‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 53 sur 236 · INTRODUCTION LX VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LX VII

les Universités tant de savants étrangers qui les ont illustrées.

Entre autres pièces contenues dans son Recueil, nous citerons encore :

1° L’Eloge de Bonaventure Irland, conseiller au Présidial et docteur en droit. Cet éloge est mis dans la bouche de Jupiter, qui est supposé parler devant tous les dieux assemblés dans l’Olympe. Cette idée est originale. Le poète faitarriver le nouveau docteur (c'était apparemment le jour de son installation) à l'église de Saint-Pierre, suivi d'un nombreux cortège, au son des trompettes, etc. Là il est harangué par Lauzon et Ruelle, et le complimenté répond à chacun : ù

2° Un Discours prononcé le 2 novembre 1386 « dans les grandes escolles de Pygarreau », et dédié à Emeric Sabourin, principal du collège. Cette pièce n'est qu’un tissu et des recoupes de vers de Virgile, Horace, Ovide, etc., et de passages de l’Ecriture sainte. L'auteur y parle des ravages de la peste et des guerres civiles, qui depuis six mois avaient désolé Poitiers, au point qu'il n'avait pas osé sortir du collège, et qu'il avait eu trop de loisir pour préparer les auteurs classiques qu'il devait expliquer à ses élèves :

3° Un Panégyrique en vers de saint Thomas d'Aquin prononcé, en présence de l'Université, le jour de la fête de ce grand Docteur. Il est dédié à Claude Jollit, de Poitiers, licencié ès lois. Cet usage de faire l'éloge. de saint Thomas d'Aquin, en prose ou en vers, subsistait encore en 1781 ;

4 Enfin un Poème sur la république des Abeilles. C’est une suite de préceptes de morale qu’il donne aux hommes sur le modèle de ce précieux insecte. Cette pièce est dédiée à Jacques Béton, archevèque de Glascow, ambassa-

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deur ordinaire de Jacques VI, roi d'Écosse, à la cour de France.

Dans toutes ces œuvres, on voit briller des traits qui décèlent le talent d’un homme vraiment supérieur : Bicarton était regardé, en effet, avec raison comme un des professeurs remarquables de l'Université de Poitiers. C'est, du moins, un de ceux qui ont le plus honoré le collège du Puygarreau.

Parmi les professeurs qui enseignèrent avec quelque éclat au collège de Sainte-Marthe, on cite Julien Pié ou Piet, ancien élève de Tortereau au collège du Puygarreau, et qui fut un très brillant poète. Peu lui importe, dit-il dans une charmante pièce de vers, qu’on l’appelle Pié ou Piet, pourvu qu’on fasse dériver son nom de prété. C'est un héritage qu'il a reçu de ses parents et qu'il ne peut répudier. |

Sive Pius, Pietusve vocer, nil (credite) refert Ipsa mihi pietas dummodo nomen agat.

Ut Pius appellor, sic Pius esse volo.

Le Recueil complet de ses poésies fut édité avec soin. À droite et à gauche de l’encadrement, à l'extérieur, sur les côtés, se détache cette devise en gros caractères gothiques:

En flores, fructus horto nascuntur eodem.

Delectant flores, pomaque lecta juvant.

Au verso du titre, on lit une lettre de Mathurin Alamande (Mathurinus Alamandinus), principal du collège de Saint-Jean-d'Angély (Angeriaci gymnasii moderator), à Julien Pié, très brillant poète (Juliano Pio, vati clarissimo). Dans cette intéressante épître, datée de Saint- Jean-d'Angély, le 8 des idesdejuillet 1509, Alamande nous

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