LXX INTRODUCTION
Mi liber, es pullus, fortes nondum geris annos, Tu mihi si credas, claustra tenebis adhuc.
I liber, es liber, nec jam tua jura retardo.
Sed caveas rabidi (queso) pericla freti.
Sume vias dulces zephyros qua numina prestant Atque bone sortis limen adito. Vale.
Quelques pages plus loin, après avoir vanté les vertus du magistrat, il lui expose, dans une autre pièce, sa pauvreté ; les jours heureux, dit-il, sont passés pour lui; les poètes n'ont guère d'autre lotque l’espoir, et il le supplie d'être son Mécène :
Mecenas supplex o meus esto.precor.
Les pièces de vers de notre poète sont pour la plupart adressées à des habitants de Poitiers, à des professeurs, à des amis et connaissances : à Julien Tortereau ; à Barthélémy Perreau, docteur en médecine, qui lui avait promis la première rose de son jardin ; à Laurent Baudoin, son maître de musique ; à Pierre Jacobée, de Vitry-en-Champagne, son confrère en poésie, qui venait de quitter le collège de Sainte-Marthe. Il a pris sa place et occupe le cabinet de travail où étaient les livres de ce dernier. Il lui souhaite bonne chance :
Que fuit autem tibi nunc est mihi cellula, Petre, Queque tuos fovit bibliotheca libros..…. 1
C'estencore au collège de Sainte-Marthe que professait, aux environs de 1540, le célèbre Marc-Antoine Muret, le futur précepteur de Montaigne, que le pape Grégoire XIII surnomma plus tard le flambeau et la colonne de l'Ecole
1. Cf. Claudin, op. cit. — Tous les détails sur Julien Pié ont été empruntés à ce livre intéressant,