‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 117 sur 236 · Archives Départementales, D · texte numérisé non relu

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2. En 1660, il y avait au collège un Père du nom de Nicolas Légier.

3. Voir Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1878. (Note du R. P. de la Croix).

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La prospérité des Jésuites allait croissant d'année en année. Un autre bénéfice, dépendant du prieuré de Ligugé, leur avait échappé jusqu’à ce jour : c'était la chapelle de Saint-Jean de Curçay ou Curzay; ils finirent par l'obtenir en 1664. Le sieur Fauvet, titulaire de cette chapelle, donna, le 12 novembre 1663, sa procuration pour procéder à l'union. Sur la requête du recteur du collège, le P. Claude Batide, du 4 janvier 1664, l'évêque de Poitiers ordonna l'information de commodo et incommodo ; elle fut faite le 21 janvier de la même année, et l’évêque rendit son décret d'union de la chapelle au prieuré de Ligugé le 1° février suivant, à la condition par les Jésuites d'acquitter les charges de la fondation de la chapelle. Ils en prirent possession le 14 par acte en bonne forme publié à Ligugé le 17 février 1664".

Neuf ans plus tard, le P. Louis Duprac, alors recteur, fit l'acquisition, au prix de 1.000 livres, d’une partie d’une métairie située à Ruffigny.

L'année suivante, il s’occupa d’embellir le prieuré de Ligugé, lieu de campagne préféré des Jésuites. IL fit rebâtir le principal corps de logis, ne laissant subsister des constructions anciennes que la partie où se trouvent actuellement la cuisine, la bibliothèque et quelques cellules de religieux. Le vaste bassin qui sert à l'irrigation des jardins du monastère, date de la même époque.

Mais l'œuvre pricipale de son rectorat fut la création du collège Irlandais, autrement dit des Pères Jésuites d’Hibernie ou Petits-Jésuites. C'était une annexe du grand collège de Sainte-Marthe. Il fut établi, sur le modèle du collège anglais de Saint-Omer, par lettres patentes du mois d'avril 1674, dans l'ancien hôtel de la savante famille des Sainte-Marthe, acquis pour la somme de 10.500 livres, et situé à l'extrémité de la rue de la Prévôté, au carrefour qui porte encore le nom de Plan des Petils- UE Sully avait logé dans cette maison en 1611.

LCR Rolland, Compte-rendu, etc.

Aucun titre ne constate les « charités » qui, d’après les lettres patentes, auraient été faites en 1674 aux Jésuites par les seigneurs catholiques et autres d'Hibernie, ni celles qu'ils reçurent depuis. Ce que l’on sait seulement, c’est que cinq bourses devaient exister dans ce collège et qu’elles avaient deux fondateurs, les sieurs O0’ Crouley et O0’ Mahers. Tous les autres écoliers venant des Iles Britanniques y étaient admis également, et même les registres de cette maison prouvent qu'il y avait, outre les boursiers, des pensionnaires tant irlandais que français. Le commissaire départi à Poitiers vers le milieu du xvin* siècle y avait ses enfants, qui n’en sortirent que le 1°" avril 1762 !.

Ce qui est non moins incontestable, c’est que les Jésuites étaient aidés dans leurs entreprises par des donations fréquentes, parmi lesquelles nous citerons celle de 3.600 livres faite par Mme de Messemé, mère du jeune jésuite Falloux ; celle aussi de 800 livres, par Mme Marthe Cherville, veuve de M. Louis Sabourin, avocat à Poitiers, « pour l'amour, y est-il dit, qu’elle porte à son fils, religieux de la Compagnie de Jesus ». Un anonyme, en 1677, versa entre les mains du P. Gombauld, recteur, la simple aumône de 6.000 livres destinées par le P. provincial, qui était alors Paul Fontaine, «aux bastimens qui doivent estre faits dans ce college ». Bene qui latuit bene vixit?. « Heureux, s’écriait Voltaire, qui vit et qui meurt inconnu » |

Louis XIV qui, lui, aimait la gloire et qui cherchait toutes les occasions de témoigner son amour pour les Jésuites, leur donna, en 1680, une nouvelle preuve de son attachement et de sa générosité en leur accordant la somme considérable de 12.000 livres : cet ample cadeau royal était destiné à combler, en partie du moins, les arrérages de la rente de 2.000 livres donnée par M. Bardin pour la fondation de la fameuse classe de théologie, et à l'amortissement complet de cette rente 5.

Sur ces 12.000 livres, qui eussent dû rester intactes au fonds

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