‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 119 sur 236 · Archives Départementales, D · texte numérisé non relu

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ce que le collège a été obligé depuis quelques années d'employer son fonds pour son entretien ordinaire, comme les 12.000 livres données pour l'extinction de la rente de la classe de théologie, et les 5.550 livres de la coupe des bois de Raboué. Ce qui, en d'autres termes, signifie qu’on a vécu sur l'argent du roi et sur le produit, tout à fait exceptionnel, d’une coupe de bois, qui ne peut être renouvelée tous les ans.

D’autre part, il n'en est pas moins vrai que le revenu s’est trouvé sensiblement amoindri par le retranchement des 2.000 livres de la théologie. Et au lieu de diminuer, on a augmenté beaucoup le nombre des personnes de cette maison,

Il est donc manifeste, conclut le P. recteur, que le collège à été trop chargé en proportion de son revenu, et ce n’est pas sans raison et sans justice que le R. P. général, qui a pris connaissance de l'état de notre maison,.« a voulu la soulager par la contribution de la province à l'entretien des Peres du 3° an ». De quelle nature fut cette contribution et quel en fut le montant, c'est ce qu'on ne dit pas. |

Le compte se termine par cette sombre note qui semble tinter le glas : « Il est encore deu au college quelques sommes, sur lesquelles on ne fait nul fond, parce qu’elles sont fort incertaines et presque desesperées ».

Pour comble, les religieux de Saint-Lazare ! vinrent en 1684 obliger les Jésuites à leur céder le revenu de l’aumônerie de Sainte-Marthe, ne leur laissant que le fonds où est bâtie la chapelle. On sait que ces religieux actionnèrent les Pères du collège en vertu d’une déclaration du roi qui réunissait les hôpitaux et aumôneries à leur Ordre. Le collège se défendit à la Chambre royale où le procès fut porté par le grand vicaire général des commandeurs de cet Ordre. C’est dans ce tribunal que, après bien des procédures, il intervint arrêt, par lequel la Chambre royale faisant droit sur l’instance, eondamna (31 août 1684) les Jésuites de Poitiers « de se desister et departir au profit dud. ordre, du jour dud. arrest, seulement de la possession et jouissance des biens et revenus dependans de

1. Les Lazarisies, établis à Paris en 46925 par saint Vincent de Paul, furent ainsi appelés du prieuré de Saint-Lazare, leur première résidence officielle. Leur véritable nom est Prêtres de la Congrégation de la Mission. En 1783,

les Lazaristes remplacèrent les Jésuites supprimés dans le Levant et dans la mission chinoise.

COLLÈGE ROYAL DE SAINTE-MARTHE all

l’ausmonerie de Sainte-Marthe sise en la ville de Poitiers, sans que lesd. de l’ordre se puissent mettre en possession des

bastimens de lad. aumosnerie, sur laquelle sont bastis le portail et college desd. Jesuites » !.

Toutefois, la suppression de ce revenu, celle surtout de la rente de la théologie faisaient un tort considérable au collège. M. de Basvilly, intendant du Poitou, qui était fort attaché à la Compagnie, représenta au roi la perte que le collège royal souffrait par le retranchement de cette rente. Ces remontrances engagèrent Sa Majesté à assigner à l'établissement des Jésuites un nouveau supplément de fondation ; Louis XIV, par ordonnance du 10 avril 1685, leur accorda 4.500 livres sur le trésor royal « pour subvenir aux depenses du college pour l’année presente ». Voici, au reste, le texte même de cette . ordonnance :

« Il est ordonné au Garde de mon Tresor Royal, M. Gedeon Dumets, de payer comptant aux Jesuites du College de ma Ville de Poitiers la somme de quinze cens livres, que je leur ai accordée par forme de gratification, pour suppleer au manque de leur revenu pendant la presente année mil six cent quatre vingt cinq. — Signé: Louis » *. |

Les Jésuites essayèrent de représenter que ces 1.500 livres étaient moins un don du souverain que le prix de la rente de 2.000 livres léguée par M. Bardin, et qui ne subsistait plus ; mais ce fait est démenti par leurs propres registres où, ainsi que nous l'avons vu, l’on trouve la mention de l'amortissement complet de cette rente par le don royal des 12.000 livres. Malgré tout, le collège de Poitiers continua à jouir, chaque année, de cette gratifcation qui, d’après les termes mêmes de l'ordonnance, n'avait été accordée que pour l’année 1685. On doit donc la considérer plutôt comme un nouveau bienfait du roi au collège.

1. Archives Départementales, D. 25, 31 et 488. — Les biens de l'aumônerie de Sainte-Marthe furent-unis ultérieurement à l'Hôpital Général de Poitiers par arrêt du Conseil du 34 janvier 4695 et lettres patentes enregistrées au Parlement de Paris le 9 juillet 1696. :

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