‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 105 sur 236 · LA · texte numérisé non relu

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peintures représentant Jésus enfant prêchant le peuple, et la Mère de Jésus assise avec son fils sur un banc de pierre en pleine campagne. Cette chapelle, consacrée d’abord à la Vierge, puis à lAnge gardien, fut inaugurée le 7 juin 1857, à l’occasion de la cérémonie de la première Communion, qui fut présidée par le cardinal Pie. Elle servait, du temps des Jésuites, à la congrégation des SS. Anges. L'autre, celle du Sauveur, a complètement disparu quand on a percé dans la paroi où elle était formée la nouvelle porte par où entrent les élèves.

La garniture de l’une et de l’autre chapelle se composait autrefois de panneaux chargés d'emblèmes sculptés, peints et dorés. On en reconnait des fragments qui ornent la chaire du couvent actuel des Carmélites, ainsi que l'autel qui se trouve à droite en entrant ; ils sont maintenant peints d’une seule couleur et sans dorure.

La cinquième chapelle, la première à gauche, au bas de l'église, dépourvue de tout ornement, mais qui avait autrefois des panneaux de différentes formes dorés sur les moulures et ornés de fleurs peintes en couleur, abrite aujourd’hui un confessionnal.

Elle était renforcée anciennement d’un retable âssez simple en bois de couleur naturelle et ornée d’un tableau représentant la Fuite en Egypte.

Les murs de l’église sont éclairés par dix fenêtres et ornés de moulures et de cartouches où sont représentés des armoiries symboliques et les insignes de la Compagnie.

Au-dessus de la porte principale, qui ouvre sur la rue, s'étend la magnifique tribune, que surmonte une rosace, escortée ellemême de deux fenêtres cintrées. Elle est ornée d’une balustrade à balustres épais. Les trois arcades qui la soutiennent ont pour ornement, outre les fleurs de lis qui ont été grattées pendant la Révolution et les triglyphes alternants, six femmes, assises aux écoinçons sur la courbe de l'arc, piedset têtes nus,

et représentant les vertus théologales et cardinales avec leurs divers attributs. Tous ces beaux travaux furent exécutés vers

1675, sous le rectorat du P.Gombauld : la voûte et les balustres

ornés coûtèrent 1.610 livres.

La voûte de l’église, de forme gothique, quoique privée

d’ogives, s'élance à une hauteur raisonnable et n'estnullement désagréable à l'œil.

Nous signalerons enfin la chaire à cuve octogone et culot à jour, qui, contrairement à la règle, est adossée à un pilier du côté droit de l’église, œuvre sévère du xvrr° siècle et d’un style vraiment monastique. Elle provient, en effet, de l’ancienne abbaye bénédictine de Nouaillé, où elle fut enlevée à l'époque de la Révolution, Il y avait, avant celle-là, dans l’église des Jésuites une autre chaire, vaste et belle, de forme carrée, entièrement recouverte de dorures et de sculptures, et garnie de deux tapis de broderie. Le prédicateur y arrivait par la grande cour, où l’on distingue encore, sous le crépissage, la baie extérieure qui y donnait accès, et aucun escalier ne

paraissait au-dedans.

La sacristie, favorablement située au-midi, derrière le chevet de l’église, peut être citée comme un modèle du genre et fait l'admiration des connaisseurs. On remarque, dans le vestibule, deux grands. tableaux : une toile représentant l’apothéose de saint François Xavier, le grand apôtre des Indes, et une peinture sur bois, figurant la sainte Trinité. Au bas de ce dernier on lit l'inscription suivante :

« Ce tableau est dédié à la Sainte Trinité et posé en ce lieu! du don et consentement de tous les M‘ tailleurs d’habits de cette ville l’an 1603, le xxin° may par P. Pevenot, A. Dautie, F. Morseau, P. Palot, jurés dudit mestier de talleus (sic) d'habits. »

Dans la sacristie même, la peinture historique se mêle à profusion avec la sculpture sur chêne. Sur les murs, au plafond, partout, sont reproduites les diverses scènes de la vie de Jésus, depuis l’Annonciation, la Nativité, l’Adoration des Mages, jusqu’à la Passion, l’Agonie et la Résurrection, en passant par le Baptême par saint Jean, la Fuite en Egypte et l'Ensevelissement. Sur les nombreuses boiseries sont sculptées, avec le chiffre des Jésuites et les noms de Jésus et de Marie plusieurs fois répétés, les insignes divers de la royauté, tels que sceptres, couronnes, mains de justice, croix du Saint-Esprit, etc., etc. Entre les deux fenêtres, deux autres tableaux sur toile, d’assez

1. L'ancienne église de la Trinité, d'où provient le tableau.

grande dimension, représentent l'un saint Ignace de Loyola, l’autre saint François Xavier.

On croit généralement que la décoration de cette superbe sacristie date de 1609 et que, comme le retable de l’église, elle est imputable à la généreuse abbesse de Sainte-Croix. On remarquera cependant que ses armes n’y figurent nulle part. De plus, il est attesté par les comptes annuels des Jésuites ! que ces magnifiques travaux ne furent commencés qu'en 1665. On paya, cette année-là, 400 livres pour bois de noyer ou de chêne, sans compter les honoraires de l'architecte ?, 500 livres à Monsieur Perronneau pour ardoise, lattes, clous et planchon, et 300 livres pour les tableaux du « plat-fond ». On dépensa encore 300 livres pour la sacristie en 1669, et 206 livres en 1756 pour les «tableaux de la sacristie » *.

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Quand, dès les premiers jours de février 1623, le P. Coton qui était alors provincial d'Aquitaine, revint à Poitiers, c'est avec un bien grand plaisir qu'il put constater devisu les progrès de la Compagnie dans une ville qui s'était montrée d’abord si récalcitrante. Son admiration dut être moindre pour la gestion privée des Pères chargés de l'administration du collège.

Le compte qui lui fut présenté, le 13 février, par le P. Michel Donson, vice-recteur du collège, et le P. François Dupuy, procureur, remontait au 7 septembre 1621, Le P. Lespaulard n'ayant pas été remplacé dans la charge de recteur, il n’y avait pas eu de réglement d’affaires en 1622. Le «receu » pendant ces dix-sept mois, tant des aumônes que du revenu ordinaire,

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