‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 28 sur 236 · INTRODUCTION XL · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XL

Quant au nombre prodigieux des écoliers, des écoliers de droit surtout, le professeur Christophe Longueil nous en a laissé des preuves dans la lettre qu’il adressa, le 9 décembre 1510, à Jean de Balène et où l’on voit que dans un seul jour il fut entouré de plus de sept ou huit cents étudiants *.

« Le nombre des escholiers qui s’y trouvoit, estoit si grand, dit à son tour, au déclin du xvr° siècle, Jacques de Hillerin l’un d'eux, que bien souvent ils ne trouvoient pas assez de maisons pour se loger, ets’y en voyoit beaucoup de Paris, d'Anjou, du Maine, du pays Blaisois et de Tourraine, mais plus de Bretaigne, qui de la basse aussi bien que de la haute s'y en venoient, lesquels perdant quelques mauvaises petites habitudes de leur pays, se portoient grandement à l’estude* »,

Les raisons de cette singulière affluence d'étudiants de toutes nations dans Poitiers, nous sont fournies par Île même écolier quand il ajoute que les maîtres de l’Université d'Angers (pourtant célèbre), avouaient eux-mêmes que, dans la ville du Clain, « les exercices de rhetorique et de philosophie y estoient bons, qu'ils y estimoient en grande preference l’enseignement à celui de leur propres écoles, soit pour les arts liberaux, comme ils parloïent en leur mestier, soit pour la theologie ou le droit romain »; de plus, qu'à Poitiers « le pain et le vin, la viande de boucherie et les autres choses necessaires à la vie, sont à grand marché, qui fait que les escholiers n'y font pas grande depence, ce qui donne sujet à leurs parens de les envoyer plus volontiers qu'ailleurs où les vivres ne sont

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