De l’ancien domaine du collège. (Arch. Dép., D
9. Attenante à la maison d’'Ingrande. M. de Pontaigon devait jouir de cette maison et du jardin qui en dépendait sa vie durant, moyennant 75 livres chaque année, « Après sen decès, elle vaudra 200 livres de louage à cause de la vue qu’elle a et du jardin ». (Arch. Dép., D. 29 et 34).
3. Sise en la rue Saint-Michel, cette maison avait appartenu à René Filleau. Elle devait, à cause de la sacristie de Ligugé, réunie au collège en 4645, 26 sols de rente payable à la Saint-Michel. (Arch. Dép., D. 29).
4. Sise proche le bourg d’Aventon, au village de Saint-Mandé. I1 était dû au collège, à cause de l’aumônerie de Sainte-Marthe, sur la maison noble de M. Duflos ct ses appartenances, 8 livres ou 2 setiers el 6 boisseaux de froment, 18. boisseaux de seigle, 4 setier de baillarge, 2 boisseaux de fèves, 2 chapons et 4 oie grasse, le tout payable le jour de Saint-Michel, (Arch. Dép., D. 29).
5. Cette maison devait 20 sols de rente au prieuré de-Ligugé. (Arch. Dép., D. 29 et 31). ;
6. Maison, appartenances et dépendances, sises à Cercigny, paroisse de Saint- Georges de Vivonne. Cette rente de # livres avait été donnée au collège par M. Rozier, bourgeois de Poitiers, le 29 août 1609. (Contrat reçu par M° Fanneau, notaire royal). La maison était habitée, en 1656, par François et Thomas Gruyard frères. — (Arch. Dép., D. 29).
7. Cette cave, située au-dessous de la salle actuelle des bains de pieds, .est encore aujourd’hui affermée à M. Maillard, négociant, au prix de 60 francs, (Archives du Lycée).
(don de M. de Légier !, conseiller au Présidial, par contrat du 31 janvier 1643) ; celle de 12! 105 (don de M. Hilaire Thébault et sa femme, à prendre sur les 25 livres à eux dues par Jean Babinet et sa femme à cause et pour raison d’une métairie appelée les Touches, sise au village de Raboué, paroisse d’Andilly); celle 75 livres, au capital de 1.500 livres, léguée par l'aumônier de Bressuire pour la bibliothèque du collège, par contrai du 27 octobre 1661 ; celle enfin de 60 livres que produisaient annuellement les {reilles de Tizon, entre la porte de Tison et celle de Saint-Cyprien, tout proche de la dépendance du collège de Sainte-Marthe.
Tous ces revenus, et beaucoup d’autres encore, auraient dû être compris dans la déclaration de 1693, si on l'eût voulu fidèle et complète. Il semble que les Jésuites aient toujours craint de paraître trop riches : semblables à l’avare de la fable, ils cachaient soigneusement leurs trésors, mais avec cette différence qu’ils ne les cachaient que pour mieux s’en servir.
Par délibération du 12 décembres 1726, l’Assemblée géné rale du Clergé de France ayant demandé qu'il lui fût rendu compte de tous les biens des communautés religieuses, le recteur Tartas, dans le courant de l'année 1727 ou 1798, envoya une nouvelle déclaration des revevenus s’élevant net à la somme de 11.478! 125 ?. Le collège, ajoutait-il, entretient 68 jésuites, voulant faire entendre par là qu'ils étaient fort gênés pour vivre.
Il n'en était rien pourtant. D’abord ce chiffre de 68 jésuites entretenus dans le collège semble très exagéré. D’après leurs livres de comptes, leur nombre n'a jamais dépassé 50, en y comprenant même ceux qui vivaient à la campagne dans leurs prieurés. Ensuite on ne voit figurer dans cette déclaration, pas
1, Voir ci-dessus, page 106, le témoignage de reconnaissance qui fut accordé à ce bienfaiteur par les Jésuites.
2, Archives Départementales, D. 24.
plus que dans celle de 1693,nilafondation royale de 3.000livres, nila pension sur le trésor royal de 1.500livres, ni les aumônes, ni les donations, ni les legs de toute sorte qui étaient faits chaque année aux Jésuites. Comment auraient-ils pu tant dépenser pour leurs bâtiments, leur bibliothèque, leur église, leur sacristie, s'ils n'avaient remué l'argent à pleines mains ? Les Jésuites, bon‘an mal an, touchaient, d'argent connu, de 30 à
35.000 livres ; ils dépensaient à peu près tout, mais ils vivaient bien.
Leurs dettes, à cette époque, étaient à peu près complètement amorties, ainsi qu'il résulte de recherches minutieuses entreprises, en 1732, par un des Pères du collège, en vue de savoir où en était l'établissement relativement toutes les acquisitions qu'il avait faites pour l'emplacement de l’église et de la maison. À la suite de ses nombreuses investigations, ce Père fut amené à dire qu'il était vraisemblable que le collège avait été déchargé dans l'arrêté du 26 mai 1694, qui avait suivi la déclaration de 1693, du droit d'amortissement des maisons acquises, puisque le Conseil n'avait eu aucun égard aux articles premiers jusques et compris l’article 41 de l’état qui fut donné par le traitant ; en sorte que ces 11 articles ayant été retranchés, le collège ne fut obligé de payer, en l’année 1694, que la somme de 5.879! 457 pour le droit d'amortissement de toutes ces acquisitions.
Le 27 mai 1704, il fut fait un autre rôle au Conseil d'Etat, dans lequel le collège fut compris pour les acquisitions suivantes : Puygarreau, Ligugé (maisons, terres, vignes), au prix de 3.150! 183%. Une quittance du trésor royal est datée du 20 juin 1704. Il existe trois autres quittances de 354 ur 41 livres et 80 livres.
Au moyen de toutes ces quittances il parut au Père enquéteur de 1732, que le collège avait payé les droits d’amortissement des acquisitions qu'il avait faites jusqu'alors, à l’exception de l’acquisition, du sieur Doré, d’une maison et « bordérie », sises à Ligugé, pour la somme de 500 livres, par contrat du 28 juin 1700 reçu par Rullier, notaire ; plus d'une autre acquisition à Pamproux d’une maison dans le fief de la Roche-Ruffin, pour la somme de 600 livres ; enfin d'une
« borderie » sise au village des Loges, paroisse de Vitré, dans le fief du prieuré de la Carte, pour la somme de 26 livres *.
Quant aux charges, les Jésuites usaient de mille moÿens pour les diminuer. Le plus commode était de faire réduire les rentes qu'ils fournissaient à certains particuliers pour emprunts, ou autres, c'est-à-dire que lorsqu'elles étaient payées sur le pied du denier 20 (5 °/.), ils les faisaient réduire au denier 50, par exemple. Beaucoup de créanciers avaient supporté la chose sans rien dire. Tous ne furent pas du même avis. Ainsi, les Jésuites s'étaient obligés, par un acte sous seing privé, daté du 29 janvier 1713,de payer au sieur Marron, conseiller à Poitiers, la rente de 875 livres par an au jour de fête de Notre-Dame de Mars, jusqu'au remboursement de la somme de 21.000 livres qu'il avait prêtée. Or, le sieur Alexis Marron n'était pas en communauté de biens avec la dame Thoreau, son épouse.Les sommes qu'il avait prêtées à rente au collège n'étaient point par conséquent un effet commun. Il avait de plus donné cette rente à M. Marron de Villesèche, son fils, par son contrat de mariage, en laissant l’usufruit seulement à la dame Thoreau pendant sa vie. En l’année 1720, le collège passa avec cette dernière un acte par lequel la rente qui était sur le pied.du denier 24 (près de 4.25 °/,), fut réduite au denier 50, Après la mort de M"° Marron, le collège prétendit ne payer la rente au sieur de Villesèche que sur le pied de la réduction. M. de Villesèche soutint au contraire que la dame sa mère, qui n'était qu'usufruitière, n'avait pas pu, sans son consentement, réduire une rente qui, comme le fonds, lui appartenait après sa mort ; que c'était lui que le collège devait appeler pour recevoir, en 1720, l'amortissement de la rente ou consentir à la réduction ; que ne l'ayant pas fait, il demeurait dans tous ses droits sans que l'acte passé avec sa mère pût lui préjudicier. Le raisonnement de M. de Villesèche était juste et il ne paraissait pas possible d'y parer. Cela obligea le collège de passer un sous seing privé avec lui, par lequel en confirmant les actes de constitution des années 1698 et 1713, l'on annula celui de 1720 (12 janvier 1730)? .