‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 102 sur 236 · LV · texte numérisé non relu

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Solidité et grandeur des constructions des Jésuites. — L'église. Les clochers. Les cloches. — La facade principale de l’église. La porte d'entrée. Le gardien de l’église. — La seconde porte du côté de l’ouest. L’escalier de la tribune.

Elégance et richesse de l’intérieur de cette église. Variété de styles. L’autel. Le retable. Le tableau de Louis Finson. Les niches des quatre Evangélistes. L’écusson de Flandrine de Nassau. Le sanctuaire. Les peintures. La balustrade. Les tribunes grillées. — Les chapelles latérales. — La tribune. La voûte, La chaire. — La sacristie et sa décoration artistique.

Visite du P. Coton. Gestion peu florissante du collège. — Rectorat du P. Louis Lescazes. Gaspillage des Jésuites. Défense de la Compagnie présentée au roi par le P. Coton. Exagération de cette défense. Mort du P. Coton. — Rectorat du P. Hiérosme Lestonac. Donation faite au collège des deux métairies du grand et du petit Fouilloux.

La peste à Poitiers. Fermeture du collège des Jésuites. L'hôpital des pestiférés. — Les PP, Garasse et Desmier. Mort du P. Garasse. Triste célébrité de ce Père.

Réouverture du collège. Rectorat du P. Gilbert Rousseau. Sa faible administration. — Rectorat du P. Pierre de la Brangelie. Commencement de construction d’un moulin à papier dans l’île de Pons. Vive opposition de leur ancien ami Pierre de Brilhac. — Rectorat du P. Jacques Cothereau. Accroissement des dépenses et des dettes. Les Jésuites aux abois. Construction de la salle dite des Séculiers. y

Amitié de M. Bardin pour lesJésuites.Don fait par ce magistrat de 2.000 livres de rente pour la fondation de deux chaires de théologie. et l’entretien de la bibliothèque. — Rectorats du P. Bernard Solier et du P. Guillaume Ricard. « Payer ses dettes, c’est s'enrichir ». Vente de la métairie Lagrange. — Rectorat du P. Guillaume Malescot. Lettres de recession restées sans effet. Grande amélioration dans la situation financière des Jésuites.

L'installation des Jésuites était à peu près complète en 1622.

Leur collège s'était immensément agrandi depuis 1608. Ils avaient maintenant, le long de la rue du Collège, un bâtiment pour les classes, et l'église. En arrière du bâtiment des classes, dont il était séparé par une cour à peu près carrée, s'élevail

le bâtiment central, dit pavillon Æenri IV, et enfin ils avaient construit le grand bâtiment à trois étages qui va de la chapelle jusqu’à la rue de Paille.

Les Jésuites, on en conviendra, n'avaient rien négligé ni ménagé pour se donner à eux-mêmes une habitation aussi commode que spacieuse et solide, et dans laquelle ils pussent trouver tout à la fois l'agrément du séjour et la tranquillité de l'esprit. Rien n'avait été épargné pour donner surlout à l'édifice cette force de construction, sur laquelle près de trois siècles ont déjà passé, sans en altérer la solidité, sans qu'il ait été encore besoin d'appeler la main du maçon ou du charpentier à réparer l’œuvre primitive. L'épaisseur des murailles et la qualité supérieure des bois de charpente, que durent fournir les plus robustes chênes de Ligugé ou de Saint-Benoît, n’ont rien souffert du nombre des années. Les murs sont presque trois fois séculaires, et ils n’offrent à l'œil ni déviation, ni lézardes. C’est une construction de château-fort ou de citadelle, capable de défier encore d’autres siècles.

L'église surtout est remarquable par sa masse rectangulaire. Elle est flanquée de deux tours qui s'élèvent à l'extrémité sud du monument et qui se terminent en campaniles oclogones, un peu grêles, couverts d’ardoise, et dont le lanternon porte, d'un côté, une croix de fer forgé et, de l'autre, une girouette (autrefois au chiffre de la Compagnie), dominant une rose des vents. L'un des clochetons contient l'horloge :, et l'autre les deux cloches du lycée. :

L'une de ces deux cloches est fort ancienne et porte le millésime de 1656, avec cette inscription latine : Laudabile nomen Domini, qui surmonte le chiffre de la Compagnie de Jésus I HS. À la partie supérieure, est enroulé un chapelet à

4. La vieille horloge, qui marchait toujours mal et coûtait cent francs d’entretien par an, fut remplacée, en 1840, par une horloge neuve exécutée par M. Lefebvre, mécanicien de Poiticrs, qui s’engagea, avec son fils, à la tenir en état pendant dix ans, moyennant cinquante francs par an. Elle fut achetée 600 francs. À peine âgée d’un demi-siècle, elle radote déjà et réclame une remplaçante.L’Administration collégiale cût, certes, été bien inspirée d'accepter, il y a quelques années, la proposition d’un Inspecteur général des sciences qui, en échange de cette horloge, dont le mécanisme est unique et qu'il voulait faire déposer au Conservatoire de l’École des arts et métiers, en offrit une toute neuve. — (Archives du Lycée).

gros grains relevés en bosse et que termine gracieusement une croix grecque. C’est la cloche de l’église.

L'autre cloche, celle des élèves, au millésime récentde 1866 1, est la troisième depuis la fondation du collège.La plus ancienne dura jusqu’en 1843, époque à laquelle on la fit refondre ?. Cette cloche, destinée à marquer les divers exercices de la journée, est suspendue à la partie la plus élevée du clocheton. Rier n'est plus étrange que l'usage d'une cloche substituée au tambour dont le roulement règle partout ailleurs, dans les lycées, la vie des collégiens.

Oh ! vous rappelez-vous ces heures de collège Que dore l'amitié, que l'espérance allège, Bien qu'aux jeunes enfants le poids semble si lourd ! Ces études sans fin, puis ces rêves de gloire Iluminant au sein de la nuit triste et noire,

Nos pas réglés par le tambour !

Ainsi le poète évoque le souvenir, commun à tous les autres établissements universitaires, de son collège de Marseille *.

La facade principale de l’église est, contrairement à l'usage, tournée vers le nord. Construite en pierres d'appareils et moellons, elle remonte visiblement à la fin du xvi* siècle ou au commencement du xvrr°. (Dorique romain).

Cette façade, qui forme pignon, est éclairée par une rosace dans l’axe et au-dessus de la porte d'entrée, et par quatre croisées situées deux à deux à des étages différents.

On peut la diviser dans le sens de la hauteur en trois parties principales :

1° Les soubassements jusqu’au cordon à hauteur du plein cintre de la porte d'entrée.

2 La partie médiane, du cordon aux chapiteaux, qui com-

1. Elle porte cette inscription : Lycée Impérial. Jules Chauveau. Proviseur. ” Au-dessous, la croix de la Légion d'honneur, dont ce fonctionnaire était décoré. Sur le milieu de la cloche, une petite statuette en relief de la Vierge et, à la partie inférieure, ces mots indiquant son origine: Bollée et fils, fundeurs-accordeurs au Mans.

2, Elle pesait 109 demi-kilogrammes. La nouvelle, qui s'appelait Marie- Elisa, du nom de sa marraine, femme du proviseur dälors (M. Ménard), en pesait 127.

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