XXXVI INTRODUCTION
conformant à l'usage établi alors pour les fondations de cette nature, s'adressa, le 16 mars 1431, au pape Eu- . gène IV pour la création officielle d'une Université à Poi-
tiers. «Je veux, disait-il dans sa lettre, illustrer mes Etats par l'éclat des sciences et diriger mes sujets dans les voies du salut par celles de l'instruction».
Dans sa requête au Saint-Père, et dans sa propre ordonnance (du même jour), il dit encore qu'à la suite des maux qui ont éprouvé le royaume, il désire qu'une « Etude générale » Studium generale, soit établie à Poitiers, comme étant « un lieu propre et idoine entre tous ceux du royaume, dans lequel on se réfugie volontiers de toutes parts, par ce que cette ville est plus à l’abri des agitations | et des troubles qu'aucune autre » : veluti ad id accommodata etidonea et minus hujusmodi commotionibus turbata.
Le pape à son tour s'exprime d’une manière également flatteuse pour la capitale du Poitou. Une enquête diligente, dit-il, l’a édifié « sur l’aptitude, suffisance et autres circonstances de ladite ville de Poitiers ; et que c’est un lieu fort propre pour multiplier les semences et produire les germes salutaires ; que d’ailleurs elle est remplie de l’abondance de toutes les choses nécessaires à l’usage de la vie » : tam tanquam locum ad multiplicanda semina et germina salutaria producenda magis accommodum, et singularum humano necessarium usuirerum ubertalerefertum; « qu’à tous ces titres elle est marquée d'avance et prédestinée pour l'érection d'une pareille Étude »: et alias pro hujusmodi erectione Stud præelectum.
C’est pourquoi, «inclinant aux supplications de son très cher fils en Jésus-Christ, Charles, illustre Roi de France, à celle de ses bien-aimés le clergé, le maire, les échevins et bourgeois de ladite ville » ; de plus, désireux de se concilier les bonnes grâces du Roi de France, plus