‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 199 sur 236 · Avis et Prospectus. (Affiches du Poilou, 1780 et · texte numérisé non relu

Avis et Prospectus. (Affiches du Poilou, 1780 et

établissement.

Tous les autres élèves étaient externes et reçus gratuitement, la gratuité étant recommandée parles Constitutions de l'Ordre !. « La libéralité captieuse des Jésuites, a dit Pasquier, en l'instruction de la jeunesse a ruiné l'Université, laquelle ne captant dons et legs de toutes mains ne peut donner l'instruction entièrement gratuite » *. ;

C'est ce qui explique la proportion énorme des écoliers du collège de Poitiers, où leur nombre s'éleva souvent à plus de 800. Chaque classe avait de 60 à 80, et quelquefois même jusqu'à 100 élèves. Cette multitude d’auditeurs, qui nous paraîlrait aujourd'hui la plus compromettante pour le succès, non seulement n'inspirait alors aucune inquiétude, mais encore était recherchée, comme étant la plus propre à exciter l'émulation entre les écoliers. « L'expérience ne nous apprend que trop, écrivaient en 1720 les docteurs ès arts, que dans le petit nombre tout languit. Bien loin donc de partager sans nécessité ceux qui s'appliquent à une même science, il faut tâcher autant qu'il se peut de les réunir tous. Telle a été de tout temps l'idée qu'on s’est formée des collèges et des Académies ». Quant à augmenter le personnel des professeurs, ils ne pourraient, disaient-ils encore, s’y résoudre « qu'au cas que les auditeurs fussent tellement multipliés, qu'un seul professeur ne pôt se faire entendre de tous ceux de sa classe ». Or, dans les collèges des plus célèbres Universités du royaume, il y avait sous un seul professeur trois à quatre cents écoliers, et dans l'Université de Paris un seul professeur en avait compté jusqu'à mille et douze cents ‘|

__ Les externes, admis à fréquenter gratuitement les classes, devaient, en entrant, donner leurs noms et s'engager à observer les règlements. Mais sur ce point encore, les Jésuites

1. Selon ce précepte : « Gratis accepistis, gratis date » (Math., X, 8), principe de l’ancienne éducation cléricale.

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