Régiements, art. XVI
3. Il n’y a pas si longtemps que, même dans l'Université républicaine, on observait encore cette pratique religieuse de réciter une prière.avant et après la classe du matin et du soir: coutume surannée, déjà tombée presque partout en désuétude, lorsqu'une circulaire ministérielle est venue en proscrire l’usage dans tous les lycées. « Quant à la prière que le professeur devait faire, écrivait le ministre Paul Bert le 24 janvier 1882, au début et à la fin de chaque classe, elle est tombée presque partout en désuétude et doit être supprimée». — Circulaire du Ministre de l’Instruction publique aux: recteurs, relative à l'enseignement religieux dans les lycées et collèges. Cf. Recueil des Lois et Actes de l’Instruction publique, 1882, p. 403-104.
les régents de rhétorique devaient faire une instruction sur des matières de religion; les régents des humanités, une explication du catéchisme. Tous devaient avoir une attention particulière à ce que leurs écoliers fréquentassent les sacrements. La règle était qu’ils se confessassent une fois par mois et que par des billets de confession ils prouvassent à leurs régents qu'ils avaient rempli leur devoir. Le défaut d'accomplissement de cette obligation entraînait l'exclusion de la classe, jusqu’à ce que la pièce exigée eût été fournie !.
La même obligation fut imposée par les successeurs des Jésuites à leurs écoliers. Mais ceux-ci avaient une grande ressource : il y avait, avant 1789, parmi les Cordeliers de Poitiers, le P. Fruchet, docteur en Sorbonne, vieillard très savant, mais dont la mémoire était très affaiblie. Nos petits espiègles se rendaient chez lui et facilement lui persuadaient qu'il les avait confessés la veille: ils obtenaient ainsi des certificats de contrebande, qu’on finit par ne plus admettre au collège. Le P.Fruchet étant plus jeune à l'époque desJésuites, il est à présumer qu'il n’était pas encore dupe de la précoce malice des élèves de Sainte-Marthe, et que ces derniers ne présentèrent jamais à leurs professeurs que des certificats. d'une incontestable authenticité.
Les compositions avaient lieu le vendredi soir. Les compositions finales, « pour les prix », étaient solennellement annoncées et fixées à une heure plus matinale encore que les classes. Ce jour-là, on assistait d'abord à la messe du Saint-Esprit, après laquelle venait une demi-heure de récréation, et l’on s’abandonnait ensuite à sa propre inspiration. Pour plus de garantie et pour éviter tout soupçon d'intervention indiscrète de la part des professeurs, ceux-ci ne surveillaient pas les élèves de leur ciasse : assez ordinairement le professeur de sixième allait en rhétorique, et les autres descendaient chacun d’un degré. Le soir, il y avait congé.
Le samedi matin était consacré à la récitation de toutes les leçons de la semaine; c’est à celte classe qu’on proclamait le résultat des compositions faites la semaine précédente. Le