INTRODUCTION LI
eu quelque célébrité; que celui du Puygarreau avait été le plus célèbre de la ville et de la province, mais qu'alors il n'y avait plus d'exercice public à défaut de revenus : que celui des Deux-Frères était à cette époque le plus florissant, si toutefois l'expression n’est pas exagérée ; enfin que celui de Sainte-Marthe était le mieux doté, mais que les revenus étaient saisis, et que l'exercice de la littérature y était cessé.
Tous ces collèges, grands et petits, étaient placés sous la dépendance de la Faculté des arts, qui avait sur eux une entière juridiction. C’est elle qui réglait l'ordre et la discipline, qui fixait la nature des devoirs, et prescrivait l’organisation des cours. A l'occasion, elle ordonnait des visites et veillait avec un soin jaloux tant sur le matériel que sur le personnel de ces établissements, n'hésitant pas, au besoin, à recourir à la Cour conservatrice pour obtenir soit des réparations, soit même la destitution du prieur et des régents ’.
Le protecteur naturel de chacun de ces collèges était le patron. On appelait ainsi celui ou celle qui avait bâti, fondé ou doté un collège, et qui nommait aux fonctions de régent. On n’exigeait de lui ni la production de certificats, ni aucunes preuves de capacité. Il n'avait besoin que de l’autorisation de l'évêque : l’église étant maîtresse de l’enseignement, en ayant le monopole, protégeait et favorisait l’enseignement.
Le patron nommait ordinairement le premier principal. Quelquefois, il se réservait à lui-même ce titre : ainsi fit Gironet en fondant le collège de Sainte-Marthe *. Mais le plus souvent il ne résidait pas même dans le collège.