‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 104 sur 236 · L’AUTEL PRINCIPAL DE L'ÉGLISE DES JÉSUITES · texte numérisé non relu

L’AUTEL PRINCIPAL DE L'ÉGLISE DES JÉSUITES

attribut. Ces quatre statues sont modelées en terre cuite et en ronde bosse avec un talent réel d’attitude et d'expression.

L'écusson qui surmonte chacune des deux niches supérieures, est celui de la donatrice, Mee Charlotte Flandrine de Nassau. Découpé en accolade à la partieinférieure, il porte en mi-partie les armes de Nassau-Orange et de Bourbon-Montpensier, rappelant ainsi par une flatteuse attention la double origine de cette princesse et l’heureuse alliance des Flandres avec les plus riches provinces de France. Il est entouré d’une cordelière et sommé d’une crosse tournée à dextre ou en dedans. Ces armes ne diffèrent en rien de celles qui se voient, en plusieurs endroits, au monastère de Sainte-Croix.

La peinture, la dorure et la sculpture, employées peut-être avec excès, rehaussent tout le sanctuaire : à la voûte, sur les parois, à la partie supérieure de l'arc triomphal, des compositions picturales, fresques multicolores, représentent le Saint- Sacrement dans un ostensoir en forme du temps, sorte de tourelle où est enfermé le divin prisonnier, qu'adore la cour céleste au milieu du concert des anges ; l’Esprit-Saint en forme de colombe et planant sur l'autel; saint Louis, jeune roi, faisant l’aumône à deux pauvres ; ou, agenouillé et priant, écoutant l'ange qui l'invite à la croisade. Dans ces deux tableaux, le prince est représenté, non sans une intention courtisanesque, tantôt sous les traits de Louis XIII, tantôt sous ceux deLouis XIV enfant. Plus bas, la Mise au Tombeau fait face à la Transfiquration : ce sont deux toiles.

Sur les piliers en pierre, de chaque côté de l'autel, on aperçoit encore d'anciennes peintures,aujourd'huirecouvertes d’un badigeon ;sur lespanneaux des porteslatérales dela sacristie et de la fausse sacristie sont dessinées des fleurs au naturel, et sur le fronton apparaissent proéminentes des têtes d’anges ailées.

Le monogramme du nom de Jésus, enveloppé d’une auréole circulaire, à rayons alternativement droits et flamboyants, disséminé çà et là, au fronton du retable, à la voûte, à la partie supérieure de l’arc triomphal, indique nettement la Compagnie de Jésus et rappelle le vocable sous lequel l’église avait été primitivement placée .

i. Elle prit le nom d'église de Saint-Louis en 1615.— Voir ci-dessus, page 68.

Tout cet ensemble forme une œuvre artistique qui porte le cachet de son époque, c’est-à-dire du règne de Louis XIII.

De nombreuses réparations furent faites plus tard, en 1753 et 1754, au retable et au tabernacle. On dépensa aussi, pendant ces deux années, d'assez fortes sommes pour l'achat et la pose des vitraux :.

Le sanctuaire est fermé par une balustrade en fer forgé, fleurdelisé sur les côtés, et où les noms de Jésus et de Marie sont inscrits dans des cartouches en style rocaille; ce quinous fait encore descendre au règne de Louis XV. Elle fut faite, en effet, en 1755 ?.

De chaque côté de l'autel, entre les deux rangs de tableaux et le mur extérieur, on remarque deux tribunes grillées, qui sont dans les traditions jésuitiques : les Pères pouvaient, sans être vus, y assister aux offices.

Dans l’église étaient cinq chapelles latérales, irrégulièrement formées dans les parois d'une œuvre qui, sans cela, serait assez homogène. Elles étaient ornées de sculptures et de dorures, . pour lesquelles on dépensa 436 livres en 1756 *, et consacrées à des saints de la Compagnie, représentés en statues ou en tableaux. Il y avait la chapelle du Sauveur, la chapelle de saint Ignace, la chapelle des PP. Jésuites, l'autel de saint Xavier et la chapelle de Notre-Dame. Par une singularité peut-être assez remarquable, il ne se trouvait point alors de chapelle proprement dite de la sainte Vierge.

Les autels des quatre chapelles qui faisaient symétrie dans la partie de la nef réservée aux élèves avaient, comme le grand autel, pour les fêtes solennelles, des devants brodés en Jais d'une véritable magnificence. L’enceinte était fermée par une belle balustrade en bois, s’élevant à la hauteur du piédestal des grands pilastres engagés dans les murs. L'intérieur était doublé en entier de boiseries qui recouvraient même la voûte 4.

Des deux chapelles de droite, l'une existe encore, mais sans autel ni balustre. L'intérieur du cintre est orné de vulgaires

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