et de Lemud ont apporte leur pierre a l'édifice consacre à la gloire de Metz.
(Voir Maggiolo, recteur de l'Académie de Nancv, Mémoires de l'Académie de Stanislas 1 888-i88g).
37. Nicolas-Marie-Dieudonné Potot, né à Metz le 12 juillet 1771, fut élevé par son père, qui lui-même avait puise au collège de Metz et à l'Université de Pont-à-Mousson les principes solides de l'éducation qu'on y donnait. A dix-huit ans, après avoir passé ses examens devant la Faculté de droit de Strasbourg, Dieudonné Potot fut reçu le fi août 1789, avocat au Parlement de Metz. La même année, il fut élu lieutenant de la garde nationale et prit part à l'expédition commandée par le marquis de Bouille, dirigée contre les régiments révoltés à Nancy. Potot y reçut plusieurs blessures et s'y distingua tellement que Louis XVI le nomma par brevet du 18 juin 1791 sous-lieutenant au régiment de Condé, infanterie. Arrêté comme suspect pendant la Terreur, il fut relâché par suite d'une erreur, et retourna à l'armée où il gagna, sur les champs de bataille, tous ses grades jusqu'à celui de chef de bataillon. Grièvement blessé à Mannheim en 179G, il ne put revenir à Metz qu'en 1800. Ramené aux idées religieuses, il ne cessa plus de marcher à grands pas dans les voies de la perfection. En 1817, à 47 ans. il entrait au séminaire et fut oixionné prêtre le 19 septembre 1818.
D'abord chapelain de la maison de charité des Récollets, il transforma cet établissement où, en 1792, il avait été désigné par le club des Jacobins, pour surveiller les prêtres insermentés. Il devinr. en 1820, chanoine de la cathédrale et exerça les fonctions
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de confesseur dans un grand nombre de communautés religieuses. En 1825, il fut nommé supérieur de la maison des Missions diocésaines, fondée par Mgr Besson. Chacune des années du vénérable prêtre fut marquée par des fondations pieuses ou charitables. Après le départ du P. Debrosse, il continua son œuvre en dirigeant la bibliothèque populaire où l'on distribuait chaque année plus de quinze mille volumes. En 1819, il fonda la ncuvaine de l'Assomption ; transférée de l'humble chapelle des Récollets à la cathédrale, elle attire encore chaque année un auditoire considérable autour de la chaire où se sont fait entendre les voix de plusieurs grands prédicateurs de l'époque. En 1820, il établit l'association des Dames des bonnes œuvres qui servit de cadre à presque toutes les œuvres de charité dont Metz était si richement dotée. En 1S21, il fonda à la cathédrale la dévotion si populaire du Mois de Marie.
En i833, Tabbe Potot entra dans la Compagnie de Jésus. Le
25 mars i835, il prononça ses vœux et s'éteignit saintement à Metz le 2 mai 1837.
(Vie du R. P. Potot, par le P. Phélipon S. J. 1842. — Eloge funèbre du R. P. Potot, par l'abbé Martin-. Metz, Collignon, iBS-, in-i2. — Vie manuscrite du P. Potot, par le P. Bach S. J.).
38. Notice sur Mgr Besson. Metz, Collignon, 1842, in-80. — Indépendant de la Moselle, no du 2? juillet 1842. Galette de Mety,
26 juillet 1842.
Pierre Michel Uhrich, né à Bitche 29 sept. 1752, fils d'un président du bailliage de Bitche, élève des Jésuites de Pont-à-Mousson, avait été empêché d'entrer au noviciat par la suppression de la Compagnie. Attaché à ses anciens maîtres, son visage s'illuminait quand on lui parlait d'eux. Nommé curé-archiprètre de Bitche et chanoine de Metz, il mourut le 23 juin i836.
Claude-Nicolas Fidry, né ("> déc. 1742, élève des Jésuites, il entra au noviciat en 1762. A la mort de Stanislas, il se rendit en Italie et ne quitta la Compagnie qu'en 1773, alors que le bref de Clément XIV eut mis fin à son existence. Après le concordat, devenu curé d'ArgancV;, il eut une part considérable à la fondation de la Congrégation des sœurs de Sainte-Chrétienne. De 1809 a 1821, il fut supérieur du petit Séminaire. A cette époque, l'Evêque le nomma vicaire général honoraire. Il mourut à Metz le 3 décembre
{Notices à la suite de la vie de Mme de Méjanes, par l'abbé Cha- LANnoN. — Metz, imprimerie Ch. Dieu, in-12.
39. Les Aiigustins, d'après l'histoire des Bénédictins, s'établirent à Metz en 1260, à l'entrée de la rue du Neufbourg, auprès d'une chapelle que les Templiers leur cédèrent, sur un terrain qui leur fut donné par l'abbaye de Sainte-Glossinde. Après avoir rendu des services signalés à la cité, notamment lors des épidémies si fréquentes au moven-àge, le couvent des Augustins dégénéra complètement et fut l'un des principaux foyers où se développèrent les sectes de Luther et de Calvin. Réformés en iSjS, les religieux reprirent leurs anciennes traditions de piété, de regulariré et de charité. En i/'^Q, leur couvent fut en partie démoli pour agrandir la place Saint-Thiébaut. Le plan de reconstruction, tracé par Gormontaigne, comprenait presque tout l'espace situé entre les rues du Neufbourg et des Augustins d'une part, et d'autre part entre la place Saint-Thiébaut et une ruelle qui, partant de la rue des Augustins allait aboutir rue du Neufbourg, en face de la rue Chandellerue. L'église se trouvait au coin de la rue des Augustins et de la place Saint-Thiébaut. Le portail était décoré par quatre grandes colonnes de granit, débris de l'amphithéâtre romain qui ornaient auparavant la vieille porte du pont des Morts. A la Révolution, le couvent fut vendu comme bien national; l'église, en partie détruite, fut convertie en greniers et en écuries, les bâtiments situés en façade sur la place Saint-Thiébaut furent divisés et aménagés en maisons particulières.
L'acquisition de l'abbé Bureaux comprenait la partie du couvent qui entourait une sorte de cloitre régnant au chevet de l'église. En démolissant la partie qui bordait la rue des Augustins, on construisit un bâtiment renfermant au rez-de-chaussée des classes et au premier une grande chapelle très simple. Dans un coin de la cour, on laissa subsister, pendant plusieurs années, la tour vermoulue, dernier vestige du clocher de l'église. Sur le mur de la cour de récréation, l'abbé Bureaux avait fait graver en grands caractères les mots: Deo, parentibus. patria\ ^]u il avait pris comme devise du nouvel établissement.
40. Jc\Tn-Bjptiste Chary, né à Montois-la-Montagne près Briey le 10 juin 17Q9, après avoir été élevé au pensionnat de Talange, termina ses études au petit Séminaire qui se trouvait alors dans les dépendances de l'Evêché à Sainte-Glossinde, puis au grand Séminaire. Sorti en 1826, i-1 fut curé à Jœuf. et i-evint à Metz peu après comme vicaire à Saint-Vincent et aumônier du Sacre-Cœur. Entré au noviciat d'Estavayer, il dexint professeur de rhétorique au collège de Fribourg. Chasse par la guerre du Sonderbund, il
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résida deux ans à Avignon et passa le reste de sa carrière dans les résidences de Strasbourg et de Troyes. Le P. Charv avait conservé un tendre attachement pour Metz et une grande vénération pour le P. Potot qui avait décidé son entrée dans la Compagnie. Nous devons à l'obligeance de ce bon et saint religieux de nombreuses notes qui ont servi à écrire l'histoire des Jésuites à Metz
41. La Congrégation des Daines de Li Providence, fondée au XVL siècle par Jeanne Idelette de Morel, réorganisée à la fin du XVI IL' siècle par le jésuite d'Hervillé, martyrisé à Lvon en 1793, était prospère à l'époque de la révolution. Les religieuses, expulsées de France, se réfugièrent en Belgique. En 1802, rentrées en France, elles se fixèrent à Charleville et fondèrent à Metz, en 180G, à Luxembourg et à Arlon des établissements assez considérables. Jusqu'en 182 1, la maison de Metz n'était qu'une succursale de celle de Charleville où résidait la supérieure généi-ale. Le rétablissement de l'Evêché de Reims avant séparé le département des Ardennes de celui de la Moselle, le couvent de Metz, dit des Dames de Sainte-Sophie, se sépara et fonda un noviciat. En 1834, sur les conseils du P. Potot, les religieuses résolurent de demander aux Dames du Sacré-Cœur, dont le P. Varin avait été le fondateur en 1800 de les recevoir dans leur congrégation. Cette substitution décidée en 1834, elles quittèrent leur premier établissement de la rue des Prisons militaires pour aller se loger rue Marchant (ancienne rue des Grands-Carmes). Le Conseil municipal de Metz, qui avait hautement apprécié l'utilité des Dames de Sainte-Sophie, affecta une somme de quarante mille francs à leur nouvel établissement. En 1860, la Congrégation des Dames du Sacré-Cœur vendit la maison de la rue Marchant à l'établissement des orphelines dirigé par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul et acquit movennant le prix de cent quarante mille francs la maison de la rue Chàtillon, n» 4, faisant angle avec le rempart Saint- Thiébaut. La même année, par décret impérial du 6 décembre 1860, la Congrégation enseignante des Dames du Sacré-Cœur fut autorisée à fonder près de Metz, dans la commune de Montigny, un établissement magnifique où elles transportèrent le pensionnat de leur maison de Metz.