Archives Départementales, D
sa procuration pour le résigner en faveur du collège. C’est munis de cette procuration et du consentement de l'abbé de Nouaillé que les Jésuites se pourvurent en cour de Rome, où ils obtinrent, en 1618, les bulles d'union que nous avons cidessus mentionnées.
Le 4 décembre 1619, le collège présenta sa requête à l'évêque de Poitiers ; le 11 janvier 1620, il prit possession du prieuré, et le lendemain 12, la prise de possession en fut publiée à la messe paroissiale de Celles-l’'Evescault, près de Lusignan.
Cette union toutefois ne parut pas entièrement légitime : il y manquait d’abord le consentement des religieux de Nouaillé : de là un procès qui dura plusieurs années. Ceux-ci s'étant enfin décidés, le 8 janvier 1627, à approuver une union « faite pour le bien et utilité publique », ce fut au tour du titulaire de protester. L'affaire fut portée au Conseil privé du roi, Le procès était prêt à juger, quand Milon, qui était en même temps curé de la paroisse de Comblé, par acte de conciliation avec les Jésuites (13 février 1629), consentit à ce que les bulles d'union sortissent leur effet et que le collège continuât à jouir du prieuré.
A la mort de Milon, les Jésuites, malgré les plaintes des habitants, conservèrent le revenu du prieuré sans faire desservir la cure, qu'ils essayèrent de réunir pour le service divin à la paroisse de Celles-l'Evescault. Cette dernière étant éloignée d’une lieue de Comblé, il en résultait pour les paroissiens de très fâcheux événements, soit pour le baptème des enfants qu'on était obligé de transporter à Celles, soit pour les sacrements que les malades ne pouvaient se procurer quand ils en avaient besoin. Le substitut de Lusignan, du bailliage duquel ressortait ce bénéfice, se faisant l’écho de toutes ces plaintes dans un mémoire adressé au procureur général du roi, ajoutait « que les habitans se joignent à lui pour supplier la Cour de vouloir y mettre ordre, ne pouvant vivre sans pasteur ». Tout cela ne servit à rien, et les Jésuites continuèrent de jouir en paix de leur prieuré de Comblé qui leur rapportait, bon an - mal an, 450 livres environ!
Le prieuré de Sainte-Radegonde ne donna pas lieu à toutes