‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 110 sur 236 · Ch. Lenient, La Satire en France, t. IL. p · texte numérisé non relu

Ch. Lenient, La Satire en France, t. IL. p

2. Richelieu poursuivait deux buts: l’anéantissement du calvinisme en France, et en Europe l’abaissement de la maison Autriche. Ce m'était pas une pensée chevaleresque qui dirigeait cette politique ; le cardinal songeait peu à venger la défaite de Pavie et la captivité de François 1°"; ses plans avaient plus d'actualité. A l’intérieur il se montrait sans pitié pour les dévoyés de l'Eglise ; à l'extérieur, il encourageait leur esprit de révolte, il soudoyait leurs chefs, il faisait cause commune avec eux. Cf. Crétineau-Joly, op. cit.

3. Cf. Thibaudeau, Histoire du Poitou, p. 32-33. Récit du P. Garasse, jésuite.

4. Elegiarwm de tristi morte Henrici Magni ad Ludovicum filium Galliæ et Navarræ regem christianissimum Francisci Garasst Liber singularis. — Ejusdem Ludovico XIII féliciter inaugurato sacra Rhemensia, nomine collegii Pictaviensis. (Augustoriti - Pictonum, 1611. Ant. Mesnerius, 1 vol. in-4). Se trouve à la bibliothèque municipale d'Amiens, n° 1391.

En tout cas, son retour à Poitiers, en 1631, fut diversement commenté, Le citoyen Jouyneau-Desloges, après avoir lu à l’Athénée, an XIII, des extraits d’un ouvrage de Denis Vincent : Sur la peste qui désola Poitiers en 1631, en continua l'analyse en ces termes :

« La troisième partie contient le récit de ce qui se passa dans le Sanitat ! de Poitiers, depuis le 46 mai 4631 jusqu'au mois de février 1632. Il y eut jusqu'à 400 malades à la fois, et il y périt 2.500 personnes, sans compter les religieux qui desservaient cet hospice et neuf chirurgiens. Parmi ces derniers, l’auteur compte un Thévenet, qu’il appelle son maître et dont la famille existe encore à Poitiers. Il a aussi conservé le nom d’un des Jésuites qui périrent auprès des malades victimes de leur zèle et de leur humanité ; c’est le fameux père Garasse.Æxilé à Poitiers, en punition des injures qu’il vomissait contre les écrivains les plus distingués de son siècle, il effaça par un dévouement vraiment chrétien et par sa mort?, les torts d’une vie qu’il avait trop longtemps abandonnée à la satire et à la calomnie. Puissent ceux qui se traînent dans la même carrière, qui ne vivent comme lui que des outrages qu'ils prodiguentau génie et aux talens, acquitter par une mort aussi onéreuse les excès où les porta l’aveugle jalousie, l'envie de persécuter, de dénigrer des hommes auxquels leur patrie les hommes éclairés et justes de tous les pays ont élevé des autels » °1

Sainte-Beuve, dans son histoire de Port-Royal (liv. 4°, p. 326), s'exprime ainsi sur le P. Garasse : |

« Il ne manquait pas de génie, disent également Bayle et Rapin. Ce dernier ajoute qu'il avait étudié la langue et ne la. savait pas mal. Son mauvais goût est en grande partie celui du temps, et ce qu’il met en sus prouve de l'imagination naturelle. Balzac en faisait cas, et lui écrivait en tête de la . Somme : « Il ne tiendra pas à M. de Malherbe et à moi que vous n'ayez rang parmi les Pères du dernier siècle ». Le bon

4. Cet hospice était établi dans le lieu qui a été depuis l’Hôpital-des-Champs, et dont François Fumée, maire de Poitiers en 1520, avait donné l'emplacement à la ville.

4. Cf. Alegambe, Victimæ et heroes Caritatis, (Bibloth. Scriptorum, 1643).

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