‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 106 sur 236 · Archives Départementales, D · texte numérisé non relu

Archives Départementales, D

2. « Cette partie n’est pas arrestée, parce qu'ayant esté obligé d’aller travailler pour le Roy dans la Saintonge il n’est pas venu toiser sa besogne. »

3. Des nombreux et riches objets du culte, qui furent reconnus par l'inventaire qui en fut dressé le 9 août 1766, et. laissés à la garde du sieur Talbot, principal du collège (Arch. Dép., T. 1. #), on ne trouve plus actuellement dans la sacristie qu'un calice d'argent, qui pourrait bien dater du XVITr° siècle; un ciboire d'argent, très ancien, mais que rien ne prouve avoir été la propriété des Jésuites ; un calice vermeil, genre Empire; trois canons dautel, datant très probablement du xvue siècle, encadrés d’or, avec de jolies enluminures en aquarelles, et représentant des scènes des Evangiles; enfin une vieille étole aux couleurs passées, mais très bien conservées.

se monta à 21.856! 13° 6%, somme peu supérieure, proportionnellement,à celle du dernier compte qui cependant n’embrassait que l’espace d’une année. Le «despendu», y compris 6.612! 14° pour le bâtiment, fut de 23.406! 17° 3°, laissant un déficit de 1.550! 3° 9°.

Du côté des bénéfices, on aurait pu s'attendre à ce que le revenu, grossi du terme de près d'une demi-année d’une part, d'autre part augmenté du produit de Comblé et de Sainte-Radegonde, aurait été supérieur à celui de l’année précédente. Il fut moindre cependant, ne s'élevant qu’à la somme de 9.646! 19 6. Sur le premier point, on reste muet ; du second, on donne cette explication : « Les prieurés de Comblé et de Sainte-Radegonde ne portent aucun revenu pour avoir eslé pris par avance, et les fermiers doivent encore jouir deux ans » ‘.

Les dettes du collège, avec ousans rentes, y compris plusieurs dépôts, dont l’un de 456 livres « pour estre employé au profict des prisonniers », furent cotés 9.710 145 .

Ces dettes s’accrurent presque du double, en 1624 et 1625, sous le rectorat du P. Louis Lescazes. Les dépenses, pour cette dernière année, furent de 11.705! 12° 31, somme exclusivement consacrée à l'entretien ordinaire de la maison et aux provisions. On parut songer surtout au. vestiaire. Les Pères voulaient être habillés chaudement en hiver, fraîchement en été, et toujours commodément. C’est ainsi que l'on constate qu'ils s'approvisionnèrent, pendant cette seule année, de 154 aunes de serge d'été, de 17 aunes de serge d'hiver, de 14 aunes de drap pour robes ou soutanes, et de 6 aunes de serge rouge de Rouen, dont on a négligé de nous faire connaître l'emploi.

Rien de plus louable assurément que cette prudente économie, quand elle est calculée sur ses propres ressources. Ce n'était pas le cas des Jésuites de Poitiers qui, escomptant les donations de toutes sortes qui leur étaient faites, gaspillaient, insouciants, jusqu'aux revenus de leurs créanciers.

A cette époque d’ailleurs, et d'une façon générale, les Jésuites s'étaient plus que jamais attiré les haines de l'Université de Paris, non seulement par leurs écrits, mais encore par leurs

prétentions à tout accaparer. Le P. Coton, toujours passionné pour les intérêts de la Compagnie, essaya de repousser les attaques et défendit son Ordre dans une lettre qu’il adressa à Louis XIII :

«.... Les ennemis de l'Eglise et du roi, dit-il, voulurent faire accroire audit feu roi, le grand Henri, votre Père, que notre Compagnie étoit si riche qu'elle regorgeoit de bénéfices, à raison de quoi je fus contraint de porter un dénombrementde tous nos biens à Mons. de Bellièvre, lors chancelier, à Mons. de Sully, surintendant général des finances, et à MM. les secrélaires d'Etat, faisant voir, ce que j'offre de faire encore pour le présent, que nous n'avons pas deux cents francs pour un homme, y comprenant vivre, vestir, librairie, sacristie, bastiment, procez, viatique, et toute autre dépense tant commune que particulière ; et nommerions plusieurs ecclésiastiques de France dont le moindre, lui seul, a plus de bénéfices que nous tous ensemble ; et ce fait fut vérifié et sommes prêts d’en faire encore la preuve, si Votre Majesté le désire »!.

Qu'il y eût alors, ainsi qu'il s’en trouve encore aujourd'hui, des ecclésiastiques fort riches, nous n’en disconviendrons pas. Mais quant à admettre que les Jésuites, au dire du P. Coton, n'avaient pas deux cents francs à consacrer à l'entretien de chaque religieux, cela n’est pas possible, du moins en ce qui concerne Poitiers. À la vérité, nous ne connaissons qu'approximativement le nombre exact des Pères qui, à cette époque, occupaient le collège. Nous savons cependant, d’après les renseignements qui.nous ont été fournis jusqu'à présent par les Jésuites eux-mêmes, qu'il y avait alors quatre professeurs ou régents pour les quatre classes de rhétorique, d'humanités, de grammaire et de philosophie. Il y avait en outre un procureur, un préfet des études et un recteur. Cela faisait en tout un personnel de sept religieux, qui étaient servis par un garçon, «le garçon du college », auquel on payait 24 livres par an (compte de 1629). Or, la dépense totale, si on se le rappelle, ayant été, en 1625, de 11.705 livres pour la maison, à l’exclusion de toute autre acquisition, il est permis d'évaluer la dépense de chacun de ces Pères à 1.700 livres environ : somme

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