INTRODUCTION LXIX
apprend qu'il est allé à Poitiers récemment et il exprime à son ami toute la joie qu'il a éprouvée en le trouvant dans une Université si brillante et si prospère. « Quel plus grand plaisir peut-il y avoir, Ô Dieux immortels ! que d’avoir le commerce et la fréquentation des gens studieux » ?
Parmi plusieurs petits ouvrages composés par Julien Pié, qu'il fut donné à Alamande de parcourir, certaines poésies épigrammatiques lui firent singulièrement plaisir. Après en avoir apprécié les qualités littéraires et morales, il engage l'illustre poète à se hâter d'y mettre la dernière main afin de les produire le plus tôt possible au grand jour, pour sa propre renommée et celle de sa patrie. On ne se ménageait pas les éloges entre lettrés, et surtout entre poètes, à cette époque. De son côté, Alamande souhaitait et prédisait à son ami Pié rien moins qu’une gloire immortelle (immortale decus\, à laquelle il associait la France entière. Celui qui donnait ces conseils était luimème un poète de grand talent et devait passer plus tard par toutes les phases de la renommée et de la célébrité.
Le Recueil des poésies de Julien Pié est dédié à Pierre Régnier, juge à Poitiers et lieutenant de Poitou. Il avait alors 32 ans; auparavant il avait été régent et professeur de droit à l’Université de Poitiers. L’épître dédicatoire de l’auteur lui offrant son livre, àtitre de prémices de jeunesse, est datée du 9 des calendes de juillet (23 juin). Dès le début, l’auteur compare son livre à un jeune poussin impatient de prendre sa volée à travers l’espace,ettient avec lui ce dialogue qui n’est pas dépourvu de mérite poétique:
Vix concha extractus volites super equora pulle ? Implumes costas te nec habere vides.
Quo properas ? Cernisne vagantia corpora ponto ?