‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 120 sur 236 · Archives Départementales, D · texte numérisé non relu

Archives Départementales, D

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Au lieu de jouir en paix des trésors que la Providence, par l'organe du roi, ne cessait de leur envoyer, les Jésuites s’en disputaient entre eux la possession. Le don de 12.000 livres surtout, destiné à l’extinction de la dotation Bardin, fut, de la part des Pères bibliothécaires du collège, l’objet de nombreuses discussions et de longues querelles intestines. De pareils dissentiments sur une question de droit dans une communauté de Jésuites ne sont pas peu faits pour nous surprendre : aussi les résumons-nous ici fidèlement d’après l'exposé qui en fut présenté plus tard par un Père la Société, afin de mettre ses supérieurs en état de juger si les principes posés par les Pères bibliothécaires étaient justes ou non.

La bibliothèque des Jésuites, entièrement achevée depuis 1659 grâce à un legs assez important du sieur Martin de Méchinet, occupait à peu près tout le premier étage de l’aile droite dite des Séculiers ?. Elle comprenait une longue suite de salles magnifiques et ornées avec goût. C'est là que les Jésuites entassèrent, année par année, tout cet énorme dépôt de livres, éditions rares, bons livres, ceux de leurs adversaires et les leurs, manuscrits précieux #, que l’on voyait encore après la Révolution, tous rangés dans un bel ordre et placés sous un scellé rigoureux. Tous ces vastes appartements, tenus depuis tant d'années sous l’interdit le plus absolu, servirent bien souvent de texte, avant 1789, aux conversations des écoliers. Plusieurs générations, dit de la Liborlière 4, ont reçu

1. Archives Départementales, D.25. «Reflexions que suggere la pretention des Peres bibliothecaires »,

2. Voir aux Archives Départementales (liasse de la Bibliothèque) un plan très bien fait du 4° étage du collège, et dans lequel est indiqué tout Pemplacement qu'occupait la bibliothèque. Une mauvaise copie de ce plan existe aussi aux archives de la Bibliothèque de la Ville.

3. Le plus grand nombre de ces manuscrits, aujourd’hui déposés à la Bibliothèque de la Ville et provenant de la bibliothèque de l’église de Langres, avaient été donnés aux Jésuites par Charles Madelon de la Frézière, évêque

de la Rochelle. Ils portent à peu près tous cette mention : Dono Domini La Freziere, Voir Pièces Justificatives, n° 3.

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