‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 129 sur 236 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

I. Demande présentée par les Jésuites d’agrégation de leur collège à l'Université. Opposition des Facultés de théologie et des arts. — Première contestation entre les Jésuites cet l’Université au sujet d’une visite du recteur Amassard au collège de Sainte-Marthe. Mauvais traitements qu’il y recoit. Plaintes des Jésuites. Décret de l’Université. Nouvelle visite du recteur. Soumission des Jésuites.

II. Projet d’une troisième visite. Inutiles protestations des Jésuites. Fuite des régents. Huées des écoliers de Cinquième. Nouveau décret de l'Université. — Quatrième visite. Refus des Jésuites d'ouvrir la porte du collège. Exclusion par l’Université du préfet des Jésuites des assemblées ordinaires. Intervention de M. de Villemontée. Annulation par le roi des décrets de | Université et destitution du recteur Amassard. — Transaction entre les Jésuites et l’Université.

III. Nouveaux démêlés à l’occasion des visites du recteur de l'Université au collège de Sainte-Marthe. Lamentations des Jésuites. Supplique du recteur du collège au ministre. — Incident relatif à la fondation des classes de théologie. Ordonnance de M. de Villemontée en faveur des professeurs de théologie jésuites. Plaintes de l’Université.

IV. Censure par la Faculté de théologie d’une thèse sur la Probabilite. Décret de l’Université. Opposition dés Jésuites. Exclusion des Jésuites de la Faculté de théologie. — lequête de Bonaventure Irland en faveur des Jésuites. Intervention du roi et de l’intendant M. de Marillac. Mémoires justificatifs. Lettre de cachet réintégrant les Jésuites. — Représentations de l’Université au roi lettre de l'archevêque de Paris donnant, au nom du roi, satisfaction à l'Université.

V. Différend entre les Jésuites ct l’évêque de Poitiers. L'Office de S. François Xavier et l’oraison: Deus, qui Indiarum gentes, etc. Ordonnance de l’évêque. — Défense des Jésuites, sous forme de Réflexions de personnes amies. — Narré fidèle de l'incident par un Jésuite de Poitiers. Le P. Mercure Verdier à genoux devant l’évêque. Inflexibilité de Mgr. de Clérambault. La bulle Licet debitum. — Difficulté de connaître la vérité. Interdit porté contre les Jésuites. Appel de la sentence parle recteur du collège. Incertitude sur l'issue du conflit.

Le 11 avril 1634, le Conseil privé du roi rendit un arrêl portant que, « vu la requête lendante afin que les actes et décrets faits par le Recteur et Facultés de ladite Université aux

mois de mai et juillet 1633 !, comme injurieux et pleins d'outrages à l'encontre des Pères soient cassés et annulés..., le collège des Jésuites demeurera agrégé à l’Université ; qu'à l'avenir, la charge de recteur de l'Universilé ne pourra être conférée qu'à l’un des docteurs catholiques régens ès droits en icelle ; que défense est faite audit Amassard et autres recteurs de ladite Université de procéder ci-après par tels décrets, et pour les outrages exercés et voies de fait commises par ledit recteur et Chaigneau, bedeau, en la personne du recteur, agens et préfet dudit collège jusqu'à effusion du sang et violences par eux souffertes ; pour tous ces motifs, que M° Michel Amassard, ci-devant recteur, et Chaigneau, bedeau, seront assignés à comparaître audit Conseil à raison des outrages par eux commis en la personne du recteur et régens dudit collège, etc. » *?.

Que s'’était-il donc passé ? C’est ce que nous allons essayer de raconter. Pour cela, il est utile de remonter aux premières années de l’établissement du collège.

Aussitôt que les Jésuites eurent été autorisés à ouvrir provisoirement leurs classes dans le collège du Puygarreau (41 juin 4607), ils cabalèrent, comme ils l'avaient fait auparavant à Paris, pour être agrégés à l'Université de Poitiers. Leurs prétentions furent portées devant l'assemblée générale de cette Université, tenue le 21 juillet 4607, par le docteur Gauthier, professeur en droit civil et canonique. Ils promettaient de se soumettre aux lois, statuts et usages de l'Université : moyennant quoi un de leurs théologiens serait agrégé à la Faculté de théologie, et un de leurs maîtres ès arts à la Faculté des arts. Ils spécifiaient en outre qu'ils ne donneraient rien pour leur agrégation, mais qu'ils ne recevraient aucune distribution. Enfin, les professeurs et les écoliers du collège de Sainte-Marthe devaient jouir de tous les privilèges accordés à l'Université.

1. L’acte imprimé contenant les décrets faits par le recteur de l'Université contre la Compagnie des religieux de Poitiers, porte, cette inscription : Acta et decrela celeberrimæ Pictaviensis Academiæ insuper duelliones Patres Socielalis Jesu Collegii Sam-Marthani Pictaviensis gymnasiarchas. (Archives Départementales, D. 22).

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