Archives Dépariementales, D
2. Quelques années avant la Révolution, on voyait encore dans le pavé de la nef une grande tombe de marbre noir dont l’épitaphe latine était gravée en lettres d’or. «Je ne me rappelle pas le nom, dit M. de La Liborlière (op. cit.), de celui qui reposait sous cette pierre sépulcrale : je crois me souvenir seulement qu’il appartenait à la finance ou à l’administration ». Cette tombe n’était autre que celle de M. Le Tennevr, et le bloc de marbre fut employé, en 1846, à faire la cheminée du salon des appartements du Proviseur et des écriteaux pour les classes du Lycée (Archives du Lycée).
que Le 11 mars 1678, sous le rectorat du P. Jean Fontaine, fut passé, à Poitiers, un acte sous seing privé par lequel Marie- Catherine Regnault, soi-disant fille majeure de Pierre Regnault, marchand bordelais, faisait aux Jésuites de cette ville don irrévocable de la somme de 4.000 livres « à cause de la grande affection qu’elle a toujours portée et porte encore à la Compagnie et dans l'esperance de participer à ses prieres ». Le collège de Poitiers s'engageait à lui Payer une pension viagère de 200 livres payable à Bordeaux. Après sa mort, celte pension devait être employée à l'acquisition de bons livres pour la bibliothèque, « ce que, disent les Pères, nous promettons de faire » 1,
Or, voici que dans les Mémoires que nous avons cités plus haut, l'auteur, après avoir fait mention de ladite donation, ajoute : « Je dois faire observer, ce que je crois avoir lu quelque part, à savoir que cette somme de 4.000 livres, qui paroit avoir été donnée par cette fille, avoit reellement esté comptée par M. Le Tenneur aux conditions portées par l'acte du 11 mars 1678. L'on ne doibt pas estre surpris que le nom de M. Le Tenneur ne paraisse pas dans cet acte, si l’on considere toutes les precautions qu'il a Prises pour faire du bien au college sans queses heritiers puissent nous inquieter la-dessus. Si, comme je n’en doute pas, j'ai lu dans quelques memoires ce que je viens d'observer, il est naturel de penser que ces 200 livres de rente pour la bibliotheque font partie des 350 livres à laquelle les Peres bibliothecaires font monter la fondation de M. Le Tenneur; sans quoi, au lieu de 330 livres par an, le college se trouveroit chargé de 550 livres de rente pour la bibliotheque, independamment de ce qui pourroit lui revenir de la fondation de M. Bardin ».
Cependant les Jésuites, soit parce que leur nombre s'était sensiblement accru depuis quelques années, soit plutôt par esprit d'accaparement, se trouvaient encore trop resserrés