‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 108 sur 236 · Archives historiques du Poitou, t. XV · texte numérisé non relu

Archives historiques du Poitou, t. XV

Carmes et, cette fois, les Jésuites y furent admis au service des pestiférés. Cela engagea plus tard MM. de la maison de ville à reconnaître autant qu'il était en eux ce dévouement: ils gratifièrent chacune de ces communautés d'une somme de 50 écus à prendre sur les fonds accordés par le roi aux hôpitaux de Poitiers !. Une autre version, c’est que, par une ordonnance expédiée de l’Hôtel de Ville à la même date, il leur fut accordé 150 livres à prendre sur les octrois de la ville. Cette ordonnance était signée Rigoumier, secrétaire.

Parmi les Pères Jésuites entrés à l’hôpital pour soigner et confesser les malades, on cite les Pères Garasse et Desmier. Le P. Garasse fut atteint-de la peste le 1°" juin, en même temps que le chirurgien Thévenet. L’un et l’autre furent soignés par les chirurgiens Cochet et Arnaudet ; mais ce dernier étant venu à mourir environ un mois après, ce fut Cochet qui demeura en qualité de maître-chirurgien ?.

Le jeudi 5 juin mourut le P. Garasse. Il fut enterré dans la chapelle de l'hôpital. Sa sépulture ne parait pas avoir été, dans la suite, l’objet de soins attentifs ; car, le 6 avril 1637, le maire l'ayant trouvée en fort mauvais état, fit décider par son Conseil qu’elle serait recouverte d’une tombe, sur laquelle on placerait une inscription destinée à rappeler à la postérité les mérites de l’héroïque jésuite et la reconnaissance de la ville pour les services qu’il lui avait rendus* .

Il eût semblé, en effet, qu'un si beau dévouement dût mettre la réputation d’un homme au-dessus de toutes les critiques. lln'en est rien cependant, car ce jésuite a toujours joui d’une triste célébrité. Il était né à Angoulême en 1585. Entré à quinze ans chez les Jésuites, il devint le plus violent défenseur de leur Institut, se permettant même des personnalités, poursuivant avec acrimonie des auteurs morts ou vivants, les accablant des injures les plus grossières, se déchaiînant contre Charron, Théophile, Vanini, et particulièrement contre le célèbre Etienne Pasquier, à qui on ne pardonna jamais d'avoir, en 1565, plaidé pour l'Université contre les Jésuites. Auteur

1. Archives Départementales, D. 22. Délibération du 44 mars 4633. 2. Archives historiques du Poitou, t. XN.

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