‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 64 sur 236 · Registres Municipaux, n · texte numérisé non relu

Registres Municipaux, n

Un des Pères Jésuites de Poitiers, rédigeant plus tard, en 1732, les Mémoires et Extraits de tous les titres concernant la fondation du collège royal de cette ville, donne de ce décret d'expulsion d’autres motifs qui sont, est-il besoin de le dire, entièrement à leur faveur:

« La Compagnie de Jésus, dit-il, étoit établie en plusieurs grandes villes du royaume, lorsque l’envie des Catholiques (sic) se joignit à la fureur des hérétiques pour faire proscrire les Jésuites ; la jalousie et la haine concertèrent ce dessein, et la force mise en œuvre par ces deux passions la fit exécuter. Les Jésuites eurent ordre, en effet, de sortir de plusieurs endroits du royaume et ils en demeurèrent comme bannis jusqu’au mois de septembre 1603 : que Henry le Grand, roi de France, devenu, d'huguenot qu'il étoit, un des plus fermes appuis de la religion, leur permit par son édit de demeurer et résider dans les lieux où ils se trouvoient actuellement établis ; et par une singulière marque d'affection, il leur permit de se remettre et établir en la ville de Lyon, de Dijon, et particulièrement de se loger en la maison royale de La Flèche, en Anjou... »!.

En effet, les Jésuites rentrèrent bientôt secrètement. Henri IV ferma les yeux sur l'inexécution de la loi portée contre eux. Bien plus, au moisde septembre 1603,ce malheureux monarque, non pas « pour réparer, comme on l’a dit, autant qu’il était en lui cette sanglante injustice », mais plutôt obéissant à nous ne savons quel fol et aveugle entêtement, ou mieux encore cédant à des craintes trop tôt justifiées, signa à Rouen le fameux édit qui rétablissail légalement les Jésuites dans le ressort des Parlements de Guyenne, de Bourgogne et de Languedoc ?. Cet édit fut enregistré le 2 janvier 1604, malgré la vive opposition “du Parlement de Paris et les remontrances d'Achille de Harlay. Il est signé Dufos, grand secrétaire du Roi.

Malgré les conditions si précises de l’édit de, rappel rendu par Henri IV, par lequel ils n'étaient rétablis que dans le ressort de certains Parlements, les disciples de Loyola, au mépris du titre en vertu duquel ils étaient rentrés, se répandirent et formèrent partout de nouveaux établissements.

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