‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 124 sur 236 · Archives Départementales, D · texte numérisé non relu

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dans l'enceinte du collège de Sainte-Marthe, quoiqu'ils l'eussent considérablement augmenté. Depuis longtemps déjà ils avaient jeté les -yeux sur le collège voisin du Puygarreau, dont ils n'étaient séparés que par la rue; ilss'en étaient même, on s’en souvient, emparés de force, dès Ee arrivée à Poitiers, pendant quelque temps pour y faire l'ouverture de leurs classes.

Quand ils en sortirent, en 1610, ce malheureux collège fut laissé par eux dans un état complet de délabrement. Le Conseil de Ville fit aussitôt (4 janvier) dresser un devis de réparations. En même temps le Parlement ordonna à René Gillier, patron du collège, d'observer de point en point toutes les obligations contenues dans l’acte de fondation et de rendre compte de tous les revenus devant le sénéchal de Poitou.

Un autre arrêt du Parlement, du 30 mai 1615, condamna M° René Gillier, seigneur de Puygarreau, à rendre compte des arrérages échus depuis 4601 de 468 boisseaux de blé, moitié froment et moitié seigle, et de la somme de 16'8, et à continuer le paiement à l'avenir aux principal, chapelain, procureur et boursiers du collège.

René Gillier étant venu à mourir, sa veuve et son fils cherchèrent le moyen d'échapper à cette dure contrainte. Dans ce but, ils imaginèrent d'appeler à la direction du collège des prêtres de la congrégation de l’Oraloire de Paris.

Un concordat fut passé Le 16 octobre 1616 devant Giraudeau, notaire à Poitiers, entre dame Claude Lavat, veuve de René Gillier, en son vivant seigneur de Puygarreau, et Urbain Gillier, son fils aîné, baron de Marmande, Faye-la-Vineuse et Puygarreau, d'une part, et M* Jacques Gaston, l'un des prêtres de la congrégation de l'Oratoire, tant en son nom qu'en celui de tous les révérends Pères, les prêtres de la congrégation de l'Oratoire de Paris, d'autre part.

« Par lequel (contrat) lesdits seignèur et dame de Pigareau ont consenti que les Oratoriens soient introduits et mis en possession du college de Pigareau, situé en la ville de Poictiers, sous les conditions entre autres, que lesdits seigneur et dame demeureroient dechargés de ce qu'ils etoient tenus comme patrons fournir annuellement pour la dottalion dudit college, et que neanmoins ils conserveroient le droit de patronage

dudit college en sepulture en iceluy ; pour la reconnoissance duquel droit de patronage lesdits Oratoriens promirent payer audit seigneur une paire de gans blancs de valeur de 10 livres à chacune mutation de seigneur et de patron, avec une déclaration de la consistance dudit college » !.

Le Corps de Ville approuva ce traité et consentit à l’introduction des Oratoriens dans le collège du Puygarreau, par acte de délibération en forme. Ils y seraient venus, si les Jésuites, jaloux d’accaparer seuls tout l'enseignement à Poitiers, n'eussent empêché que ces Pères n'obtinssent les lettres patentes nécessaires à leur établissement.

Donc ce beau projet n’aboutit point. Aussi les seigneurs de Puygarreau ne cessèrent-ils d'être harcelés pour le paiement des arrérages, au sujet desquels le Parlement rendait arrêt sur arrêt.

C'est dans ces mauvaises conditions que le collège du Puygarreau rouvrit ses portes trois mois avant la fin de l'année 4619. Le programme qu'on fit imprimer à cette occasion mentionne trois classes et contient les auteurs qu'on se proposait d'expliquer pendant le premier semestre de l’année scolaire, qui devait commencer le 14 octobre courant. Ce programme-réclame, affiché dans tous les carrefours de la ville, était précédé d’une adresse en Jatin au « lecteur bénévole » pour l'inviler, d’une façon plaisante et tout à fait dans le goût de l'époque, à venir profiter de l'instruction gratuite qu'on lui offrait. Il annonçait aussi que la veille de l'ouverture des cours, à une heure de l’après-midi, un discours serait prononcé dans la pelite chapelle du Puygarreau par un orateur désireux d'avoir beaucoup d'auditeurs. Enfin il se terminait par une invocation poétique, en langue grecque, aux Piérides, savantes protectrices du chant et de la poésie ?.

En dépit de cet alléchant programme, très peu d'élèves répondirent à l'appel des professeurs du Puygarreau. Le plus grand nombre, captivé par la nouveauté de l’enseignement des Jésuites, continua à fréquenter le collège de Sainte-Marthe, où

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