Registres municipaux, n
de plusieurs libelles, pleins de verve et de mauvais goût, il porta jusque dans la chaire, avec l'éclat d’une imagination ardente, et la fougue de son débit,des bouffonneries indécentes et des traits satiriques peu conformes à la morale évangélique et-inexcusables même dans la bouche d’un prêtre !.
Quand le P. Keller, jésuite allemand, confesseur de Maximilien de Bavière, voulant se faire le défenseur des catholiques d'Allemagne, victimes de la politique du cardinal Richelieu * et censurer la direction que le maître de Louis XIII imprimait aux affaires, publia sans nom d'auteur, sur la fin de 1625, les Mysteria politica et l'Admonitio ad Regem Christianissimum, le P. Garasse fut aussitôt soupçonné d’en être l’auteur, et il ne fallut rien moins au Jésuite pour échapper à la colère du cardinal que l’amitié de trois hommes au faite des grandeurs : le cardinal de La Rochefoucauld, le duc de Montmorency et le procureur général Mathieu Molé.
Cette haine du cardinal Richelieu pour le P. Garasse est peutêtre une explication du séjour de ce jésuite dans la ville de Poitiers, où il aurait été, après cela, relégué par ses supérieurs. Nous devons rappeler toutefoisque le P. Garasse avait séjourné déjà auparavant dans la capitale du Poitou. Il y était en 1607, lors de l'inauguration des classes du collège des Jésuites, où il professa, le premier,-les humanités. Il y était sûrement en 1608, puisqu'il fut témoin de la mort de Rapin qu'il assista à ses derniers moments avec trois de ses confrères *. Il devait y être encore en 1641, si l’on s’en rapporte au livre d’£légres sur la mort de Henri IV, qu'il fit imprimer à Poitiers, cette année-
là, chez Mesnier *.