Ovides, Tristes, liv. III, élégie IV, v
de la théologie où les Pères avaient déjà puisé à pleines mains, 8.800 livres furent aussitôt employées au remboursement de pareille somme due par les Jésuites à la mission de la Martinique : c’est ainsi que ces manieurs de fonds pratiquaient sur une grande échelle les virements toujours répréhensibles, et si préjudiciables à l'établissement régulier d’un budget irréprochable. Ils faisaient mieux encore: ils disent dans leur compte de 1681 que la dépense du bâtiment s'étant élevée, depuis le 45 juin 4680 jusqu'au 4° août 1681, à la somme de 1.773 livres, ils ont parachevé de payer « par le moyen de 400 livres prises d'un depost auquel il les faudra restituer ». La pureté d'intention peut expliquer, mais ne saurait justifier ce qu'il y a de peu délicat dans un pareil procéde.
Cela n’empêcha pas Louis XIV, deux ans plus tard (25 mai 1683), de faire adresser aux Jésuites de France des lettres patentes par lesquelles Sa Majesté « decharge lesdits Peres en general et leurs colleges de toutes taxes et impositions faites sur les fruits et revenus des henefices unis à leurs colleges et maisons pour raison de l’establissement, subsistances et entretien des seminaires; fait deffences d’en faire à l’advenir aucunes. Et par ce moïen Sad. Majesté leur fait pleine et entiere main levée des saisies faites pour le payement desd. taxes ; ordonne que les deniers qui avoient esté payez pour raison desd. taxes leur seroient rendus » !. Ces lettres sont datées de Versailles.
Cette mesure générale fut particulièrement bien accueillie par les Jésuites du collège de Poitiers, dont la prospérité matérielle, malgré les chiffres élevés du revenu, et qui plus est, malgré le nombre et la valeur si rassurante des créances produites, sur le papier, était, à ce qu'on nous apprend, plutôt apparente que réelle.
Cette fâcheuse situation nous est révélée, en effet, par le P. Jean Bonnier, qui prit le rectorat en 1684. Dans le compte qu'il présenta cette même année au R. P. Jean Pierre Casepaz, il fait observer au provincial que s’il est dû au collège (19.333! 32) plus qu'il ne doit (13.749 livres), cela provient de