‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 156 sur 236 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. Organisation générale de la Société : Novices, Frères temporels, Scolastiques, Coadjuteurs spirituels, Profès des Trois-Vœux, Profès des Quatre-Vœux.— Vœux simples, vœux solennels.

II. Six espèces de Maisons : Maisons professes, Collèges, Pensionnats ou Séminaires, Noviciats, Résidences, Missions. — Assistances, Provinces, Provinciaux. — Le Général.

III. Supérieurs des Collèges : Recteur, Préfet des études, Procureur.

IV. Livres de comptes. Le prix des denrées. — Les métiers au collège : boulangerie, couturerie, cordonnerie, apothicairerie, etc. — Le jardin des Jésuites, le parterre. — Correspondance. Viatiques.

Y. Procès. Avocat ou solliciteur. « Livre des Instances et Procès» du collège de Sainte-Marthe. — Affaires diverses. — Négligences du Frère Boysset,

- de Ligugé.

VI. La « visite » du Provincial. Vérification des comptes. — Etablissement des premiers comptes de la Résidence et du Collège. — Nombreuses défectuosités de la comptabilité des Jésuites..— Les provisions.

VII Domaines et revenus du collège de Sainte-Marthe en 1604. — Etat des

biens et revenus en 1665.

VIII. Déclaration officielle des biens et revenus en 1693. — Nombreuses omissions et fausses conclusions du P. Verthamon. Les Jésuites et l'Avare

de la fable.

IX. Nouvelle déclaration des revenus en 1726. Grosses dépenses des Jésuites. — Amortissement de plusieurs dettes. — Moyen commode de diminuer les charges. — Recettes énormes des Jésuites. Diminution sensible

dans les dépenses. Etat prospère du collège. -

Déjà, au cours de la première partie de ce livre, nous avons écrit plusieurs fois les noms de supérieur, recteur, procureur, provincial. Il ne sera pas inutile, croyons-nous, avant de pousser plus loin, de dire quelques mots de ce que nous

appellerons l'organisation administrative du collège, et par la même occasion de l’organisation de la Société tout entière. Aussi bien nous verrons les Jésuites chez eux, et nous pourrons nous faire une idée de ce qu'était un collège de leur Ordre pendant le xvir et le xvie siècle, d'abord au point de vue malériel.

:.\.. On admettait six élals dans la Compagnie de Jésus :

1° Les Vovices, ou candidats à l'admission dans l'Ordre. Les novices élaientgénéralement des mineurs déjà soumis à une première probation de quelques semaines et munis de l’autorisation des parents: Il arrivail cependant que des jeunes gens élaient reçus sans le consentement et même malgré l'opposition des familles : témoin le jeune de Raynier, dont nous avons raconté l'histoire ‘, et qui ne fut rendu à sa mère que par arrêt de la Cour de Poiliers en 4612. :

Les novices se parltageaient en trois classes: les novices deslinés au sacerdoce, les novices pour les emplois temporels, qu'on appelait aussi frères convers, et qui ne pouvaient s'élever plus loin dans les connaissances séculières, et les indifférents, c'est-à-dire ceux qui entrent dans la Compagnie avec les dispositions de la servir, soit comme prêtres, soit comme coadjuteurs temporels, selon que les supérieurs les jugent capables.

La période d'épreuve, appelée noviciat, était de deux ans au moins.

2° Les Frères temporels, ou religieux non prêtres, employés au service de la Communauté, en qualité de sacristain, de portier, de cuisinier, etc. Après dix années d'épreuve, et lorsqu'ils élaient parvenus à l'âge de trente ans, on les admetlait aux vœux publics.

3° Les Scolastiques formés ou Ecoliers approuvés {Scholastici formati): on appelait ainsi les étudiants de la Compagnie, c'est-à-dire les jeunes religieux qui, leur noviciat terminé, et après avoir fait à Dieu les vœux simples de religion, continuaient la carrière des épreuves, soit dans les études privées, soit dans l'enseignement, jusqu’à l’époque de leurs vœux Solennels. C'est ainsi qu’à Poitiers, quand les classes de théologie eurent été créées, l’on vit des professeurs de gram-

4, Voir ci-dessus, page 65.

maire où même d'humanités, redevenus écoliers à eur tour, suivre les cours, presque sous les yeux de leurs anciens élèves, avec qui ils avaient sans doute de fréquentes occasions de se rencontrer, sans sorlir du règlement.

Les Scolasliques, tous recommandables par leur piélé, n étaient cependant pas admis à la communion fréquente, «afin qu'ils sachent bien, dit le P. Montrougier, qu'ils sont plus agréables à Dieu quand ils se préparent au combat que quand ils prient »!. Ils étaient élevés à la prêtrise à la fin de la troisième année.

4° Les Coudjuteurs spirituels : c'élaient les Pères ordinaires, les auxiliaires ou aides, qui, sans avoir encore la science et les lalénts requis pour la profession des quatre vœux, étaient jugés propres soit à la prédication, soit à l’enseignement, soil aux missions, soit même à l'administration et au gouvernement des collèges et des résidences. Ils ne pouvaient être promus avant trenie ans d'âge et dix années de religion.

5° Les Profès des Trois-Vœux, qui se trouvaient partout en nombre fort restreint : c'élaient ceux qui, le temps du noviciat et des études terminé, n'ayant pas encore loules les qualités requises pour la profession des quatre vœux, se voyaient néanmoins admis à la profession solennelle à cause de quelque autre qualité où d'un mérite dont l'Ordre pouvait tirer parti dans un certain cercle d'idées. Leur emploi était le même que celui des coadjuteurs spirituels. 2

6° Les Profès des Quatre-Vœux, qui, arrivés au rang le plus élevé, composaient la Société dans toule l'acception du mot. C’étaient les Jésuites parfaits. Seuls ils pouvaient être élus Général, Assistant, Secrétaire général ou Provincial, Seuls ils avaient droit d'entrée dans les Congrégations qui nommaient le Général et les Assistants.

Qu'étaient-ce donc que ces vœux ? Ils étaient de deux sortes : il y avait les vœux simples etles vœux solennels. = Les vœux que les novices prononcent, au bout de deux ans, lès vœux même des coadjuteurs, ne renferment aucune promesse soitau Général, soit à l'Institut. Ce sont simplement des

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